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Histoire. L’étonnante histoire de la Garonnette ou le charme discret d’une rivière disparue 

FRANCE > Histoire

L’histoire de La Garonnette, cet ancien bras de la Garonne, est peu connue des Toulousains eux-mêmes. Lorsqu’ils abordent l’Avenue de la Garonnette, seuls quelques-uns d’entre eux se doutent qu’ils traversent en réalité le lit d’une rivière aujourd’hui disparue. Que reste-t-il de l’affluent autrefois si vivace ?

L’histoire de la Garonnette : quand l’eau coulait à flot

Jusqu’au XXe siècle, le Pont de Tounis, le pont le plus ancien de Toulouse enjambait le cours d’eau connu sous le nom de Garonnette. Selon le CAUE (Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement), « le quartier de Tounis évoque aujourd’hui l’oasis, le calme dans l’agitation du centre ville mais il n’en fut pas toujours ainsi. Pendant des siècles, ce quartier fut séparé de la cité par un bras de la Garonne, la Garonnette ».

Sur le site Toulouse Tournages nous apprenons que : « Le pont de Tounis est la seule trace restante du passage d’un bras de la Garonne, et de l’histoire de l’île et des moulins du Château Narbonnais ».

Comment un cours d’eau est-il devenu… une avenue ? La Garonnette tirant son nom de la Garonne, s’appelait également petite Garonne, canal de Lissac. Des siècles durant, elle ne fut pas seulement le bras de la Garonne mais participait à la vie économique du pays, alimentant nombre de moulins près du Château Narbonnais où habitaient les comtes de Toulouse

Les eaux du chenal animaient les roues des moulins et favorisaient la vie artisanale et alimentaire de la cité médiévale.

Transformation radicale : l’eau changée en pierre

Toutefois, au fil du temps, les années passent et la Garonnette perd en importance. Entretenir le chenal s’avère moins nécessaire et les dépôts d’alluvions s’entassent. L’insalubrité s’installe. L’espace dégradé ne correspond plus au cadre d’une ville moderne en plein développement.

Le CAUE cité plus haut commente : « Les habitants de l’île vivaient de métiers liés à la présence de l’eau : teinturerie, mégisserie, travail du bois, alimentation, abattoirs. L’eau donnait vie aux Tounisiens. Elle leur donnait aussi la mort : insalubrité due à l’exercice de métiers polluants, crues du fleuve qui, si elles tuaient rarement, détruisaient avec régularité maisons, échoppes et ateliers... »

Il fallait agir au plus vite pour éviter d’autres drames.

L’étonnante histoire de la Garonnette ou le charme discret d’une rivière disparue
L’année 1954 représente une date cruciale : la municipalité toulousaine prend la décision de procéder à des travaux d’aménagement pour assécher la Garonnette et la combler. Un nouveau paysage conduit à la naissance de l’Avenue de la Garonnette bâti de ce fait en sur l’ancien lit de la rivière. (Image : wikimedia / Didier Descouens, CC BY-SA 4.0)

L’année 1954 représente une date cruciale : la municipalité toulousaine prend la décision de procéder à des travaux d’aménagement pour assécher la Garonnette et la combler. Le bras de fleuve qui vécut des siècles durant devient l’outil du foncier et de la circulation automobile. De nouveaux aménagements urbains se font jour. Un nouveau paysage conduit à la naissance de l’Avenue de la Garonnette bâti de ce fait en sur l’ancien lit de la rivière. 

L’étonnante histoire de la Garonnette ou le charme discret d’une rivière disparue
L’espace de l’avenue se transforme et laisse place à des plantations, des cheminements piétons et par-dessus tout un canal décoratif rappelant discrètement la présence d’un cours d’eau, ancien bras de la Garonne. (Image : Marlène Deloumeaux / VisionTimes)

Nouveau regard à l’aube du XXIe siècle

Dans sa nouvelle vie, l’Avenue de la Garonnette s’est muée avant tout en point de desserte et aire de stationnement. Élus et urbanistes cherchent à raviver le passé fluvial patrimonial de Toulouse, la Ville Rose : autour des années 2006 et 2007, sont réalisés maints travaux d’aménagements. L’espace de l’avenue se transforme et laisse place à des plantations, des cheminements piétons et par-dessus tout un canal décoratif rappelant discrètement la présence d’un cours d’eau, ancien bras de la Garonne.

Nous avons retracé les étapes clés d’une réhabilitation singulière et symbolique. Il s’agit d’une reconnaissance de la rivière disparue évoquant cette fameuse mémoire de l’eau dans un quartier où elle avait régné des centaines d’années durant. « L’eau parle sans cesse et jamais ne se répète » nous rappelle l’écrivain mexicain Octavio Paz et pour citer un proverbe russe : L’eau connaît son chemin.

L’eau de la discrète et frêle Garonnette n’a pas dit son dernier mot. Elle semble s’adresser aux promeneurs de tous bords sur l’avenue qui porte son nom. Ainsi, l’étonnante histoire de la Garonnette n’aura de cesse d’être contée.

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