WikiLeaks a révélé des secrets du Parti communiste chinois

Texte français : Marlène
Le 13/05/2019

Le co-fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, a dévoilé un dossier secret du gouvernement américain contenant les détails de nombreux scandales de haut niveau du Parti communiste chinois (PCC). Par la suite, WikiLeaks et un grand nombre de documents confidentiels provenant du gouvernement américain ont été bloqués par des fournisseurs de services en Chine et interdits par les censeurs du PCC. Jusqu'à présent, aucun gouvernement ne s'est manifesté pour confirmer ou nier l'authenticité des dossiers divulgués.

 

WikiLeaks a révélé des secrets du Parti communiste chinois (Image: wikipedia)

 

Le co-fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, a dévoilé un dossier secret du gouvernement américain contenant les détails de nombreux scandales de haut niveau du Parti communiste chinois (PCC).(Image: wikipedia)
Le co-fondateur de WikiLeaks, Julian Assange en 2007 (Image : wikipedia)

 

Le 24 septembre 1999, le site Web de WikiLeaks a publié des informations qu'il disait provenir du consulat général des États-Unis à Hong Kong. Le contenu aurait été recueilli au cours d'un déjeuner-débat avec un journaliste de Hong Kong qui avait des contacts privilégiés en Chine. Selon les journalistes, pratiquement tous les responsables du système de commandement militaire chinois, tous grades confondus, ignoraient les affaires internationales.

 

Jiang Zemin, secrétaire général du PCC, croyait en l'existence des dieux et des esprits. (Image: YouTube / Capture d'écran)
Jiang Zemin, secrétaire général du PCC, croyait en l'existence des dieux et des esprits. (Image: YouTube / Capture d'écran)

 

En outre, le fichier classifié du gouvernement américain publié par WikiLeaks a révélé que les hauts responsables du PCC ont jusqu'à 5 000 comptes dans des banques suisses. Les deux tiers de ces fonctionnaires sont membres du Comité central et presque tous sont membres du Comité permanent du Politburo du PCC.

Après 2002, la plupart des responsables du PCC au Bureau des affaires de Hong Kong et de Macao, au Bureau des affaires de Taïwan, au Département du Front uni et même le responsable adjoint du bureau qui travaillait à Hong Kong avaient des comptes bancaires suisses. Comme leur revenu et leur pouvoir sont limités, leur argent a très probablement été accumulé en soudoyant des intérêts étrangers.

Hong Kong est le principal circuit de blanchiment d'argent utilisé par les hauts responsables du PCC. Ils profitent pleinement des privilèges légaux de la ville portuaire semi-autonome et des politiques économiques ouvertes. Chaque faction politique du PCC aurait sa propre banque et son propre agent.

Il a été révélé que Zhou Yongkang, l'ancien membre du Comité permanent du Politburo qui dirigeait le vaste appareil de sécurité et d'affaires juridiques du PCC dans les années 2000, mais qui a été purgé par l'actuel président chinois Xi Jinping en 2014 et condamné à la prison à vie un an après, avait 20 millions de dollars sur un compte canadien. Une partie des fonds a servi à appuyer des manifestations contre le gouvernement canadien avant les Jeux olympiques de 2008 à Pékin.

 
Il a été révélé que Zhou Yongkang, l'ancien membre du Comité permanent du Politburo qui dirigeait le vaste appareil de sécurité et d'affaires juridiques du PCC dans les années 2000 avait 20 millions de dollars américains dans un compte canadien. (Image: YouTube / Capture d'écran)
Il a été révélé que Zhou Yongkang, l'ancien membre du Comité permanent du Politburo qui dirigeait le vaste appareil de sécurité et d'affaires juridiques du PCC dans les années 2000 avait 20 millions de dollars américains dans un compte canadien. (Image: YouTube / Capture d'écran)

 

Un ancien vice-premier ministre de la Chine a servi d'informateur pour le gouvernement américain.

Le dossier secret a également révélé que Qian Qichen, qui a été ministre des Affaires étrangères de la Chine pendant 10 ans, d'avril 1988 à mars 1998, et vice-premier ministre de 1993 à 2003, s'est révélé être un informateur pour les États-Unis.

Afin de réduire la pression du PCC, l'administration gouvernementale taïwanaise de Lee Teng-hui a secrètement autorisé les ventes d'armes françaises à Taïwan et les rabais sur les ventes ont été canalisés via Hong Kong vers Pékin, dont une partie a été dirigée vers les États-Unis sur le compte du fils de Qian Qichen, à Chicago.

Cet énorme montant de fonds non identifiés a fait l'objet d'une enquête de l'Internal Revenue Service des États-Unis. Afin de protéger son fils, Qian Qichen a dû s'avancer et promettre de coopérer avec le gouvernement américain pour fournir aux États-Unis les secrets de haut niveau de la Chine. Depuis 2001, Qian avait envoyé son assistant de confiance pour livrer des secrets d'État à l'ambassade des États-Unis à Pékin.

Selon les documents, les États-Unis ont appris par Qian que la Corée du Nord n'avait pas d'armes nucléaires et que c'est le gouvernement chinois qui a secrètement déployé ses propres armes en Corée du Nord pour détourner l'attention des États-Unis de la question de Taïwan. Pendant ce temps, la Chine a ralenti le processus de dénucléarisation en mettant en place des «pourparlers à six» inefficaces. Ce faisant, le PCC a utilisé la Corée du Nord comme son «agent nucléaire» pour menacer les Etats-Unis d'un conflit nucléaire, donnant à Pékin les mains libres pour manipuler les événements derrière la crise.

Les pourparlers à six étaient une série de négociations multilatérales tenues par intermittence depuis 2003 et auxquelles ont participé la Chine, le Japon, la Corée du Nord, la Russie, la Corée du Sud et les États-Unis dans le but de démanteler le programme nucléaire de la Corée du Nord. Les pourparlers ont été accueillis à Pékin et présidés par la Chine.

Chen Pokong, un commentateur politique chinois basé aux États-Unis, a déclaré qu'après l'exposé, des journalistes étrangers ont demandé à trois reprises au ministère chinois des Affaires étrangères d’exposer les conceptions de la Chine sur cette question.

La première fois, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a répondu qu'il espérait que le gouvernement américain gérerait ses propres affaires et ses documents secrets.

La deuxième fois, le porte-parole a fait entendre sa voix en disant que ce que le rapport WikiLeaks publiait sur la Chine était absurde et qu'il espérait que cela n'aurait pas d'impact négatif sur les relations sino-américaines.

La troisième fois, le porte-parole s'est montré agressif et a répondu que les informations faisant état de scandales aux échelons supérieurs du PCC faisaient partie d'un complot visant à renverser son gouvernement.