L’empereur Antonin le Pieux moins connu que les autres empereurs romains a pourtant fondé la dynastie du même nom, les Antonins qui ont régné entre 96 et 192 ap.J.-C. Dans le même temps, ce dirigeant discret est considéré comme le représentant le plus emblématique de la Pax Romana, âge d’or de l’empire romain. Il serait intéressant de démêler le fil de cette histoire aux nombreux paradoxes.
Éducation soignée et respect des valeurs
Antonius Pius plus connu sous le nom d’Antonin le Pieux est né le 19 septembre 86 dans le sud de Rome dans une famille privilégiée originaire de la Gaule narbonnaise. Le site mediterranees.net présente ainsi ses origines : « Il eut pour aïeul Titus Aurélius Fulvius, qui, après avoir passé par différentes magistratures, fut deux fois consul, et enfin préfet de Rome ; pour père, Aurélius Fulvius, qui fut aussi consul, homme intègre et de mœurs pures ; pour aïeule maternelle, Boionia Procilla ; pour mère, Arria Fadilla ; pour grand-père du côté de sa mère, Arrius Antonin, deux fois consul, homme irréprochable ». Comme l’indique ce témoignage, les origines d’Antonin sont profondément ancrées dans le monde de la haute magistrature.
Antonin reçoit une éducation très soignée où les valeurs morales ont acquis droit de cité. Le respect des lois et le sens du devoir y font bonne figure. Antonin le Pieux « apparaît comme un empereur tourné vers le passé, vers les vieilles traditions romaines » selon la présentation retenue dans l’encyclopédie Universalis.

Antonin devient l’empereur Antonin le Pieux
Après avoir franchi toutes les étapes requises pour accéder au grade de sénateur, Antonin devient consul en l’an 130 en Asie sous le règne de l’empereur Hadrien son prédécesseur. Celui-ci est impressionné par l’autorité bienveillante du jeune magistrat.
L’empereur Hadrien dépourvu d’héritier adopte cet homme sage mais en retour Antonin devra adopter Marius Aelius, Aurelius Verus autrement dit Marc Aurèle, son neveu par alliance. En outre, Antonin devra aussi adopter Lucius Verus. ll dirige un département d’Italie en 120 puis devient proconsul d’Asie autour des années 134-135, révélant au grand jour des talents d’administrateur hors du commun.
Après la mort d’Hadrien survenu le 10 juillet 138, Antonin le Pieux devient empereur à son tour : il est appelé désormais l’empereur Antonin le Pieux. Le Sénat lui donne le nom de « Pius » qui veut dire « pieux ». Pourquoi ce qualificatif ? Plusieurs raisons sont évoquées : il obtient la déification de son père adoptif Hadrien dont il honore la mémoire avec une piété toute filiale. Par ailleurs le Sénat voulut sans doute rendre hommage à la douceur et l’humanité légendaires de l’empereur Antonin, qualités sur lesquelles nous reviendrons plus tard. Notons qu’ayant accédé au trône impérial, Antonin adopte Marc Aurèle et Lucius Verus comme il l’avait promis à l’empereur Hadrien.

Gouvernance de paix
Son règne dure 23 ans de l’an 138 à 161. L’ensemble des experts s’accorde à dire que cette période correspond à l’apogée de la paix romaine ou Pax Romana en latin. Contrairement à la majorité des empereurs romains, il ne mène que très peu de campagnes militaires. Il estime qu’il vaut mieux préserver les frontières de l’empire laissé par Hadrien que de les agrandir. Un historien, J.J. Wilkes a écrit le concernant : « Il est presque certain (….) que tout au long des vingt-trois années de son règne, il n’est jamais allé à moins de cinq cent miles d’une légion ».
Selon les sources, c’est en Grande-Bretagne, que l’empereur Antonin le Pieux a mené la politique la plus « agressive » afin de renforcer la frontière septentrionale de l’empire romain. À maints égards il s’avère que son règne s’inscrit dans une gouvernance de paix.
Sa priorité est de veiller à la stabilité de l’empire grâce au respect du droit. Il s’ingénie à faire évoluer le droit notamment en faveur des plus vulnérables dont les conditions de vie sont adoucies : les esclaves sont protégés des mauvais traitements. Le droit de vie et de mort des pères envers les enfants est supprimé.
Des qualités morales remarquables
De nombreux historiens reconnaissent ses qualités morales. L’un d’eux, Capitolin dans l’ Histoire Auguste commentait : « Il était singulièrement sobre, protecteur éclairé de l’agriculture, bon libéral, point envieux du bien d’autrui et tout cela avec mesure et sans ostentation.»
Ses contemporains sont unanimes à voir en lui un homme d’une grande simplicité et d’une intégrité sans faille. L’empereur Antonin le Pieux n’est pas homme à rechercher la gloire personnelle. Il cherche à rendre une justice impartiale. Ses rapports avec le Sénat sont facilités par son sens du dialogue. La communication pour lui est préférable à la contrainte.
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