L’Assemblée générale d’INTERPOL 2026 se tiendra à Hong Kong à la fin de cette année. Le 13 mars, le secrétaire à la Sécurité, Tang Ping-keung, a déclaré que les préparatifs avançaient activement, la qualifiant de plateforme importante pour « faire connaître au monde la situation de la Chine et celle de Hong Kong ».
Les organisations internationales de défense des droits humains ont vivement critiqué cette décision, affirmant que tenir cette assemblée au sein du « régime le plus oppressif » est une « idée terrible ». Des avocats spécialisés dans les droits humains ont également dénoncé cette initiative, y voyant une approbation des violations des droits humains en Chine et à Hong Kong.
Selon le Hong Kong Commercial Daily, le secrétaire à la Sécurité, Tang Ping-keung, a annoncé le 13 mars sur les réseaux sociaux que l’Assemblée générale d’INTERPOL 2026 se tiendrait à Hong Kong à la fin de cette année et que les préparatifs étaient bien avancés.
Mang a déclaré que l’assemblée rassemblerait des responsables policiers du monde entier et constituerait une tribune importante pour démontrer la sécurité de Hong Kong, son ouverture sur le monde et la mise en œuvre réussie du principe « Un pays, deux systèmes ». Il a déclaré que son équipe et lui-même feraient tout leur possible pour que l’événement se déroule sans accroc et pour « faire connaître au monde l’histoire de la Chine et celle de Hong Kong ».
Conseillers internationaux en droits humains : les ONG et les journalistes en danger

Selon Radio France Internationale, Newsweek cite Ben Keith, représentant d’International Human Rights Advisors (IHR Advisors), qui critique le fait que la Chine soit l’un des pays qui abusent fréquemment des « notices rouges », et pourtant INTERPOL a choisi de tenir son assemblée au sein de ce « régime des plus oppressifs », qualifiant cette décision de « terrible ».
M. Keith souligne que, bien qu’INTERPOL affirme accueillir les médias et autres participants non policiers aux cérémonies d’ouverture et de clôture, certaines ONG et certains médias ne peuvent y assister en raison du risque d’arrestation, qualifiant cette situation d’« absurde ».
Il note également qu’après avoir réprimé les manifestations contre l’extradition en 2019, Hong Kong a mis en œuvre une loi stricte sur la sécurité nationale, arrêtant un grand nombre de figures pro-démocratie. Parmi eux, le magnat des médias Jimmy Lai, âgé de 78 ans, a été condamné à 20 ans de prison pour « collusion avec des forces étrangères ». Si l’assemblée se tient à Hong Kong, les ONG et les journalistes présents pourraient être arrêtés, ce qui serait « absurde » si de telles arrestations avaient lieu.
Le rapport cite également un ancien policier asiatique anonyme, qui affirme que le Parti communiste chinois (PCC) espère instrumentaliser la police de Hong Kong pour accroître son influence au sein d’INTERPOL, afin que des opérations transfrontalières telles que « Chasse au renard » et « Sky Net » obtiennent une reconnaissance institutionnelle internationale.
Le gouvernement américain a émis une alerte de sécurité
Le rapport mentionne en outre que le gouvernement américain a émis une alerte de sécurité à destination de ses citoyens en réaction à l’« ordonnance de déverrouillage obligatoire des téléphones portables » adoptée le mois dernier à Hong Kong. Avocats des droits humains : INTERPOL cautionne les violations des droits humains en Chine et à Hong Kong
Wu Shaoping, président de l’Alliance des avocats chinois des droits humains d’outre-mer, a déclaré à RFI que la Chine utilise les « notices rouges » pour persécuter de manière transfrontalière les dissidents exilés et expatriés, citant de nombreux cas. Il a affirmé qu’INTERPOL, une organisation internationale si importante, en choisissant de tenir son assemblée en Chine et à Hong Kong, pays où le bilan en matière de droits humains est déplorable, cautionne de fait les violations des droits humains sous couvert de son autorité et dissimule les graves atteintes aux droits humains commises à Hong Kong ces dernières années.
M. Wu a souligné que le PCC est passé maître dans l’art d’instrumentaliser le droit international pour exporter ses valeurs ; un précédent rapport du Congrès américain accusait le PCC de manipuler les Nations Unies par le biais de financements et de personnel. Il a averti que la Chine et Hong Kong pourraient profiter de cette assemblée pour faire avancer leur agenda politique et mettre en place des mécanismes favorisant la répression transfrontalière des dissidents, ce qui accroîtrait les risques pour les dissidents chinois et hongkongais.
Assemblée générale d’INTERPOL à Hong Kong : reconnaître tacitement les violations des droits de l’homme ?
Selon le rapport À la poursuite de la lumière, Mong Zhaoda, secrétaire général de l’Observatoire des droits du travail de Hong Kong, recherché en vertu de la loi sur la sécurité nationale, a dénoncé la transformation de Hong Kong en un État policier, le gouvernement menant même, selon lui, une répression transfrontalière depuis son bureau commercial londonien. Il a affirmé que la tenue de cette assemblée par INTERPOL à Hong Kong équivalait à reconnaître tacitement les violations des droits de l’homme commises par le gouvernement hongkongais et à les dissimuler.
Il a évoqué sa propre expérience : les autorités ont porté plainte contre lui sous prétexte d’arriérés d’impôts, faisant craindre que d’autres accusations criminelles ne soient « arbitrairement fabriquées » à l’avenir, y compris une demande de notice rouge d’INTERPOL à son encontre. Il a exhorté INTERPOL à rester vigilante et à empêcher que le PCC ne l’instrumentalise pour persécuter les dissidents.
Selon Newsweek, en 2024, INTERPOL a émis 15 548 notices rouges, soit une augmentation de 27 % par rapport à 2023. En 2025, l’organisation a rejeté 2 550 demandes de notices rouges émanant d’États membres, dont 558 pour des raisons politiques, militaires, religieuses ou ethniques, soit une hausse de 83 % par rapport à 2024.
L’organisation de défense des droits humains Safeguard Defenders a déclaré que le PCC utilise les notices rouges pour surveiller certaines personnes et faire pression sur leurs pays d’accueil afin qu’ils leur retirent leur titre de séjour, facilitant ainsi la surveillance directe, l’intimidation et le harcèlement.
La plateforme médiatique d’investigation Disclose a rapporté qu’en septembre 2024, le PCC avait utilisé les « notices rouges » d’INTERPOL pour poursuivre 2 561 personnes, dont des dissidents politiques à l’étranger et des Ouïghours.
Rédacteur Charlotte Clémence
Source : Hong Kong To Host INTERPOL General Assembly At Year-End
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