Les Historiques de Villarceaux, comme chaque année depuis quinze ans, ravissent les cœurs des petits et des grands passionnés d’Histoire. Dans la première partie de notre article, Vision Times vous a fait découvrir surtout le Château du Haut du Domaine et les musiques baroques qui enchantaient son Grand Salon avec Monsieur Dominique Paris et son ensemble Résonnez Musettes. De multiples associations bénévoles du Vexin sont fières d’être agrégées à L’association Les Amis de Villarceaux, cœur battant du Domaine.

Les Historiques de Villarceaux : présence des premiers palefrois
Durant son discours, suite au défilé costumé, Mr Patrick Monin annonce au public que c’est la toute première fois, lors de cette édition 2026 que des chevaux sont présents à Villarceaux. Ces chevaux sont montés par des bénévoles de l’association Récréation Équestre, une association qui assiste à de nombreux événements dans des lieux historiques prestigieux autour de différentes thématiques qu’elles soient baroques, fantastiques ou médiévales.
La déambulation des équidés a été plus qu’appréciée tout au long de la journée sur le Domaine de Villarceaux. La prestance costumée des cavaliers n’est pas passée inaperçue au grand plaisir des petits et des grands.

Villarceaux danse : association Le Ballet Légendaire d’Île de France
Villarceaux, c’est aussi s’essayer aux danses d’autrefois. Devant le Château du Haut, des personnes costumées vous invitent à apprendre en toute humilité certaines danses baroques du XVIIIe siècle. Les danseurs étaient présents exclusivement le dimanche après-midi à partir de 14h00.

Villarceaux marche : association Pour le Panache
Sur notre chemin, nous rencontrons Christian Touzard, un grenadier à pied de la garde impériale française fort sympathique qui nous raconte son histoire. C’est un bénévole passionné de l’histoire militaire, et adhérent de l’association Pour le Panache créée en 2014.
Cette association a pour mission d’entretenir le devoir de mémoire et rassemble des bénévoles « reconstituteurs » d’histoire, des collectionneurs et des généalogistes, des chercheurs dans la littérature historique ou matérielle. Ses membres réalisent également des conférences sur diverses époques. Leur savoir se transmet de façon ludique et pédagogique.
Christian Touzard prend son rôle très au sérieux et déclame en transmettant au public son savoir historique : « Il y avait aussi les grenadiers à cheval à l’époque. Les grenadiers n’étaient autre que l’élite des régiments. Ainsi, les grenadiers devaient avoir toutes leurs dents. Ils devaient également savoir lire et écrire et être d’une certaine taille. Il y avait donc des critères de sélection comme aujourd’hui, pour la Garde Républicaine à Paris. »
« Sur le drapeau, nous observons les abeilles travailleuses. L’abeille avait été choisie comme emblème de l’Empereur Napoléon 1er et adoptée par celui-ci en 1804. »
En effet, pour la petite parenthèse historique, Napoléon 1er, passionné d’héraldique, aurait interprété l’abeille comme le symbole le plus ancien, attribué aux Rois Mérovingiens, le plus ancien symbole donc de la Monarchie française. Notons également, que Louis XII, Roi capétien avait adopté l’abeille et la ruche puisque celles-ci évoquaient déjà l’exemple d’une société à l’ordre parfait.
L’aigle impérial aurait quant à lui été choisi, en référence à l’Empire romain et celui de Charlemagne. C’est lors du Sacre de Napoléon Ier que l’abeille apparaîtra pour la première fois le 2 décembre 1804.

Christian Touzard, notre grenadier poursuit sa narration historique : « Normalement, le grenadier à pied aurait dû être accompagné de deux gardes au drapeau de chaque côté... La médaille ici représente la Légion d’Honneur. »
« N’importe quel soldat d’un régiment pouvait faire partie des relayeurs de postes. En effet, les soldats faisaient passer des messages, des courriers. Là, je porte un message... »
Notons que dès l’Antiquité déjà, les Égyptiens, les Perses et les Chinois avaient déjà organisé des relais de poste se succédant sur le trajet des messagers à cheval. Les cavaliers pouvaient ainsi changer régulièrement de monture et ne pas perdre de temps de repos pour leur cheval. De même, des courriers et autres messages circulaient sur les routes romaines.
Par contre, au Moyen-âge, les messagers se déplaçaient à pied et le faisaient surtout pour des messages privés, notamment pour les élites, les lettrés comme les Rois, les seigneurs, les membres du Clergé, les universitaires ou les grandes villes. Ce sera Louis XI, Roi de France qui remettra la poste royale à cheval au goût du jour afin d’être informé le plus rapidement de ce qui se passe dans son royaume. Le dispositif appelé « poste aux chevaux » fonctionnera dès 1476. On dénombrera plus de 2 000 relais à la fin du XIXe siècle.
Christian Touzard nous explique que le grenadier qu’il incarne aujourd’hui est porteur sur son uniforme d’un nombre de codes important.
« Le col noir, les guêtres noires, signifient que le soldat est en guerre. Les gens à l’époque connaissaient les codes. Le pompon à l’intérieur, cela signifie que le soldat est en paix, à l’extérieur qu’il est en guerre. Si je retourne le col, il est blanc, je viens donc en paix. Les guêtres en coton blanc, je suis en paix. Les paysans quand ils regardaient passer les colonnes napoléoniennes savaient, ils reconnaissaient tout de suite les codes et savaient à quoi s’en tenir. »
« La boucle d’oreille signifie que j’appartiens à la garde impériale. Le seul régiment qui portait la boucle était celui de la garde impériale. La boucle en or relevait de la tradition, mais n’était pas une obligation. Elle pouvait également être en argent. L’or est universel, donc quand les soldats passaient les frontières, cela leur permettait d’acheter un bœuf pour le bataillon ou d’autres viandes. Là où je me trouve, logiquement l’Empereur s’y trouve aussi, cela motivait tous les autres régiments. »
À l’époque, un uniforme militaire n’était donc pas un simple vêtement, il était codifié, et tous les civils connaissaient la valeur de ses codes.
Poursuivant, nos flâneries sur le domaine, nous avons longé de nombreux stands artisanaux traditionnels, notamment celui d’un campement historique Viking avec présentation de différentes techniques artisanales (teintures, fabrication et tressage de cordes, travail du cuir, filage de laine, fabrication de pain...) et de combat... .
L’association Ad Tempus présentait pour petits et grands toute la journée, des jeux historiques en bois traditionnels de plein air, que l’on pratique seul ou en coopération pour certains.


Villarceaux artisanal : tisser des éléments de la célèbre Dame à La Licorne
Stéphane Pierre, lissier, créateur talentueux depuis 20 ans, passionné, membre des artistes et artisans d’art du parc naturel du Vexin fait découvrir au public de Villarceaux ses techniques traditionnelles de tissage au travers de détails de la célèbre tapisserie : La Dame à la Licorne. Son épouse Laurence, nous confie que son mari est tellement absorbé par son travail de tissage qu’il peut en oublier le temps qui passe, oublier de se nourrir ou de dormir...Que ce travail de patience est comme une sorte de méditation pour lui.
Rappelons que la tapisserie de La Dame à La Licorne, datant du XVIe siècle, est constituée de six tableaux différents, représentant chacun l’un des cinq sens et que la sixième représenterait celle du sixième sens qui ne s’interpréterait que par la déduction des cinq autres tapisseries. Cette dernière s’intitulant : Mon seul désir. Son interprétation reste encore une énigme pour de nombreux poètes comme de nombreux historiens de l’art. Vous pourrez admirer ce chef-d’œuvre de la Renaissance française au Musée de Cluny à Paris où elle est précieusement conservée.
Aussi, chers lecteurs, avez-vous vu l’animal que Stéphane Pierre est en train de tisser ? Amusez-vous à le retrouver sur la tapisserie de L’Ouïe ci-dessus. De même, avez-vous repéré l’animal tissé qui se trouve exposé sur le mur au-dessus de Laurence ? Il se trouve quant à lui sur la tapisserie intitulée Le Goût. Le voyez-vous ?

Villarceaux : tous main dans la main
En fin d’après-midi, tous les bénévoles des différentes associations présentes sont venues défiler devant un public émerveillé. Monsieur Patrick Monin, président de l’association Les Amis de Villarceaux a rappelé la gratuité de l’entrée et une émulation indéfectible chez tous les participants bénévoles qui le font avec un grand cœur et cela se ressent. C’est le nombre d’amis qui fait que cet univers peut exister et se développer. Villarceaux, c’est donc surtout une grande chaîne humaine où chaque maillon compte.
Et n’oublions pas que Les amis de Villarceaux c’est aussi un atelier de couture au sein même du Château du Haut. La responsable de l’atelier, Madame Muriel Curado Morel, est venue lors du défilé solliciter les amateurs du Do it yourself et les inviter à les rejoindre pour apprendre ensemble des techniques de coutures. Elle explique également que l’atelier récupère tous types de tissus ramenés par le public. C’est donc de plus un atelier éco-responsable bourré de créativité et d’imagination ! Alors, à vos aiguilles et vos bobines de fil chers lecteurs.
Si vous aussi souhaitez découvrir le beau domaine de Villarceaux, n’hésitez plus, rendez-vous aux Historiques pour 2027 ! N’oubliez pas, vous pouvez venir costumés ! Mais, en attendant pour les amoureux et passionnés d’Histoire un rendez-vous important s’impose les 27 et 28 juin au château de Guiry en Vexin avec le Salon des Métiers d’art, Patrimoine du Vexin. Mr Monin explique que ce château bénéficie d’une particularité bien à lui, car il s’agit de la même famille qui habite ce château depuis plus de mille ans ! L’histoire du château et de ses habitants est donc unique en son genre. Il y aura des visites scénarisées en costumes. Tout un programme.
Alors à vos agendas.
Venez puiser dans le passé pour mieux inspirer et construire l’avenir.

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