Le téléphone portable : un allié ou un ennemi ?

Par Marlène Deloumeaux
Le 21/08/2020
Le smartphone propose depuis les années 2010 des fonctions multiples. Son écran tactile donne accès à l’appareil photo, la caméra, la géolocalisation, la messagerie, le calendrier etc. (Image : Pexels / Pixabay)
Le smartphone propose depuis les années 2010 des fonctions multiples. Son écran tactile donne accès à l’appareil photo, la caméra, la géolocalisation, la messagerie, le calendrier etc. (Image : Pexels / Pixabay)
 

Véritable phénomène de société, le téléphone portable transformé en « smartphone », également appelé « téléphone intelligent » est devenu incontournable dans la vie quotidienne. Toutefois son succès fulgurant suscite des inquiétudes.

Un succès planétaire

Le téléphone portable est centré sur les fonctions de téléphonie basiques tandis que le smartphone grâce à un système d’exploitation plus élaboré propose depuis les années 2010 des fonctions multiples.

Son écran tactile donne accès à l’appareil photo, la caméra, la géolocalisation, la messagerie, le calendrier etc. L’utilisateur après l’achat peut ajouter à son gré les applications les plus sophistiquées.

Selon les statistiques de l’UIT, (l’Union internationale de télécommunications) parues en 2014

« En 2013, les ventes annuelles mondiales de smartphones (940 millions) dépassent celle des téléphones basiques (860 millions). »

Cet engouement planétaire pourrait s’expliquer pour plusieurs raisons dont :
- l’attractivité des nombreuses applications,
- la possibilité de communiquer avec ses proches à tout moment et en tous lieux,
- le prix abordable des appareils,
- le confort de l’écran tactile

En dépit de ces avantages incontestables, des études révèlent les nombreux dangers qu’entraîne l’usage du smartphone.

Dangers sanitaires :

 

Regarder fréquemment son smartphone entraîne une déformation du cou appelée le «cou du dindon» résultant d’une «altération du collagène au niveau du cou». (Image : natureaddict / Pixabay)
Regarder fréquemment son smartphone entraîne une déformation du cou appelée le « cou du dindon » résultant d’une « altération du collagène au niveau du cou ». (Image : natureaddict / Pixabay)
 

- Risque de cancers

Une étude américaine menée par NTP (le National Toxicology Program) en 2016 a établi un lien entre certains cancers et l’exposition aux ondes générées par les téléphones portables.

Malgré des résultats jugés contradictoires, l’étude a conduit au respect du principe de précaution. Il est recommandé d’utiliser des oreillettes pour se servir du portable et de le tenir éloigné des parties sensibles du corps.

- Problèmes de vision

La lecture sur téléphones et tablettes sollicite notre vision de près. Un usage excessif risque de favoriser une presbytie précoce. Les jeunes enfants exposés aux smartphones pourraient également souffrir de « dégénérescence maculaire », une maladie de la rétine liée à l’âge.

- Déformation du cou

Regarder fréquemment son smartphone entraîne une déformation du cou appelée le «cou du dindon» résultant d’une « altération du collagène au niveau du cou ». L’article paru le 6 janvier 2020 dans Vision Times France en témoigne. Afin de prévenir ce risque, il est conseillé « de corriger sa posture en maintenant le téléphone à hauteur des yeux ».

- Addictions

Beaucoup d’utilisateurs avouent leur dépendance vis-à-vis du smartphone qu’ils consultent de façon compulsive.

L’idée d’être privé de leur mobile représente pour les plus dépendants une source d’angoisse. Les parents s’alarment quand ces dérèglements se répercutent sur le travail scolaire de leurs enfants. Notons que 77% des Français possèdent un smartphone. Les Français passeraient 1h 30 par jour sur leurs smartphones. Pour les jeunes âgés de 15 à 25 ans  ce chiffre atteindrait 2h 30 par jour. Les Britanniques, eux utiliseraient leurs téléphones jusqu’à 220 fois par jour !

Impact sur l’environnement

Selon un rapport d’information de la sénatrice Marie-Christine Blandin déposé en septembre 2016, l’utilisation de plus de 4 milliards de portables dans le monde constitue un handicap sérieux pour l’environnement : ils émettent en moyenne 40 millions de tonnes de gaz carbonique (CO2), soit l’équivalent de la quantité émise par 20 millions d’automobiles.

En outre, les piles et les batteries de ces produits contiennent des polluants composés de métaux lourds et précieux très dangereux pour la santé. Le recyclage de ces déchets reste insuffisant, voire inexistant dans les pays en voie de développement.

Parallèlement, au nom de l’obsolescence programmée, « l’ensemble des techniques par lesquelles un metteur sur le marché vise à réduire délibérément la durée de vie d'un produit pour en augmenter le taux de remplacement », l’utilisateur préfère renouveler le téléphone compte tenu du prix élevé de la réparation. En conséquence le nombre de smartphones utilisés s’accroît considérablement.

 

L’ application Alicem permettrait aux Français d’avoir accès aux services administratifs de façon «sécurisée». L’authentification nécessite une première phase de reconnaissance faciale. (Image : Gerd Altmann / Pixabay)
L’ application Alicem permettrait aux Français d’avoir accès aux services administratifs de façon « sécurisée ». L’authentification nécessite une première phase de reconnaissance faciale. (Image : Gerd Altmann / Pixabay)
 

Le smartphone : une menace pour les libertés individuelles ?

Le traçage des individus ayant contracté le covid-19 par le biais du mobile a suscité de nombreuses interrogations. Comment concilier le recours aux technologies numériques et le respect fondamental de la vie privée ?

Selon un témoignage du Figaro avec AFP, l’Etat projette la mise en service d’une application nommée ALICEM (Authentification en ligne certifiée sur mobile) pour 2020. Cette application permettrait aux Français d’avoir accès aux services administratifs de façon «sécurisée». L’authentification nécessite une première phase de reconnaissance faciale, ce qui a provoqué de vives protestations chez les défenseurs des libertés individuelles.

L’application est testée depuis juin 2019 sur notre territoire.

En Chine tout nouvel acheteur d’un téléphone portable doit désormais accepter la reconnaissance faciale.

A partir du 1er décembre 2019 la Chine a imposé « une nouvelle réglementation exigeant que les personnes se fassent scanner leur visage lors de leur enregistrement à un service de téléphonie mobile. », rapporte le journaliste Frédéric Schaefer dans l’article des Echos paru le 2 décembre 2019.

Cette règle ne fera qu’accroître le contrôle du gouvernement chinois sur la population, estiment les internautes. La plupart des connexions internet s’effectuent avec le mobile en Chine.

Les nouvelles technologies conduiraient-elles à une société de surveillance ?

Le smartphone, si familier et si séduisant serait-il devenu l’ennemi de notre vie privée ?