Appuyez sur “Entrée” pour passer au contenu

Société. Le filleul, une légende russe de destins et de rétributions complexes entre les hommes (2/2)

TENDANCE > Société

Dans la suite de cette légende russe, le filleul doit racheter ses péchés, en conséquence du désordre qu'il a engendré dans le destin et les rétributions de certains êtres humains. Il doit alors détruire dans le monde autant de mal qu'il en a fait. Quelle tâche immense et éprouvante ! Comment y parvenir dans une seule vie ? 

Cet article est écrit d'après la nouvelle Le Filleul, Légende populaire de l'écrivain russe Léon Tolstoï (1928-1910).  

Accroître le mal en le poursuivant

Le filleul ne cessait de réfléchir et ne savait pas comment il pourrait détruire dans le monde autant de mal qu'il en avait fait. Comment détruire le mal d'un côté sans en créer d'un autre côté ? Comment l'éliminer de manière juste sans blesser ou tuer ? Comment ne pas prendre le mal des autres sur soi ?

Il marcha longtemps et arriva près d'un champ, comme le lui avait indiqué le parrain. Le blé y avait abondamment poussé. La moisson était en cours, mais un veau s'était introduit dans le champ. Les moissonneurs montèrent à cheval et coururent dans tous les sens pour faire sortir le veau. 

La paysanne russe était là aussi qui appelait de loin son veau. Il était paniqué par les cris et les chevaux et ne savait où aller. Le filleul demanda aux moujiks de tous sortir du blé. Ils obéirent et la moujik put s'approcher et appeler son veau. Alors le veau courut et se frotta à elle, manquant de la faire tomber. Les moujiks furent contents aussi.

Le filleul, une légende russe de destins et de rétributions complexes entre les hommes (2/2)
Le filleul demanda aux moujiks de sortir du blé, alors la paysanne put s'approcher et appeler son veau. (Image : wikimédia / Basile Morin / CC BY-SA 4.0)

Continuant sa route, il se dit : « Je vois maintenant que le mal se multiplie par le mal. Plus les gens poursuivent le mal, plus ils l’accroissent. On ne doit donc pas détruire le mal par le mal. Et comment le détruire? Je ne sais. » Si le veau n'avait pas écouté la moujik, comment serait-il sorti du champ de blé ?

Trois manières de faire insensées, mais des leçons pour l'avenir du filleul

Le filleul entra dans un village et demanda à la baba, la patronne d'une auberge, pour dormir là. Elle acquiesça. Il vit qu'elle nettoyait  les tables et les bancs avec des serviettes sales. Elle dit au filleul qu'elle nettoyait pour une fête mais qu'elle n'y arrivait pas, tout était sale. 

Le filleul lui dit : « Mais tu devrais d’abord laver la serviette, et alors tu essuieras. » La baba suivit le conseil, alors les tables et les bancs devinrent propres. Le lendemain, il lui dit adieu et continua à marcher.

Il pénétra dans une forêt et vit des moujiks façonnant des jantes de bois. Mais il n'arrivaient pas à les façonner. Le filleul regarda de plus près et s'aperçut que le support n'était pas bien assujetti, il tournait avec la jante. Impossible de ployer le bois ainsi !

Le filleul fit la remarque aux moujiks que le support n'était pas fixe et tournait avec eux. Ils assujettirent alors le support et purent ainsi confectionner les jantes. 

Le filleul, une légende russe de destins et de rétributions complexes entre les hommes (2/2)
Le filleul s'aperçut que le support n'était pas bien assujetti, il tournait avec la jante. Impossible de ployer le bois ainsi ! (Image : wikimédia / Vassil / Domaine public)

Après avoir dormi chez eux, il marcha toute une journée et une nuit. À l'aube, il rencontra des bergers qui tentaient d'allumer un feu. Mais leurs tentatives répétées étaient bien vaines : ils allumaient des brindilles sèches et les recouvraient aussitôt de broussaille humide.

Le filleul leur dit : « Ne vous hâtez pas de mettre de la broussaille, mais allumez d’abord bien le feu, donnez-lui le temps de prendre; quand il sera bien enflammé, alors mettez de la broussaille. » Ils firent ainsi et le feu crépita dès le premier essai.

Quand il reprit sa route, le filleul se demanda ce que signifiaient ces manières de faire en dépit du bon sens, qu'il avait rencontrées depuis qu'il avait quitté le parrain dans son palais. Il ne saurait qu'à la fin : elles étaient un résumé des apprentissages longs et laborieux qu'il aurait à endurer dans sa vie.

La longue et dure pénitence ordonnée par le vieillard de l'ermitage

Il arriva à l'ermitage dans la forêt comme le lui avait indiqué le parrain. Il frappa à la porte. « Qui est là ? » demanda une voix. « Un grand pécheur. Je vais racheter les péchés d’autrui. » répondit le filleul. Un vieillard sortit et questionna : « Quels sont ces péchés d’autrui que tu as sur toi? ».

Le filleul lui raconta l'essentiel de ce qu'il avait vécu jusqu'ici, dont les comportements étranges des dernières journées.

Le vieillard demanda au filleul d'abattre un arbre, le fendre en trois et brûler les trois parties. Finalement il ne resta plus que trois charbons que le vieillard lui ordonna d'enfouir dans la terre.

Le filleul, une légende russe de destins et de rétributions complexes entre les hommes (2/2)
« … de ces charbons sortiront trois pommiers, alors tu sauras comment il faut détruire le mal. » (Image : wikimédia / Salicyna / CC BY-SA 4.0)

Puis il lui montre la rivière au pied de la montagne : «  Vas-y puiser de l’eau dans ta bouche, et arrose. Ce charbon, arrose-le ainsi que tu as appris à la baba; celui-ci, arrose-le ainsi que tu as appris aux charrons, et celui-là, arrose-le comme tu as appris aux bergers. Quand tous les trois pousseront, et que de ces charbons sortiront trois pommiers, alors tu sauras comment il faut détruire le mal. »    

Le vieillard rentra dans son ermitage. Le filleul ne comprenait pas, mais il fit ce qui lui fut ordonné 

Le filleul remplit sa bouche d'eau et commença à arroser le premier charbon. Il dut faire cent allers et retours avant que la terre ne fut mouillée autour du charbon. Il fit de même pour les deux autres charbons.  

Quand la fatigue et la faim se firent péniblement ressentir, il alla chez le vieillard demander à manger. Ouvrant la porte, il le découvrit mort sur un banc. Après avoir mangé quelques croûtons restés sur la table, il trouva une pioche et creusa une tombe pour le vieillard.

Il arrosa les charbons la nuit et creusa la tombe pendant trois jours. Il allait l'enterrer quand des gens du village arrivèrent avec des provisions pour l'ermite maintenant décédé. Ils aidèrent le filleul à le mettre en terre.

La nouvelle vie du filleul dans l'ermitage 

Ils surent que le vieillard avait béni le filleul avant de mourir. Il lui laissèrent du pain avant de partir et lui promirent d'en apporter régulièrement. Le filleul prit la place du vieillard dans l'ermitage, et continua à arroser les charbons.

Des gens commencèrent à le visiter. Le bruit s'était répandu qu'un saint homme vivait là, accomplissant son salut et arrosant du bois brûlé avec sa bouche, depuis la rivière. On lui demanda des conseils et son avis sur certaines choses. 

Le filleul, une légende russe de destins et de rétributions complexes entre les hommes (2/2)
Des gens du village arrivèrent avec des provisions pour l'ermite. (Image : wikimédia / Sergei Prokudin-Gorskii / Domaine public)

De riches marchands vinrent et lui apportèrent des cadeaux. Le filleul prenait juste ce dont il avait besoin et il distribuait le reste aux pauvres. Il vécut ainsi pendant un an.

Il avait trouvé une certaine routine : une moitié du jour pour arroser les charbons, l'autre moitié à se reposer et accueillir les visiteurs. À la longue, il pensa qu'il devait vivre de cette façon et qu'il pourrait détruire le mal et racheter les fautes ainsi. 

Une seconde année passa, il arrosait toujours mais aucun pommier n'émergea encore de la terre. 

Le joyeux et cruel brigand russe

Un cavalier, un jour, passa en chantant près de l'ermitage. C'était un homme jeune et fort. Ses habits, son cheval et sa selle avaient de l'allure ! Intrigué, le filleul lui demanda qui il était. L'homme s'arrêta et dit : « Je suis un brigand, je vais par les chemins, je tue les gens. Plus je tue, plus gaies sont mes chansons. » 

Le filleul réléchit à comment chasser le mal de cet homme. Il était facile de parler à ceux qui venaient se repentir d'eux-mêmes, mais celui-ci se vantait de ses crimes. Il pensa  que ce brigand viendrait maintenant souvent, effraierait et ferait fuir les gens. Ceux-ci ne viendraient plus à l'ermitage et il ne pourrait plus les aider. Lui-même ne pourrait plus vivre là.

Il dit au brigand : « Il vient ici chez moi, dit-il, des pécheurs, non pas se vanter de leurs péchés, mais se repentir et se purifier. Repens-toi aussi, si tu crains Dieu; et si tu ne veux pas te repentir, va-t’en alors d’ici, et ne viens jamais; ne me trouble pas, et n’effraie pas ceux qui viennent. Et si tu ne m’écoutes pas, Dieu te punira. »

Le brigand rit sans retenue et affirma ne pas craindre Dieu. Il lui dit qu'il tuerait demain deux hommes, et le tuerait lui aussi, s'il se trouvait sur son chemin. Après ces menaces, il partit et ne repassa pas pendant huit ans.

La révélation d'une vie trop complaisante, sans rachat des péchés, et une décision radicale

Le filleul commençait à s'ennuyer. Aucun pommier ne sortait des charbons. Un jour, il ne vint personne à l'ermitage. Le filleul se mit à réfléchir sur sa vie : il ne se nourrissait que de sa piété, comme lui avait dit le brigand. 

Qu'avait-il retiré de la pénitence donnée par le vieillard : du pain et de la gloire ? Il était heureux que les gens vantent sa sainteté ! Il se dit : « Ce n’est pas ainsi qu’il faut vivre. Je me suis laissé enivrer par les éloges. Je n’ai pas racheté des péchés, mais j’en ai endossé de nouveaux. »

Il décida d'aller vivre dans la forêt, où personne ne le trouverait, pour racheter ses vieux péchés et ne pas en créer de nouveaux. Il prit un sac de croûtons, et une pioche pour se creuser un réduit dans un lieu isolé. En chemin, il rencontra le brigand, mais n'eut pas le temps de s'enfuir.

Le filleul, une légende russe de destins et de rétributions complexes entre les hommes (2/2)
Il décida d'aller vivre dans la forêt, où personne ne le trouverai, pour racheter ses vieux péchés et ne pas en créer de nouveaux. (Image : wikimédia / Ntahonsigaye / CC BY-SA 4.0)

Le filleul lui dit son projet. Le brigand lui demanda de quoi il allait vivre sans la nourriture des visiteurs. Il n'y avait pas songé encore. Inspiré, il dit : « Mais de ce que Dieu m'enverra. » Le brigand ne répondit pas, et s'en alla. Le filleul regretta soudain de n'avoir rien dit au brigand sur sa manière de vivre.

Il lui cria au loin : « Et tu dois tout de même te repentir, tu n’éviteras pas la vengeance de Dieu. » Le brigand fit volte-face avec son cheval, revint rapidement et le menaça de son couteau. Le filleul s'enfonça profondément dans la forêt et le cavalier ne le poursuivit pas. Il établit son nouveau lieu de vie dans la forêt. Quand il retourna arroser les charbons le soir, il vit qu'un pommier était sorti de l'un d'eux !

L'élévation progressive dans les confrontations successives avec le brigand russe

Le filleul vivait maintenant en solitaire. N'ayant plus de croûtons, il partit à la recherche de racines, mais il remarque un petit sac de croûtons pendu à une branche. Il s'en nourrit, et quand il les termina, il y eut à nouveau un sac accroché à la branche.

Il vécut bien ainsi pendant encore dix ans. Le pommier issu d'un charbon poussait, mais les deux autres charbons étaient restés charbons. 

Un jour qu'il se reposait d'avoir fait cent fois l'aller-retour de la rivière aux charbons, pour les arroser, avec sa bouche comme seul récipient, il entendit le brigand passer et jurer. Il pensa aussitôt à se cacher derrière un arbre, de crainte d'être tué pour un rien et de ne pouvoir racheter ses péchés.

Le filleul, une légende russe de destins et de rétributions complexes entre les hommes (2/2)
Le brigand rit sans retenue et affirma ne pas craindre Dieu. (Image : wikimédia / Acroterion / CC BY-SA 4.0)

Cependant, caché ainsi, il se dit : « Sauf de Dieu, ni le mal ni le bien ne me viendront de personne. Et où pourrais-je me cacher de Lui? » Alors il s'avança au devant du brigand, et il vit qu'il y avait un autre homme, les mains liées et la bouche bâillonnée, en croupe sur le cheval.

« Tu es encore vivant ! Peut-être désires-tu la mort ? » s'exclama le brigand. Le filleul lui demanda où il emmenait cet homme. « C’est le fils d’un marchand. Il ne veut pas me dire où est caché l’argent de son père. Je veux le tourmenter jusqu’à ce qu’il me le dise. » 

Le filleul saisit le cheval par la bride, et demande la délivrance du marchand. Le brigand le menaça : « Laisse, autrement tu en auras autant. Ta sainteté ne m’en impose pas. » Le filleul ne s'effraie pas : « Je ne te crains pas, je ne crains que Dieu. Et Dieu ne m’ordonne pas de lâcher. Je ne lâcherai pas. »

Le brigand prit son couteau et coupa les cordes du fils du marchand et cria : « Allez-vous-en tous deux, dit-il, et ne vous trouvez pas une autre fois sur mon chemin. » L'homme sauta du cheval et déguerpit. 

Mais le filleul ne lâcha pas la bride, et demanda encore au brigand d'abandonner sa mauvaise vie. Celui-ci l'écouta sans broncher cette fois-ci. Il ne répondit rien et partit.

Quand le filleul alla arroser ses charbons le lendemain matin. Un second pommier était sorti d'un autre charbon.

Ni désir, ni crainte, le cœur en joie et la compassion pour les hommes tourmentés

Dix ans s'écoulèrent encore, sans aucun désir, sans aucune crainte, le cœur en joie. Dans sa vie solitaire, loin du monde, il se rappelait encore tout le mal provenant des hommes. Ils se tourmentaient par ce qu'ils ne connaissaient pas Dieu.

Il devait maintenant aller chez les gens et leur enseigner ce qu'il savait. Il s'apitoya sur les gens et il pensait qu'il avait perdu beaucoup de temps.

Mais alors il entendit venir le brigand. Il se dit qu'on ne pouvait rien enseigner à celui-ci, qu'il ne comprenait pas. Mais c'était un homme et il fallait lui parler aussi. Il alla à sa rencontre. Dès qu'il vit le brigand, il eut de la compassion. Il courut et saisit la bride du cheval.

Le filleul, une légende russe de destins et de rétributions complexes entre les hommes (2/2)
Il devait maintenant aller chez les gens et leur enseigner ce qu'il savait. Photo: Léon Tolstoï avec ses petits-enfants. (Image : wikimédia / Vladimir Chertkov / Domaine public)

« Cher frère, aie pitié de ton âme! Tu as en toi l’âme de Dieu! Tu te tourmentes, et tu tourmentes les autres, et tu seras tourmenté encore plus. Et Dieu t’aime tant! Quelles joies il t’a réservées! Ne sois pas ton propre bourreau. Change ta vie. » Le filleul laisse ses larmes couler en abondance.

« Frère, aie pitié de toi. » dit-il encore. Le brigand regarde le filleul. Il descend de cheval et tombe à genoux devant lui, pleurant aussi : « Tu m’as vaincu, vieillard. Vingt ans j’ai lutté contre toi. Tu as pris le dessus sur moi. Maintenant je ne suis plus maître de moi. Fais de moi ce que tu veux. » 

L'abandon et l'humilité du brigand face à la lucidité et la puissance spirituelle de l'ermite

Il ouvrait enfin son cœur au filleul : « Quand tu m’adjuras pour la première fois, je n’en devins que plus méchant. Je me mis à réfléchir sur tes discours seulement alors que je t’ai vu toi-même te passer du monde. Et depuis, je suspendis à la branche des croûtons pour toi. »

Le filleul se souvint alors de la baba qui nettoya la table seulement quand elle eut lavé la serviette. C'est quand il purifia son cœur, qu'il réussit à purifier le cœur des autres.

Le brigand continua : « Et mon cœur a changé seulement alors que tu as supplié pour le fils du marchand, et que tu n’as pas craint la mort. »

Il se rappela alors, le filleul, que les charrons ployèrent la jante seulement quand le support fut assujetti. Lui, quand il cessa de craindre la mort et assujettit sa vie en Dieu, son cœur se soumit à la volonté divine.

Enfin, le brigand termina : « Et mon cœur s’est fondu tout à fait en moi seulement alors que tu as eu pitié de moi, et que tu as pleuré sur moi. »

Le filleul emmena le brigand à l'endroit où deux pommiers avaient poussé, à partir de deux charbons et il virent qu'un troisième pommier venait de sortir du dernier charbon.

Le filleul se remémora alors la broussaille humide des bergers qui s'embrasa seulement quand le fagot de brindilles sèches se fut bien enflammé. Lui, son cœur s'était s'enflammé et avait allumé un autre cœur.

Le filleul, une légende russe de destins et de rétributions complexes entre les hommes (2/2)
Le filleul emmena le brigand à l'endroit où deux pommiers avaient poussé, à partir de deux charbons et il virent qu'un troisième pommier venait de sortir du dernier charbon. (Image : wikimédia / W.carter / CC0)

Une légende russe abordant des questions fondamentales

Le filleul se réjouissait maintenant, car il avait racheté tous ses péchés. Il parla et enseigna toutes les choses essentielles qu'il savait au brigand. Puis il quitta ce monde. Le brigand l'enterra, abandonna ses mauvais comportements et vécut comme lui avait ordonné le filleul. À son tour, il enseigna aux gens de ce monde.

La légende russe du filleul, revue par la profonde spiritualité de Tolstoï, est riche de situations extrêmes ou surnaturelles. Elle peut nous aider à prendre conscience de l'importance des rétributions et du respect des destins. Elle peut nous amener à éprouver de la compassion pour toute vie dans ce monde. 

La vie humaine sur la Terre a son lot d'épreuves difficiles à traverser. Mais ces épreuves nous arrivent-elles par hasard ? Probablement sont-elles liées à notre destin et sont-elles là pour pouvoir passer des étapes cruciales dans notre cheminement personnel et l'élévation de notre « âme ».

Cliquez ici pour lire l’article N°1

Soutenez notre média par un don ! Dès 1€ via Paypal ou carte bancaire.

Pour améliorer votre expérience, nous (et nos partenaires) stockons et/ou accédons à des informations sur votre terminal (cookie ou équivalent) avec votre accord pour tous nos sites et applications, sur vos terminaux connectés.
Accepter
Rejeter