Les journalistes chinois sous la directive du PCC

Par Jonathan Walker
Le 01/02/2021

Les journalistes chinois penseront, formeront et publieront selon les directives du PCC

 

La Chine communiste va maintenant examiner les messages postés sur les médias sociaux pour contrôler les journalistes. (Image : Firmbee / Pixabay)
La Chine communiste va maintenant examiner les messages postés sur les médias sociaux pour contrôler les journalistes. (Image : Firmbee / Pixabay)
 

Pékin a décidé que les messages postés sur les réseaux sociaux des journalistes doivent être vérifiés et approuvés avant que leur carte de presse ne soit renouvelée dans le cadre du processus annuel de contrôle et d’examen. Selon l’Administration générale de la presse et des publications (GAPP, de l’anglais General Administration of Press and Publication), cette nouvelle mesure vise à développer une équipe de reporters chinois capables de satisfaire aux exigences du Parti communiste chinois et de toujours respecter ses directives.

Les organismes de presse ont commencé à prendre en compte la manière dont leurs employés utilisent les réseaux sociaux. Le processus de vérification examine la possibilité de corruption, incluant les promotions payantes et le chantage. Les plateformes d’information qui engagent des journalistes sans licence sont passibles de sanctions. Wang Liang, un journaliste de Pékin, a noté que la nouvelle règle vise à empêcher les journalistes de publier des contenus jugés « inaptes » par le régime communiste et ne fait que codifier une pratique déjà en vigueur.

 

Wu croit qu’il n’y a plus de vrais journalistes en Chine communiste. (Image : Image by Gerd Altmann / Pixabay)
Wu croit qu’il n’y a plus de vrais journalistes en Chine communiste. (Image : Image by Gerd Altmann / Pixabay)
 

« De nombreux journalistes ne peuvent pas écrire ce qu’ils veulent dans les médias traditionnels, alors ils publient sur Weibo et WeChat... Il s’agit de la nécessité [du gouvernement] de contrôler le discours publique... Les journalistes ont une profession qui a un peu plus de poids que les gens ordinaires en Chine, de sorte qu’ils sont soumis à un contrôle strict non seulement sur leur travail mais aussi sur leur discours privé », a déclaré Wang Liang à Radio Free Asia (RFA).

Les cartes de presse nouvelle génération ne sont remises qu’aux reporters et aux journalistes qui ont réussi l’examen de pensée de Xi Jinping.

Au 30 octobre 2020, plus de 205 000 journalistes avaient reçu la carte, selon les données de l’Administration d’État de la presse et des publications (SAPP, de l’anglais State Administration of Press and Publications).

Les cartes de couleur rouge et or portent en relief l’emblème national chinois. Elles sont assorties d’une période de probation d’un an, les cartes expirent au bout de cinq ans. Seuls les reporters des entreprises de médias figurant sur une liste blanche du gouvernement peuvent demander les nouvelles cartes de presse dans la limite des quotas annuels qui leur est attribuée.

Un ancien journaliste, qui n’est connu que sous le nom de Wu, a révélé à RFA que beaucoup de ses collègues et lui-même ont quitté leur métier en raison des contrôles stricts de Pékin. Il a déclaré que la plupart des médias d’Etat n’ont pas de « vrais journalistes ». Au lieu de cela, ils publient simplement du contenu diffusé depuis des médias de la liste blanche.

Le nouveau système de formation et de certification vise uniquement à servir les intérêts du PCC. Par exemple, l’une des questions de l’examen demande aux candidats quelle est leur priorité en matière de travail. La seule bonne réponse est « le leadership du PCC ».

Une autre question se pose : à quoi doit servir internet ? La bonne réponse est : « Internet est un nouvel espace où le parti peut construire un consensus ».

Dans un rapport publié en décembre 2020 par Reporters sans frontières (RSF), il est indiqué que 387 journalistes sont détenus par différentes nations dans le monde en raison de leur travail. La Chine communiste comptait 117 de ces journalistes, soit plus de 30 % du total mondial.

« La Chine a conservé la première place avec un total de 117 journalistes emprisonnés, dont près d’un tiers (45) ne sont pas des professionnels... Les critiques des médias sociaux à l’égard de la gestion de la crise du coronavirus par le gouvernement ont été fortement censurées et au moins sept journalistes, dénonciateurs ou commentateurs politiques influents, arrêtés dans le cadre de la fourniture d’informations sur la pandémie de Covid-19, sont toujours détenus », indique le rapport.


Traduit par Gabriel Olamsaint

Version en anglais : Chinese Reporters to Think, Train, Post, and Publish Based on CCP Guidelines