En vertu de la loi controversée sur la sécurité nationale à Hong Kong, le militant pro-démocratie, Joshua Wong, a plaidé coupable de complot en vue de collusion avec des forces étrangères : ce qui a suscité des appels à sa libération immédiate de la part de parlementaires du monde entier qui estiment que défendre la liberté ne devrait pas être un crime.
Des parlementaires internationaux et des défenseurs des droits humains réclament la libération de Joshua Wong
Des parlementaires internationaux et des défenseurs des droits humains réclament la libération de Joshua Wong, figure emblématique du mouvement pro-démocratie hongkongais, après qu’il a plaidé coupable d’une accusation d’atteinte à la sécurité nationale qui pourrait prolonger sa détention au-delà de sa libération initialement prévue en janvier 2027.
Joshua Wong, ancien secrétaire général du parti Demosistō, aujourd’hui dissous, a comparu devant la Haute Cour de Hong Kong le 2 septembre et a reconnu sa culpabilité pour « complot en vue de collusion avec un pays étranger ou des forces extérieures pour mettre en danger la sécurité nationale ». Bien que sa condamnation ait été reportée, sans qu’aucune date n’ait été immédiatement annoncée, cette nouvelle condamnation pourrait maintenir Joshua Wong en prison pour une durée bien plus longue : notamment pour des accusations d’atteinte à la sécurité nationale passibles de peines de prison potentiellement plus lourdes.
L’activiste a été arrêté une première fois en janvier 2021 dans le cadre de l’affaire des « 47 de Hong Kong » et purgeait déjà une peine de quatre ans et huit mois pour complot en vue de subvertir le pouvoir d’État, dans une affaire liée à une primaire pro-démocratie non officielle de 2020.

En prison, Joshua Wong a été interpellé par la police de la sécurité nationale en juin 2025 et inculpé dans une affaire distincte. Les autorités l’accusent d’avoir conspiré avec le magnat des médias Jimmy Lai, l’activiste exilé Nathan Law et d’autres personnes entre le 1er juillet et le 23 novembre 2020 : afin d’obtenir des sanctions étrangères, des blocus ou d’autres mesures hostiles contre la Chine ou Hong Kong.
La défense de Joshua Wong a plaidé que sa conduite était considérablement moins grave que celle reprochée à Jimmy Lai et a souligné que Joshua Wong n’était ni le cerveau ni l’organisateur. Ses avocats ont plaidé pour une réduction de peine, notamment en raison de son plaidoyer de culpabilité précoce, et ont exhorté le tribunal à prendre en compte son rôle dans l’affaire ainsi que les près de six années qu’il a déjà passées en détention provisoire.
Nancy Pelosi : « Défendre la liberté n’est pas un crime »
L’affaire a suscité de nouvelles critiques à Washington. L’ancienne présidente de la Chambre des représentants et actuelle représentante démocrate, Nancy Pelosi, a évoqué le cas de Joshua Wong à la Chambre après son plaidoyer de culpabilité. Elle a souligné son engagement dans le mouvement démocratique hongkongais depuis son adolescence.

« Les poursuites injustes engagées par Pékin contre Joshua Wong constituent un abus de pouvoir révoltant », a déclaré Mme Pelosi dans un message publié sur X. « Quiconque se soucie véritablement de la démocratie devrait être fier de le soutenir, lui et le peuple de Hong Kong », a-t-elle écrit, ajoutant : « Défendre la liberté n’est pas un crime et la communauté internationale doit exiger immédiatement sa libération. »
Mme Pelosi a également évoqué le cas de Jimmy Lai et a exhorté le Congrès à continuer de soutenir les droits humains à Hong Kong, au Tibet et ailleurs en Chine. Jimmy Lai purge actuellement une peine de 20 ans de prison pour subversion, une peine « équivalente à une peine de prison à perpétuité » pour cet éditeur de presse de 78 ans, a déclaré de son côté le Royaume-Uni.
« Nous devons défendre la liberté. Nous ne devons pas laisser cela passer sous silence », a déclaré Nancy Pelosi lors de son intervention au Sénat. « La forme de torture la plus horrible que le gouvernement chinois inflige à ces prisonniers consiste à leur dire : " Personne ne se souvient de vous ni pourquoi vous êtes ici. " Nous voulons être sûrs qu’ils sachent que nous, nous nous souvenons d’eux. »
CECC : Hong Kong favorise la répression
La Commission exécutive du Congrès sur la Chine (CECC), composée de membres des deux partis, a également condamné la procédure et affirmé que les tribunaux de Hong Kong favorisent la répression. « En 2019, Joshua Wong a témoigné devant la CECC, avertissant que les libertés fondamentales à la prospérité de Hong Kong étaient en train d’être démantelées. Il avait raison », a déclaré la commission.
« Ce qui s’est passé aujourd’hui à Hong Kong n’est malheureusement qu’une nouvelle persécution politique, où les tribunaux sont instrumentalisés pour masquer la répression sous couvert de légalité », indique le communiqué, ajoutant : « Joshua Wong devrait être honoré pour son courage, et non emprisonné pour avoir défendu pacifiquement les libertés de Hong Kong ».
La commission spéciale de la Chambre des représentants sur le Parti communiste chinois (PCC) a également exigé la libération de Joshua Wong, arguant que le système judiciaire hongkongais, autrefois indépendant, avait été « instrumentalisé » pour réprimer les libertés et les droits, tout en semant la peur parmi les militants pro-démocratie.
Les appels à l’action se multiplient

Le député européen Nicola Procaccini, coprésident du groupe des Conservateurs et Réformistes européens, a déclaré que la reconnaissance de culpabilité de Joshau Wong démontrait « comment le régime de Xi Jinping étouffe toute voix de liberté à Hong Kong par la répression ». M. Procaccini a affirmé que l’Europe « ne peut se rendre complice par son silence » face aux poursuites politiques et aux violations systématiques des droits fondamentaux.
La directrice exécutive du Conseil démocratique de Hong Kong, Anna Kwok, a elle aussi qualifié les dernières poursuites de « mascarade », arguant qu’une grande partie des preuves invoquées par les autorités concernait des faits antérieurs à la loi controversée sur la sécurité nationale (LSN).
Pékin a imposé la LSN à Hong Kong fin 2020, après des mois de manifestations pro-démocratie massives. Cette loi criminalise des actes de sécession, de subversion, de terrorisme et de collusion avec des forces étrangères, définis de manière très large, les infractions les plus graves étant passibles de la prison à vie.

Depuis son entrée en vigueur, des dizaines de militants ont été arrêtés ou poursuivis, tandis que des groupes d’opposition et des médias indépendants ont dû fermer leurs portes, ce qui a conduit les critiques à accuser Pékin d’instrumentaliser la législation sur la sécurité nationale pour démanteler les libertés politiques qui distinguaient autrefois Hong Kong de la Chine continentale.
Joshua Wong attend désormais sa sentence pour cette nouvelle accusation, prolongeant ainsi une saga judiciaire devenue emblématique des bouleversements profonds qu’a connus le paysage politique et judiciaire de Hong Kong ces dernières années.
Rédacteur Charlotte Clémence
Source : Joshua Wong Faces More Prison Time as Lawmakers Decry Hong Kong Crackdown
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