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Tradition. La véritable signification des mythes de la fête de la Mi-Automne

CHINE ANCIENNE > Tradition

La principale raison pour laquelle Chang’e a quitté Houyi pour s’envoler vers la Lune

En Chine, à l’occasion de la fête de la Mi-Automne, en regardant la lune brillante, les histoires mythologiques traditionnelles anciennes et éternelles de Chang’e s’envolant vers la lune, de Wu Gang coupant l’arbre d’osmanthus et du Lapin de Jade martelant des médicaments viennent à l’esprit. Des milliers d’années ont passé, mais pourquoi ces histoires traditionnelles de la fête de la Mi-automne restent-elles encore dans les cœurs ? Quels sont les vrais messages qu’elles voudraient nous transmettre ?

Ces manifestations du ciel, ces histoires mythologiques sont peut-être le message secret, le code pour libérer les gens du cycle sans fin de la douleur et de la souffrance dans la vie, la vieillesse, la maladie et la mort. Depuis des milliers d’années, les gens les cherchent et les recherchent ! Année après année…

Prendre le temps de s’apaiser et d’explorer le vrai sens de ces histoires de la nuit de la fête de la Mi-Automne, le 21 septembre 2021.

I. Chang’e vole vers la Lune - Ne pas perdre l’intention originelle et la chance de toute vie

La lune de la Mi-Automne est la nuit des retrouvailles. Chang’e est le protagoniste de la mythologie de la Lune de la Mi-Automne, qui tire des milliers de fils d’amour du monde humain.

Dans la dynastie des Han occidentaux (206 av. J.-C. à 220 apr. J.-C.), on trouve les premières images de Chang’e volant vers la lune dans le livre classique Huainanzi, de la dynastie des Han Occidentaux. Au moment de la pleine lune, le souhait des gens ordinaires est de rester avec les personnes aimées pour toujours. Ce qui est difficile à comprendre, c’est que Chang’e s’est envolée vers la lune toute seule lorsque la lune était pleine à la Mi-Automne !

Son mari Hou Yi est le héros qui a abattu neuf soleils dans les temps anciens et Chang’e une beauté féerique : une dame gentille et sage.

La légende raconte que dans les temps anciens, dix soleils sont apparus dans le ciel en même temps, et que la lumière brûlante des soleils a fait mourir les récoltes et souffrir les gens. Le puissant Hou Yi compatissait à la souffrance du peuple. Il a grimpé au sommet de la montagne Kunlun, utilisant son pouvoir divin pour tirer à l’arc et abattre neuf soleils. Il a ensuite ordonné au dernier soleil dans le ciel de se lever et de se coucher à l’heure. Hou Yi était respecté et aimé par le peuple pour ses bonnes actions.

Hou Yi et Chang’e, un couple qui s’aimait et se chérissait comme des tourtereaux sur une même branche. Un jour, cependant, Chang’e a quitté son mari pour aller sur la lune toute seule !

Il est souvent précisé que Chang’e n’a pas pu réveiller Hou Yi, qui était perdu dans le monde des humains. Elle a donc dû partir seule vers la lune et retourner au ciel pour reprendre sa destinée. Le tableau est Chang’e court vers la lune, peint par Tang Yin sous la dynastie Ming. (Image : Musée National du Palais de Taïwan / @CC BY 4.0)

Chang’e est partie sur la lune pour retourner au ciel

Pourquoi Chang’e a-t-elle volé seule vers la lune ? Il y a plusieurs interprétations. L’une d’elles raconte que Chang’e était égoïste. Pour devenir immortelle, elle a volé le seul remède divin donné par la reine mère de l’Ouest et a abandonné Hou Yi. Lorsque Chang’e a atteint le ciel, elle a été punie par l’empereur céleste et a été confinée au palais Guang Han (la lune). Le poète Li Shangyin (812-858), de la dynastie Tang, a spéculé sur la pensée de Chang’e dans le poème « J’ai peur que Chang’e, au Palais de la Lune, regrette d’avoir volé l’élixir d’immortalité de Hou Yi, et qu’il ne lui reste plus que le ciel bleu et la mer bleue pour tenir compagnie à son cœur solitaire nuit après nuit. ».

Cependant, si Chang’e était une personne négative et égoïste, comment aurait-elle pu aller au paradis après avoir fait quelque chose de nuisible aux autres ? Comment une mauvaise personne peut-elle devenir immortelle ? Elle aurait dû subir un châtiment sur terre et aller en enfer.

Une autre histoire raconte que Hou Yi et Chang’e formaient un couple aimant et harmonieux. Hou Yi avait bon cœur, il était fier d’enseigner la compétence divine aux peuples aux quatre coins de la Chine. Mais le méchant Peng Meng s’est infiltré chez eux pour voler la médecine immortelle. Chang’e n’a pas voulu laisser le méchant prendre l’élixir, alors elle l’a avalé en désespoir de cause et a fini par monter au ciel, quittant Hou Yi pour de bon…

Mais pourquoi la Reine-mère de l’Ouest leur a-t-elle donné une seule dose de l’élixir d’immortalité ? Etait-ce un test ? Etait-ce une prophétie ? Une personne méchante, avide et cruelle qui veut prendre une pilule d’immortalité ne peut pas devenir immortelle. Dieu peut-il permettre à une personne qui ne cultive pas son cœur pour le bien et qui veut devenir immortelle en utilisant des techniques, ou pire, en volant et en trichant, de le devenir ? Il existe des critères stricts pour atteindre l’immortalité.

Est-ce parce que la Reine-mère de l’Ouest avait déjà vu que le cœur de Hou Yi était trop lourd, qu’il était obsédé par la gloire et la fortune humaines au point d’être obligé de se réincarner et qu’il lui était impossible d’aller au paradis, alors elle ne lui aurait donné qu’une partie de la médecine immortelle ? Chang’e s’envole vers la lune parce qu’elle n’a pas d’autre choix que de rompre ses liens amoureux et de « s’élever » vers la lune, et parce qu’elle est impatiente de retourner au ciel.

Hou Yi est obsédé par le monde humain et Chang’e retourne au paradis pour retrouver sa nature originelle.

La deuxième partie de l’histoire relative au tir sur les soleils

Une autre histoire raconte : après que Hou Yi a abattu les neuf soleils qui nuisaient au peuple, ce dernier l’a soutenu pour qu’il monte sur le trône. Cependant, il est devenu de plus en plus dédaigneux. Perdu dans l’arrogance et le luxe, il est devenu tyrannique et l’ennemi du peuple. Pour le bien du peuple, Chang’e ne pouvait pas laisser le tyran vivre éternellement, elle a donc pris la pilule d’immortalité.

Hou Yi et Chang’e étaient censés être des messagers de Dieu. Après être descendus pour sauver le monde, ils devaient retourner ensemble au ciel. Cependant, Chang’e n’a pas pu contrôler ou réveiller Hou Yi, qui était égaré dans le monde des humains. Elle a donc dû s’envoler seule vers la lune et retourner au ciel pour reprendre sa destinée.

Ne pas perdre le but et l’opportunité de toute une vie

La lune a différentes phases, comme la vie humaine qui a des hauts et des bas. Parfois la bonté se manifeste, parfois le mal surgit. Égaré dans un monde d’illusion, l’être humain devient confus et il oublie qui il était.

Descendu dans le monde humain et entré dans le monde des mortels, Hou Yi s’est perdu dans ce monde, se laissant aller à sa nature démoniaque. Il n’a pas pu retourner au ciel, ni s’élever au niveau supérieur.

L’histoire de Chang’e et Hou Yi est un avertissement pour les personnes qui n’ont pas réussi à échapper au cycle de la réincarnation depuis des milliers d’années. Le but de la vie sur terre est d’accomplir sa mission et, en même temps, de se cultiver et de remonter au ciel. Ne perdez pas l’occasion la plus précieuse de la vie !

Wu Gang, originaire de Xihe sous la dynastie Han, a été puni par son maître. Il devait couper un osmanthus dans le Palais de la Lune, pour réparer ses erreurs dans la pratique de l’immortalité. (Image : wikimedia / Domaine publique)

2. L’histoire de Wu Gang : franchir les obstacles et retourner à la vraie nature par la persévérance

L’histoire légendaire de la coupe de l’osmanthus par Wu Gang remonte à des milliers d’années. Le Taiping Yulan a cité le Huainanzi de la dynastie des Han occidentaux : « Il y a des arbres d’osmanthus dans la lune ». Le livre de la dynastie Tang, Recueil de Youyang ou Youyang Zazu, Volume I, La Voie du Ciel, enregistre la légende de la coupe d’osmanthus par Wu Gang à cette époque : « Dans le vieil adage, il y avait un osmanthus dans la lune, et il y avait un crapaud. Dans le passé, il a été écrit que le laurier avait une hauteur de cinq cents pieds. Un homme sous l’arbre le coupait en permanence mais la blessure se refermait immédiatement. L’homme s’appelait Wu Gang, originaire de Xihe, il avait commis des erreurs en apprenant à devenir un immortel, il a été obligé de couper l’osmanthus ».

Couper l’osmanthus : un moyen pour obtenir la voie du ciel

Wu Gang, originaire de Xihe sous la dynastie Han, a été puni par son maître. Il devait couper un osmanthus dans le Palais de la Lune, pour réparer ses erreurs dans la pratique de l’immortalité. L’osmanthus sur la lune mesurait cinq cents pieds de haut et avait le pouvoir de se guérir. Même après une longue période, l’arbre est resté debout. Wu Gang n’avait pas d’autre choix que de tenter de l’abattre jour et nuit, devant le Palais de la Lune.

Wu Gang, impuissant, était confronté au grand osmanthus qui se guérissait tout seul, quand pourrait-il l’abattre ? Quand pourrait-il retourner voir son maître ? Peut-être que la coupe de l’osmanthus était un autre moyen de cultiver, arrangé par le maître, et que la souffrance était l’élimination du karma ? Comment Wu Gang pouvait-il accomplir sa mission et sortir du monde des mortels s’il faisait cela à contre-coeur ?

La transcendance est le chemin de l’accomplissement

La clé de la cultivation est de cultiver l’esprit. Le Maître a demandé à Wu Gang d’abattre l’arbre, afin d’une part d’endurer des épreuves et d’éliminer son karma et d’autre part de tester sa compréhension. Si Wu Gang respectait la décision de son maître et s’efforçait de se cultiver et de s’éveiller pendant qu’il coupait l’arbre, il réussirait certainement. Il n’abattait pas l’arbre pour avoir du bois de chauffage, mais, ce faisant, pour se débarrasser de ses mauvais concepts et de toutes sortes d’obsessions, de toutes les mauvaises choses qui interféraient et l’entravaient sur le chemin de son immortalité.

Le maître arrange un chemin de cultivation personnalisé pour chacun de ses disciples. Si les disciples écoutent les paroles du maître, le maître peut les éclairer. En respectant et en faisant confiance au maître par sa persévérance, le disciple peut espérer devenir immortel !

Lâcher l’attachement à la gloire, la fortune et les émotions pour s’élever

Un pratiquant doit atteindre un état transcendant, afin de se détacher du monde ordinaire et d’atteindre le Tao, c’est-à-dire dépasser son niveau actuel afin d’accéder à un domaine supérieur. La seule façon d’élever son niveau d’être et d’atteindre le chemin de la culture est de se détacher de ses désirs de gloire, de fortune et des émotions humaines.

Pour les personnes qui n’ont pas encore cultivé, n’est-ce pas la même chose ? Les gens s’inquiètent souvent de choses qu’ils ne peuvent pas résoudre par leurs propres moyens et qui dépassent leur sagesse. Soupirant il dit : « Je n’ai pas vécu cent ans, mais j’ai mille ans de soucis ! L’osmanthus, qui fait cinq cents pieds de haut, est toujours sur le chemin… ».

L’Homme est toujours à la poursuite de la gloire, du profit et des émotions, et il ne peut donc pas s’en débarrasser. Mais en réalité, lorsque les gens vont et viennent dans ce monde, les bénédictions sont prédestinées et dûes aux bonnes actions réalisées dans le passé. En prenant du recul, une personne peut transcender les idées reçues et entrer dans un monde aussi vaste que la mer, aussi illimité que le ciel : c’est seulement à ce moment-là qu’elle pourra être libérée de la souffrance et obtenir la plénitude parfaite.

Faire de son mieux, obéir à son destin arrangé par Dieu, ne pas s’inquiéter et les obstacles ne prendront pas forme ! Dieu bénit les bons, et les bonnes récompenses d’un bon foyer perdureront !

La véritable signification des mythes de la fête de la Mi-Automne
Milieu de la dynastie Tang, Le Miroir de la Lune (Bronze) - Dans le livre de Liu Xiang, Les cinq classiques du livre de chants chinois, Wujing Tongyi, il est écrit : « Il y a un lapin, un crapaud et un bûcheron sur la lune... ». (Image : Musée National du Palais de Taïwan / @CC BY 4.0)

3. Le lapin de jade martèle des médicaments - vivre éternellement pour autrui

Dans le Palais de la Lune, un lapin de jade martèle les médicaments pour accompagner Chang’e. On dit aussi que le lapin de jade est l’incarnation de Chang’e. C’est l’une des histoires légendaires du festival de la Mi-Automne.

Sous la dynastie des Han occidentaux, dans le livre de Liu Xiang, Les cinq classiques du livre de chants chinois, Wujing Tongyi, il est écrit : « Il y a un lapin, un crapaud et un bûcheron sur la lune… ». Il est clair que le concept du lapin sur la lune a une origine très ancienne. Le poème Yuefu (Bureau de la musique) de la dynastie des Han Orientaux, Dong Tao Xing ou La fuite de Dongzhuo, contient la description suivante : « Le lièvre blanc s’agenouille longuement et martèle la pilule de crapaud, l’offrant en assiette de jade à Sa Majesté qui peut la prendre pour atteindre l’immortalité. »

Un lapin altruiste : se sacrifier et se jeter dans le feu

L’histoire de l’ascension du lapin de jade au ciel est racontée dans le classique bouddhiste Les Jātakas (naissance), Jingsheng Sutra. Quatre animaux : un renard, une loutre arboricole, un singe et un lapin se rendaient chaque jour chez un moine pour écouter ses enseignements. Une année, il y a eu une grave sécheresse et le moine était sur le point de mourir. Les quatre animaux voulaient tous le sauver et sont partis à la recherche de nourriture. Cependant, aucune nourriture ne pouvait être trouvée. Alors le lapin s’est jeté dans le feu pour nourrir le moine. À ce moment-là, le moine a révélé sa véritable forme de divinité et a peint le lapin sur la lune pour le commémorer.

L’histoire de l’ascension du lapin au ciel est également relatée dans le Rapport du voyage en Occident à l’époque des Grands Tang, dont le texte est similaire à celui des Jātakas. Dans la forêt, trois bons amis, un lièvre, un renard et un singe vivaient ensemble. Un jour, un vieil homme affamé s’est évanoui à la porte de leur maison. Ils sont partis à la recherche de nourriture pour sauver le vieil homme. Mais, c’était une période de famine et ils n’ont pas trouvé de nourriture. Le lièvre s’est donc sacrifié pour sauver le vieillard de la faim. Alors que le lièvre était dans le coma, une paire de mains chaudes l’a guidé vers le Palais de la Lune.

Selon la légende de la fête de la Mi-Automne, le fils aîné du roi Wen de Zhou (appelé également Ji Chang), Bo Yi Kao, a été persécuté par Daji lorsqu’il tentait de sauver son père. À sa mort, ses trois âmes ont été transformées en lapins de jade et sont montées au ciel. (Image : wikimedia / Domaine publique)

Dans l’histoire de L’Investiture des dieux ou Feng Shen Yan Yi, il y a une autre histoire. Bo Yi Kao, le fils aîné du roi Wen de Zhou ou Ji Chang, était un homme généreux et aimant par nature, très respectueux envers ses parents. Lorsqu’il tenta de sauver son père, il fut persécuté et tué par Daji, la concubine préférée de l’empereur Zhou de la dynastie Shang, qui était possédée par un renard. Après la mort de Bo Yi Kao, ses trois âmes ont été transformées en lapins de jade et sont montées au ciel.

Le lapin de Jade n’est pas un lapin ordinaire

Le lapin de jade n’est pas un lapin ordinaire. Le jade est un symbole de vertu sublime et le lapin de jade est un symbole de sublimation de la vie. Il a complètement renoncé à lui-même pour le bien des autres. « Le lapin de Jade martèle le médicament » pour fabriquer la pilule d’immortalité, n’est-ce pas un processus d’élimination constante des impuretés acquises pour faire ressortir l’innocence, la gentillesse et la pureté innées ? La bonne nature et l’altruisme des êtres humains sont le véritable élixir d’immortalité.

Jour et nuit, année après année, dans la vie de chacun, dans l’interaction interpersonnelle avec la société, chacun peut à tout moment avoir un cœur calculateur, un cœur combatif …… Toutes sortes de mauvaises intentions pour des raisons égoïstes peuvent surgir. Pour être en mesure de maintenir sa nature innée qui est pure et innocente, une personne ne doit- elle pas constamment supprimer ces mauvais cœurs ? Le lapin de jade qui martèle la médecine n’est-il pas le symbole d’une vie qui doit être constamment et répétitivement cultivée et tempérée ?

La véritable signification des mythes de la fête de la Mi-Automne
Lapin de Jade, dynastie Ming. Le lapin de Jade n'est pas un lapin ordinaire. Le jade est un symbole de vertu sublime. Ainsi, le lapin de jade est un symbole de sublimation de la vie. (Image : Musée National du Palais de Taïwan / @CC BY 4.0)

Retour à la vie divine et à l’immortalité

La lune de la Mi-Automne brille de mille feux chaque année ! Jour après jour, mois après mois, année après année, sans fin. Diligence et action, année après année, gardant la clarté de la vie, continuant à élever le niveau moral pour revenir à la bonté innée : la nature divine. Alors la « recette éternelle de l’immortalité » sera naturellement à la portée de celui qui marchera sur ce chemin. C’est peut-être le message sur le véritable sens de la vie que les histoires légendaires de la fête de la Mi-Automne tentent d’envoyer au monde.

Rédacteur Charlotte Clémence
Collaboration Yi Ming

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