Chaque année, la famille d’Angela Xiao revient au théâtre. Sa mère, Mme Fang, assiste aux représentations chaque fois qu’elle le peut, observant depuis son fauteuil sa fille, danseuse de la Compagnie Shen Yun depuis seize ans, passer des rôles secondaires aux rôles principaux, saison après saison. Avec le temps, ce qui demeure en elle n’est pas un spectacle en particulier, mais une sérénité qui s’est peu à peu installée chez Angela Xiao, sur scène comme dans la vie.
Son grand-père le dit avec une simplicité touchante : la voir sur scène le rend fier.
Une enfance tournée vers la tradition
Seize ans se sont écoulés depuis qu’Angela Xiao a quitté Vancouver pour New York, afin d’intégrer l’Académie des Arts Fei Tian. Elle n’était alors qu’une enfant : la plus jeune de sa promotion. La décision de partir venait d’elle seule, rappelle sa mère.
Attirée dès son plus jeune âge par la culture traditionnelle chinoise, elle avait grandi au Canada à partir de l’âge de quatre ans, au sein d’une famille pratiquant le Falun Gong : une discipline spirituelle que le régime chinois soumet à une répression sévère. Les défilés communautaires et les spectacles culturels ont rythmé ses premières années, orientant peu à peu ses aspirations.
Son grand-père lui contait des récits ancrés dans les valeurs ancestrales. À quatre ans, elle lisait déjà le Zhuan Falun, texte fondateur de la pratique, et récitait des poèmes du recueil Hong Yin. Sa mère voit dans cette éducation l’origine d’une maturité précoce qui lui a permis de choisir un internat loin du foyer familial à un âge où d’autres enfants peinent encore à s’éloigner.

Entrée à Fei Tian en 2008, elle a rapidement trouvé ses marques, portée par ses professeurs et ses camarades. Des années de tournées ont suivi, la menant à travers l’Europe, les Amériques et l’Asie. Se produire sur les plus grandes scènes du monde a élargi à la fois son expérience et sa vision.
Le quotidien d’une danseuse de la Compagnie Shen Yun
Angela Xiao parlait peu des exigences physiques de la tournée. Ce qu’elle évoquait volontiers, c’était la profondeur du lien avec le public : cette connexion directe qui la portait au-delà de la fatigue des longs voyages.
Un tableau en particulier est resté gravé dans la mémoire de sa famille : Xiu Chun Mei, une danse aux éventails célébrant la résilience des fleurs du prunier. Depuis le public, sa mère y percevait à la fois la force et la retenue, une image qui persistait longtemps après la chute du rideau. Au fil des années, Angela s’est vu confier des rôles d’une complexité croissante, notamment celui de Dame Mi, figure tragique de la période des Trois Royaumes, dont elle restituait toute la profondeur humaine.
Avec les premiers rôles est venue une pression considérable. La crainte de commettre une faute visible était, au début, permanente. Peu à peu, son rapport à la scène s’est transformé : chaque représentation est devenue une occasion de « regarder en soi ». Après chaque spectacle, les artistes se retrouvent pour réfléchir ensemble : non pour s’imputer mutuellement les erreurs, mais pour identifier ce que chacun peut améliorer en lui-même.
Un cadre exigeant, un soutien sans faille
La vie quotidienne à Fei Tian obéit à une discipline rigoureuse : usage du téléphone limité, emploi du temps strictement encadré. Pour la famille d’Angela Xiao, cet environnement était rassurant : une autre manière d’accompagner les élèves et de les protéger de certaines distractions du monde moderne.
Au-delà de la formation artistique, le soutien s’étendait à tous les aspects de la vie. Les enseignants l’accompagnaient lors de ses rendez-vous médicaux, et sa prise en charge était assurée dans les meilleures conditions.
Sur le plan matériel, la couverture est complète : scolarité, logement, repas, costumes et déplacements ont été pris en charge tout au long de ses années de formation et de représentation, avec des indemnités versées pendant les périodes de tournée. Selon sa mère, ce soutien global a considérablement allégé le poids financier de la famille et leur a permis de s’inscrire dans la durée sur ce chemin.

La scène et la vie : une femme accomplie
En dehors de la scène, Angela Xiao reste profondément attachée aux siens. Elle revient de tournée avec des attentions soigneusement choisies : un collier de perles pour sa mère, des foulards de soie pour sa grand-mère... Ceux qui l’entourent la décrivent aujourd’hui comme plus posée, plus attentive, plus présente à l’autre.
Pour l’avenir, elle envisage de poursuivre sa carrière tout en suivant des formations en ligne en gestion et en analyse. Sa famille évoque l’Académie des Arts Fei Tian et la compagnie Shen Yun avec une profonde gratitude profonde : non seulement pour l’excellence de la formation, mais pour l’environnement qui a façonné, au fil du temps, la femme qu’Angela est devenue.
Rédacteur Yi Ming
Source : Beyond the Spotlight: A Mother Reflects on Her Daughter’s 16-Year Journey with Shen Yun
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