Le virus Covid-19 accélère le développement du vaccin ARNm

Par Catherine Keller
Le 31/03/2021
Un virus est principalement composé d’ADN ou d’ARN. (Image : Gerd Altmann / Pixabay)
Un virus est principalement composé d’ADN ou d’ARN. (Image : Gerd Altmann / Pixabay)
 

Tout le monde sait que certaines maladies sont dues aux virus. Comment fonctionnent-ils ? La Covid-19 fait beaucoup parler d’elle, comment agit-elle ? La pandémie liée à la Covid-19 a permis d’accélérer le développement du vaccin à ARNm, mais celui-ci est source de polémique, pourquoi ?

Que sont les virus ?

Un virus, c’est essentiellement du matériel génétique regroupé dans un génome. Il possède soit de l’ADN à double brin soit de l’ARN à un brin. Ce dernier a besoin d’une enzyme (la transcriptase inverse) qu’il ne possède pas, pour transformer l’ARN en ADN. Sans cela, il ne peut pas se reproduire.

L’ARN est présent dans chaque cellule et permet de  synthétiser les protéines dont elle a besoin pour se développer. L’ARN a d’autres fonctions qui agissent dans des réactions chimiques du métabolisme cellulaire. Les virus piratent le génome de la cellule.

Les virus ont un grand potentiel d’adaptation grâce à leur faculté de mutation. Certains sont utiles (5 % à 8 % de l’ADN humain provient d’ADN viral. Ils sont essentiels dans la lutte contre les nouveaux virus). En 2010, l’INSERM n’a référencé que 129 espèces de virus pathogènes pour l’homme.

 

Certains virus sont bactériophages. Ils sont utiles pour lutter contre les maladies d’origine bactérienne. (Image : Raman Oza / Pixabay)
Certains virus sont bactériophages. Ils sont utiles pour lutter contre les maladies d’origine bactérienne. (Image : Raman Oza / Pixabay)
 

Des virus utiles

Il existe une multitude de virus. Certains sont bactériophages. Durant la première guerre mondiale,  le biologiste Félix d’Hérelle les découvre mais sa recherche tombe dans l’oubli avec l’arrivée des antibiotiques. L’étude des bactériophages a repris depuis l’apparition de bactéries résistantes aux antibiotiques.

D’autres études travaillent sur la façon d’utiliser les virus pour transporter des gènes « médicament » afin de soigner des maladies génétiques. C’est le cas de l’équipe du Professeur Alain Fischer à l’Hôpital Necker Enfants-malades qui a réussi à corriger un défaut génétique grave. Il s’agit des bébés-bulles qui ont pu enfin vivre normalement.

Selon l’article du site Futura Science, certains virus provoquent des cancers, d’autres se multiplient uniquement dans les cellules tumorales, Ils s’appellent virus oncolytiques. Une dizaine de ces virus sont actuellement à l’étude pour soigner des cancers.

 

Cela fait plus d’un an que l’humanité vit sous la terreur Covid-19, qui est-elle ? (Image : suju-foto / Pixabay)
Cela fait plus d’un an que l’humanité vit sous la terreur Covid-19, qui est-elle ? (Image : suju-foto / Pixabay)
 

La Covid-19

Certains la surnomment virus du Parti communiste chinois (PCC) car elle s’est propagée sur la terre entière parce que le gouvernement chinois a pris trop tard les mesures qui s’imposaient.

La covid-19 pénètre dans le corps par les voies aériennes. La grande majorité des infections sont légères voir asymptomatiques. Les premiers symptômes apparaissent en moyenne 5 jours après une durée d’incubation (sauf chez les asymptomatiques). Les symptômes sont fièvre, très fortes douleurs, toux, conjonctivites, perte de l’odorat et du goût, diarrhée, encombrement des poumons. Les symptômes varient d’une personne à l’autre.

Comment agit-elle ?

Elle a une membrane huileuse dans laquelle s’insère la protéine Spike, ces petits piques qui permettent à la Covid-19 de pénétrer la cellule en utilisant une protéine ACE2. Celle-ci fait partie du patrimoine génétique des mammifères. Une fois à l’intérieur, elle pénètre une cellule et va la programmer à son avantage. Chaque cellule infectée va fabriquer des milliers de Covid-19 tout en maintenant le système immunitaire à distance.

Matthew Woodruff, immunologiste à l’Université Emory d’Atlanta, spécialisé dans la dysrégulation immunitaire explique : « chez certains patients, la présence dans le sang de lymphocytes B particuliers, générés par réactions extra folliculaires, constitue un marqueur important de la sévérité de l’atteinte dans le contexte du lupus. C’est désormais aussi le cas pour la Covid-19. Les « formes longues » de Covid-19 pourraient-elles s’expliquer par la permanence d’une telle réponse faisant intervenir des anticorps auto réactifs ? »

Face à l’invasion rapide de la Covid-19, le système immunitaire réagit en produisant très rapidement beaucoup d’anticorps, ce qui peut provoquer un orage cytokinique qui survient chez certaines personnes possédant un genre particulier de lymphocytes B. Cela provoque une augmentation importante de l’inflammation. C’est ce qui arrive en deuxième phase de la maladie et cause de grosses complications.

Le système immunitaire commence à provoquer des caillots de sang, qui vont nécroser les cellules des organes, principalement les poumons mais aussi le cœur, le cerveau ou le système digestif. Les cellules de l’organe touché ne sont plus irriguées et dans les cas les plus graves et la mort sera inévitable.

La meilleure manière d’éviter l’infection est de ne pas se toucher le visage, de rester à distance des personnes malades, de nettoyer régulièrement les mains et les surfaces fréquemment utilisées avec du savon. Le savon élimine les graisses. Donc, il fait de même avec l’enveloppe lipidique du virus, ce qui le tue.

La molécule qui tue le virus de la grippe

Les scientifiques du laboratoire des nanomatériaux supramoléculaires et à des interfaces de l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL), en collaboration avec ceux de Caroline Tapparel, professeure au Département de microbiologie et de médecine moléculaire de l’université de Genève, ont créé une molécule capable de détruire le virus de la grippe. Ces composés modifient le virus qui est inhibé définitivement. Cela  est démontré chez la souris.

 

Le vaccin à ARNm est étudié depuis près de 20 ans mais n’a jamais passé la phase de vaccination au niveau mondial. Les effets à long terme sont incertains ce qui provoque la méfiance chez beaucoup de gens, notamment dans le milieu médical. (Image : torstensimon / Pixabay)
Le vaccin à ARNm est étudié depuis près de 20 ans mais n’a jamais passé la phase de vaccination au niveau mondial. Les effets à long terme sont incertains ce qui provoque la méfiance chez beaucoup de gens, notamment dans le milieu médical. (Image : torstensimon / Pixabay)
 

Qu’en est-il du vaccin à ARN messager ?

Depuis dix ans, les laboratoires étudient la possibilité de faire un vaccin à ARNm mais c’est l’apparition de la Covid-19 qui leur permet de faire un essai au niveau mondial. Le manque de recul dû à l’urgence de la situation est la raison principale de beaucoup de réticences.

L’ARNm est synthétisé rapidement à partir du moment où les séquences génétiques du virus sont connues. Les différences minimes que cela implique peuvent provoquer des réactions immédiates ou à long terme.

L’avantage est qu’il n’a pas besoin d’adjuvant comme l’aluminium.

Quand le vaccin (que l’on peut qualifier de thérapie génique) est inoculé, il transmet aux cellules la protéine Spike que l’ARN du virus utilise, ce qui va provoquer le système immunitaire et produire des anticorps.

La réaction inflammatoire est un des problèmes majeurs que l’on a observé lors de l’injection. Ces ARNm sont étrangers au corps, ce qui va activer une réponse des interférons de type I, ceux associés aux risques inflammatoires. Plusieurs modifications ont permis de limiter cette inflammation. Néanmoins, la réaction peut être très violente chez les personnes présentant des allergies. Le vaccin est déconseillé pour ces personnes.

L’ARNm est fragile, par exemple le vaccin Pfizer se conserve à une température de moins 70 degrés, ce qui rend la vaccination inabordable pour certains pays.

L’ARNm est encapsulé dans des microvésicules de graisse qui lui assure une durée de vie dans le corps de quelques minutes à deux heures.

Les scientifiques du Clalit Health Services, en Israël, ont analysé un groupe vaccinal de 596 618 personnes et autant pour le groupe contrôle. La mesure est effectuée sept jours après la seconde dose. Le vaccin a fonctionné à 94 % pour prévenir les formes symptomatiques de la Covid-19, et à 92 % pour les formes sévères. Il permet de réduire de 87 % les hospitalisations et de 84 % le nombre de morts.

Mais d’après le journal France-Soir, la courbe des décès ne semble pas plus basse que celles d’autres pays dans lesquelles il n’y a pas eu de vaccination massive des personnes de plus de soixante-dix ans (la majorité des décès concernent cette tranche d’âge).

L’immunité des personnes contaminées se situerait autour de cinq mois. Combien de temps le vaccin assure-t-il cette immunité ? C’est une affaire à suivre.

Potentiellement, le vaccin pourrait provoquer des réactions auto-immunes dans les mois ou années qui suivent et réduire la réponse immune souhaitée lors de la vaccination. Rappelons que le vaccin à ARNm est préconisé à grande échelle pour la première fois. Les intérêts financiers sont énormes, ce qui engendre une méfiance face aux études menées par des instituts qui ont des intérêts directs ou indirects avec les firmes pharmaceutiques. Seul le temps nous donnera des réponses claires et précises.

Le ministère de la santé israélienne affirme que le vaccin est une réussite car il augmente nettement les anticorps. On peut lire sur le site israélien NAKIM qu’il y a beaucoup de décès dus à la Covid-19 malgré le vaccin. Il explique que justement, le fait d’avoir une augmentation rapide des anticorps provoque les cas graves. Les personnes qui ont été infectées et qui ont encore des anticorps ainsi que les personnes asymptomatiques risquent de développer un orage cytokinique. Pour éviter cela, il faudrait vérifier que les personnes soient testées avant de se faire vacciner.