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Sagesse. Apprendre à apprécier les être humains selon quatre aspects 

CHINE ANCIENNE > Sagesse

Une approche traditionnelle chinoise sur la vie et la fortune

Dans un essai qui abordait les chevaux, le lettré Han Yu, de la dynastie Tang, écrivait : « Les beaux chevaux sont courants, mais ceux qui savent les reconnaître sont rares ». Bien que cette phrase semble décrire les chevaux, elle a longtemps été interprétée comme une métaphore pour apprendre à apprécier les êtres humains. Les personnes talentueuses sont peut-être nombreuses, mais celles qui sont véritablement reconnues et appréciées sont peu nombreuses. 

À travers l’histoire, beaucoup de personnes compétentes sont restées méconnues, non par manque de talent, mais parce qu’aucun regard perspicace ne les a jamais remarquées.

Apprendre à apprécier les être humains selon quatre aspects 
Dans la pensée traditionnelle chinoise, l’apparence extérieure était considérée comme révélatrice de bien plus que la simple beauté superficielle. (Image : wikimedia / Qiu Ying / Domaine public)

Cette idée fait écho à un proverbe populaire venant de la Chine ancestrale : Jugez une personne selon quatre aspects, et vous n’oublierez ni sa richesse ni ses difficultés. Jugez un cheval à ses quatre sabots, et vous saurez s’il est une belle monture. Dans la pensée traditionnelle, l’apparence extérieure était considérée comme révélatrice de bien plus que la simple beauté superficielle. 

En observant attentivement les traits physiques d’une personne, on espérait mieux comprendre son état de santé, son caractère, sa résilience et sa situation de vie, et notamment si elle était susceptible de connaître la stabilité et la prospérité ou de traverser des épreuves difficiles. 

Selon cette approche, quels sont les « quatre aspects » utilisés pour apprendre à apprécier les êtres humains?

Apprendre à apprécier les être humains selon quatre aspects 
Dans la pensée traditionnelle, les « quatre aspects » désignent les traits du visage, le teint, la structure osseuse et la chair. Ensemble, ils étaient censés révéler si une personne possédait les atouts nécessaires contribuant à un bon état de santé, au succès et à la prospérité matérielle. (Image : wikimedia / Qiu Ying, Ming Dynasty painter (ca. 1494-1552) / Domaine public)

Dans la pensée traditionnelle, les « quatre aspects » désignent les traits du visage, le teint, la structure osseuse et la chair. Ensemble, ils étaient censés révéler si une personne possédait les atouts nécessaires contribuant à un bon état de santé, au succès et à la prospérité matérielle. Selon cette vision du monde, le destin n’était pas le fruit du hasard, mais pouvait être en partie deviné à travers l’apparence physique.

1. Les traits du visage

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La médecine traditionnelle chinoise considérait que les traits du visage correspondaient aux organes internes du corps. En les observant, on pouvait se faire une idée approximative de l’état physique et de la vitalité d’une personne. (Image : wikimedia / Qiu Ying / Domaine public)

Les traits du visage comprennent les yeux, les oreilles, le nez, la bouche et les sourcils. La médecine traditionnelle chinoise considérait que ces traits correspondaient aux organes internes du corps. En les observant, on pouvait se faire une idée approximative de l’état physique et de la vitalité d’une personne.

Cette approche rejoint la méthode de diagnostic attribuée au célèbre médecin Bian Que, qui privilégiait quatre étapes : l’observation, l’écoute, l’interrogatoire et la prise du pouls. L’observation était primordiale. Il est important de noter qu’elle ne se limitait pas à des traits isolés, mais s’étendait à l’expression, à la posture et à l’allure générale : des facteurs censés refléter à la fois la santé et la fortune personnelle. 

2. Le teint

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Le teint était considéré comme un indicateur précoce du destin d’une personne, susceptible de la mener à la prospérité ou aux difficultés. (Image : wikimedia / Qiu Ying / Domaine public)

Le teint désigne la couleur et l’état du visage. Un teint rosé et lumineux était traditionnellement associé à des organes internes robustes, à une clarté d’esprit et à des perspectives de vie favorables. À l’inverse, un teint terne ou grisâtre était perçu comme un signe d’avertissement, non seulement de santé déclinante, mais aussi de stagnation ou de malheur.

Ainsi, le teint était considéré comme un indicateur précoce du destin d’une personne, susceptible de la mener à la prospérité ou aux difficultés.

3. L’ossature

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Les Chinois des temps anciens pensaient que la structure osseuse variait d’un individu à l’autre, mais aussi entre les hommes et les femmes, influençant ainsi leur perception de leurs perspectives de vie. (Image : wikimedia / Qiu Ying - Ming dynasty / Domaine public)

L’ossature a longtemps joué un rôle important dans la physionomie et le folklore chinois. Les contes et les drames historiques contiennent souvent des phrases telles que : « Cet enfant a une ossature remarquable : il est promis à un grand avenir ». Comparée aux traits du visage, l’ossature était considérée comme plus difficile à évaluer, ce qui a donné naissance à des pratiques comme la stéthographie, aujourd’hui intégrée au savoir métaphysique traditionnel.

Selon ces croyances, des os pleins, ronds et bien équilibrés étaient associés à une vie relativement aisée, stable et prospère sur le plan matériel. À l’inverse, des os creux, irréguliers ou déficients étaient considérés comme le signe d’un avenir marqué par la pauvreté, les épreuves et les revers répétés. On pensait également que la structure osseuse variait d’un individu à l’autre, mais aussi entre les hommes et les femmes, influençant ainsi leur perception de leurs perspectives de vie.

Que ces interprétations, pour apprendre à apprécier les êtres humains, reposent ou non sur une vérité objective, elles témoignent du lien profond qui unissait autrefois la forme physique au destin dans les sociétés traditionnelles.

4. La chair

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Un corps d’apparence équilibrée : ni faible ni excessif, était traditionnellement perçu comme un signe de bonne fortune et de résilience, tant physique que matérielle. (Image : wikimedia / Qiu Ying, CC0)

On croyait que la chair et les os agissaient en harmonie. Des os solides étaient censés soutenir une chair saine, tandis qu’une chair abondante et bien nourrie était censée protéger et renforcer les os en retour. Dans cette perspective, la chair servait d’indicateur supplémentaire de la capacité d’une personne à mener une vie stable et prospère.

Un corps d’apparence équilibrée : ni faible ni excessif, était traditionnellement perçu comme un signe de bonne fortune et de résilience, tant physique que matérielle.

Juger un cheval à ses quatre sabots

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La seconde partie du proverbe s’applique aux chevaux. Ici, les « quatre sabots » ne désignent pas simplement les pieds du cheval, mais quatre parties spécifiques du sabot : le bord, la couronne, la sole et la paroi. (Image : wikimedia / Giuseppe Castiglione, CC0)

La seconde partie du proverbe s’applique aux chevaux. Ici, les « quatre sabots » ne désignent pas simplement les pieds du cheval, mais quatre parties spécifiques du sabot : le bord, la couronne, la sole et la paroi. Les experts équins pensaient que si ces zones étaient bien formées et robustes, l’animal était probablement fort et fiable.

Les juges équins expérimentés examinaient également les dents et les trois os du sabot pour évaluer les aptitudes athlétiques. On pensait que les chevaux aux os des orteils plus courts manquaient de vitesse et d’endurance. Ainsi, déterminer si un cheval était une bonne monture reposait sur des critères observables plutôt que sur des suppositions.

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Ainsi, déterminer si un cheval était une bonne monture reposait sur des critères observables plutôt que sur des suppositions. (Image : wikimedia / Giuseppe Castiglione, CC0)

L’observation comme sagesse

Qu’il s’applique aux humains ou aux chevaux, ce vieux dicton reflète un principe plus général : l’observation attentive est essentielle. Bien que la société moderne utilise des outils et des critères différents, le message sous-jacent demeure pertinent. Une véritable compréhension du talent, de la santé ou du caractère, exige de la patience, de l’attention et la capacité de voir au-delà des apparences.

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Une véritable compréhension du talent, de la santé ou du caractère, exige de la patience, de l’attention et la capacité de voir au-delà des apparences. Tableau représentant Les seize luohan : derrière une apparence incongrue se cache parfois la sainteté. (Image : wikimedia / Qiu Ying, CC0)

Rédacteur Charlotte Clémence

Source : Judging People by 4 Aspects: A Traditional Chinese Way of Understanding Life and Fortune
www.nspirement.com

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