La légende de Zhong Qiu Jie : la fête de la mi-automne

Par Bei Jiu
Le 01/10/2020
Tableau représentant la scène de nuit de la Fête de la mi-automne. Une table remplie de bonne nourriture est mise à disposition des gens venus manifester leur adoration à la lune. Des musiciennes interprètent de la musique dans le kiosque. (Image : Musée national du Palais)
Tableau représentant la scène de nuit de la Fête de la mi-automne. Une table remplie de bonne nourriture est mise à disposition des gens venus manifester leur adoration à la lune. Des musiciennes interprètent de la musique dans le kiosque. (Image : Musée national du Palais)
 

La fête de la mi-automne, ou « Zhong Qiu Jie » en chinois, a débuté sous la dynastie Tang (唐朝, 618-907) et a perduré à travers le temps jusqu’à aujourd’hui. Cette fête est associée à de nombreuses légendes, dont la plus connue est celle de la déesse Chang'e résidant dans un palais de jade nommé « Palais de Vaste froidure » (廣寒宮, guǎng hán gōng).

Yi sauva le peuple en faisant chuter neuf soleils du ciel

Il y a très longtemps, à l'époque de l'empereur Yao, 10 soleils apparurent soudainement dans le ciel. Le monde changea ainsi de couleur, les arbres se desséchèrent et les gens commencèrent à souffrir de la canicule. À cette époque, il y avait sur terre un couple bienveillant : Chang'e et son époux Yi. Ne supportant pas de voir le peuple souffrir, Yi fit ses adieux à son épouse Chang'e, traversa les montagnes et les rivières à la recherche des dieux pour leur demander de lui accorder un arc et des flèches divins.

Après avoir escaladé les montagnes, traversé les rivières et les vallées, et subi bien des épreuves, Yi trouva enfin un immortel dans la montagne qui lui remit un arc divin rouge et un sac de flèches argentées.

Après s’être agenouillé pour remercier l’immortel, Yi partit rejoindre le sommet de la montagne Kunlun. Il y mobilisa toute sa puissance divine et à l’aide de son arc, fit chuter neuf soleils l’un après l’autre, n’en laissant plus qu’un. Dès lors, la terre était à nouveau prospère, les montagnes et les forêts étaient à nouveau luxuriantes et vertes, et les cultures de riz étaient à nouveau abondantes. Les gens reprirent leur vie heureuse.

Pour récompenser Yi qui avait risqué sa vie pour sauver le peuple, la Reine-mère d’Occident, une divinité taoïste résidant dans la montagne Kunlun, lui remit un élixir d’immortalité.

Yi rentra chez lui, heureux de retrouver son épouse qu’il avait quittée depuis si longtemps et qui lui manquait. Il se dépêcha de raconter à Chang’e tout ce qu’il avait vécu et lui montra la potion divine offerte par la Reine-mère.

Yi dit joyeusement à son épouse : « ainsi nous pourrons vivre ensemble et être amoureux pour toujours ». Chang'e ne répondit pas, se contentant de sourire à son époux qu'elle n'avait pas vu depuis longtemps . Elle avait l'impression qu'il n'était plus tout à fait le même qu'avant. Yi exhorta son épouse : « Bois la moitié de cette précieuse potion et laisse-moi le reste. » Chang'e ouvrit le pot et but la moitié de la potion. Tout de suite après avoir avalé la potion, elle ressentit une étrange sensation et ne sentit pas très bien. En voulant remettre le reste de la potion à Yi, elle la renversa accidentellement !

Mécontent et frustré, Yi décida de sortir pour chasser. Cependant, lorsqu'il rentra chez lui, il ne trouva Chang'e nulle part. Il s’assit alors sous un laurier pour se reposer. Alors qu’il levait les yeux, il vit soudainement Chang'e s’élever dans le ciel et s’envoler vers la lune, le regardant sans pouvoir lui parler.

Yi courut pour essayer de rattraper Chang'e, mais elle s’envola de plus en plus loin, de plus en plus haut, jusqu'au Palais de la Lune. Resté seul sur terre, Yi, seul et désespéré, regardait la lune en soupirant. Il se mit à la vénérer et fit régulièrement des offrandes de gâteaux et de fruits pour son épouse.

 

La déesse Chang’e s’envole vers la Lune, laissant son époux  Yi seul sur la Terre. (Image : Wikimedia / Domaine public)
La déesse Chang’e s’envole vers la Lune, laissant son époux
Yi seul sur la Terre. (Image : Wikimedia / Domaine public)
 

Le renversement de la potion : un destin arrangé par les divinités

Si Chang’e s’est envolée seule vers la lune, ce n’est que le destin arrangé par les divinités selon le cœur de ce couple. Chang'e et Yi étaient en réalité des dieux descendus du ciel avec pour mission de sauver le monde. Chang'e, elle, devait aider Yi à accomplir cette mission en devenant sa femme sur terre. Ensuite, ils pourraient retourner au ciel. Cependant, sur le chemin du retour, Yi avait été chaleureusement accueilli et respecté, voire vénéré comme un Dieu par le peuple. Il était très fier de lui et se croyait remarquable.

Tandis que Chang'e, pendant l’absence de Yi, avait souffert de la solitude et de l’isolement, sans jamais se plaindre. Elle avait au contraire continué à aider les villageois pour survivre pendant les jours pénibles où il y avait les dix soleils dans le ciel.

L’Empereur céleste n’avait eu d’autre choix que de faire revenir Chang’e au Ciel et de laisser Yi vivre sur terre. Dès lors, la légende de Chang’e et Yi a été transmise de génération en génération. A l’occasion de la Fête de la mi-automne, les adultes racontent toujours cette histoire aux enfants. Regardez donc cet ombre sur la lune, c’est exactement la silhouette de Chang’e…