Encourager l’activité physique chez les jeunes : une urgence ? 

Par Marlène Deloumeaux
Le 07/09/2020
Plus de 80% des adolescents auraient une activité physique insuffisante. (Image : Candid_Shots / Pixabay)
Plus de 80% des adolescents auraient une activité physique insuffisante. (Image : Candid_Shots / Pixabay)
 

Baisse de l’activité physique des jeunes : un constat alarmant

L’activité physique  des jeunes recule considérablement, ce qui constituerait un danger pour leur santé et leur bien-être. Le phénomène devenu mondial​ ​inquiète les experts. 

Plus de 80% des adolescents dans le monde auraient une activité physique insuffisante, d’après une étude de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), publiée dans la revue The Lancet en novembre 2019. 

La France se situe à la 119​e​ place sur un classement de 146 pays étudiés. Les filles sont globalement 8% à avoir au moins une heure d’activité physique quotidienne recommandée par l’OMS contre 18% chez les garçons.

Les pays où les jeunes s’avèrent particulièrement actifs sont les  États-Unis, l’Inde et le Bangladesh.

La Chine, berceau du qi-gong, gymnastique traditionnelle pour le corps et l’esprit, connaît une hausse préoccupante de l’obésité infantile causée par une suralimentation et une réduction de l’activité physique. Les jeunes générations passionnées par les écrans ne s’intéressent pas aux exercices doux effectués par leurs aînés au cours des dernières années.

 

L’activité physique favorise une croissance et un développement sains. (Image : Sylwia Aptacy / Pixabay)
L’activité physique favorise une croissance et un développement sains. (Image : Sylwia Aptacy / Pixabay)
 

L’activité physique : un capital santé incontestable

« L’activité physique favorise une croissance et un développement sains »,​ ​expliquent les 
auteurs du magazine​ ​québécois ​« Naître et grandir »​. ​« En bougeant, l’enfant maîtrise de plus 
en plus d’habileté motrice et fait travailler ses muscles. Il développe ainsi sa force, sa 
puissance et son endurance ​»
, précisent-ils.​ Par ailleurs, l’enfant verra son poids se stabiliser, 
ses capacités cardiovasculaires et cardiorespiratoires s’améliorer.

L’activité stimule les facultés intellectuelles, augmente l’estime de soi. L’enfant actif s’intègre mieux dans la société. En revanche, le manque ou l’absence d’activité physique prédispose aux maladies telles que l’obésité, le diabète et l’hypertension.

 

La randonnée familiale, exemple d’activité qui développe la motricité et le vivre ensemble. (Image : Ben Kerckx / Pixabay)
La randonnée familiale, exemple d’activité qui développe la motricité et le vivre ensemble. (Image : Ben Kerckx / Pixabay)
 

Comment motiver les jeunes ?

Il appartient aux parents de jouer un rôle essentiel dans la gestion de l’activité physique 
exercée par l’enfant. L’avenir de ce dernier en dépend.

Il existe plusieurs solutions pour éviter une sédentarité invalidante :
- Faire en sorte que l’exercice soit lié pour l’enfant à la notion de plaisir et non de corvée.
- Intégrer les activités  physiques dans la vie familiale en privilégiant la régularité et la 
diversité (cueillir les fruits du jardin, effectuer les tâches ménagères de façon ludique, etc).
- Inciter  l’enfant ou l’adolescent à adopter des habitudes simples comme aller à pied ou à vélo à l’épicerie plutôt que se faire véhiculer. Emprunter l’escalier de service plutôt que l’ascenseur.
- Organiser une randonnée familiale. Ce type d’activité aura l’avantage de développer la motricité et le vivre ensemble.
- Inscrire le jeune dans un club ou une association sportive en respectant ses choix et en veillant toujours à l’encourager.
- Réduire le temps passé sur les écrans au profit d’une activité à l’extérieur.

Le rôle prépondérant de l’école

Toutefois la famille ne saurait agir seule face au comportement sédentaire des jeunes générations. L’école se présente comme le partenaire privilégié dans ce domaine.

« L’EPS à l'école est dans cette perspective le seul lieu de pratique et d’apprentissages pour les élèves, filles et garçons, sans aucune discrimination », ​affirme le sénateur Michel Savin dans le Journal officiel du Sénat du 19 avril 2018.

Écoliers, collégiens et lycéens bénéficient de 3 heures hebdomadaires d’EPS  (éducation physique et sportive) selon les textes officiels mais ce volume horaire demeure modeste. Les mesures gouvernementales en faveur de l’EPS resteraient timides. ​« Il serait cohérent de construire des politiques volontaristes pour le sport, pour l’enseignement de l’éducation physique et sportive à l’école », ​préconise  Michel Savin.

Or, les textes officiels du site de l’Éducation nationale stipulent que l’EPS poursuit un double objectif : « l’éducation à la santé »​ et l'accès aux ​« valeurs morales et sociales ». Selon l’étude dirigée par l’OMS, le taux favorable d’activité physique aux États-Unis est dû ​« à la bonne qualité de l’éducation physique dans les établissements scolaires ».

Il conviendrait que l’école et la famille offrent aux jeunes générations les moyens de garder ​« un esprit sain dans un corps sain ».