Les parents qui élèvent des garçons sont souvent confrontés à une tension familière : le fossé entre le garçon qu’ils ont en face d’eux et l’homme qu’ils espèrent qu’il deviendra. Les conseils traditionnels ont tendance à privilégier le contrôle : des règles plus strictes, une discipline plus rigoureuse, une tolérance moindre pour les écarts de conduite. Un guide parental Élever des garçons propose une approche différente, affirmant que ce dont les garçons ont le plus besoin, ce n’est pas de plus de pression, mais de plus d’espace pour s’épanouir.
S’appuyant sur la recherche en développement de l’enfant, l’ouvrage présente six principes qui recentrent l’attention du contrôle sur la croissance.
Le respect avant tout

Si les parents ne peuvent offrir qu’une seule chose, soutient le livre, ce devrait être le respect.
Il ne s’agit pas d’une approche laxiste. Les garçons, suggère-t-il, naissent avec un besoin de dignité. Lorsque les parents ont recours à l’humiliation ou à un contrôle excessif, il en résulte souvent deux réactions : résistance ou repli sur soi. Le respect, au contraire, est synonyme de confiance. Il indique au garçon qu’il est capable de gérer son propre développement, et cette conviction devient le fondement de l’autodiscipline.
Considérer un garçon comme une personne capable de responsabilités, plutôt que comme quelqu’un qu’il faut constamment corriger, influence positivement la perception qu’il a de lui-même au fil du temps.
L’expression des émotions est importante

Beaucoup de garçons grandissent en entendant, sous une forme ou une autre, que « les garçons ne pleurent pas ». La retenue émotionnelle est souvent encouragée, parfois même renforcée par le refus de réconfort.
L’ouvrage Élever des garçons, édité en mandarin, adopte une position différente. Il souligne que le cerveau des garçons, en particulier les régions responsables du contrôle des impulsions et de la régulation émotionnelle, se développe généralement plus lentement que celui des filles au même âge. Lorsque les garçons ont du mal à gérer des émotions fortes, ils ne sont pas en échec : ils sont simplement encore en développement.
Reconnaître ces émotions, plutôt que de les refouler, aide les garçons à comprendre ce que signifie être accepté. Avec le temps, cette expérience jette les bases de la conscience émotionnelle et de l’empathie.
Le développement suit son propre rythme

Dans plusieurs domaines, notamment le langage, la lecture et même certains aspects du raisonnement, les garçons se développent souvent plus tard que les filles. Les recherches montrent que ces écarts tendent à se réduire avec le temps.
Le livre met en garde contre le fait de considérer un développement plus lent comme un problème à résoudre. Trop les pousser durant ces années peut laisser aux garçons un sentiment d’inadéquation durable. Les laisser progresser à leur propre rythme, tout en les encourageant de façon constante, produit un résultat différent : une confiance qui perdure bien au-delà de la phase de développement.
La prise de risques physiques a son rôle à jouer

Les garçons sont souvent attirés par les activités physiques comportant une part de risque : grimper, sauter, tester leurs limites. L’instinct de nombreux parents est d’intervenir et de les restreindre.
Le livre suggère que, dans des limites de sécurité raisonnables, cet instinct doit être modéré. L’exploration physique n’est pas une distraction pour le développement : elle en fait partie intégrante. Grâce à ces expériences, les garçons développent leur confiance en eux et leur résilience.
Lorsqu’elle est canalisée plutôt que réprimée, la propension au risque peut se traduire par une volonté de relever les défis plutôt que de les éviter.
Élever des garçons : un cadre structuré demeure essentiel

La liberté seule ne suffit pas. Les garçons, en moyenne, ont tendance à manifester des niveaux d’impulsivité et d’agressivité physique plus élevés, des traits liés à des facteurs biologiques tels que la testostérone et la dopamine.
Des limites claires offrent un cadre pour gérer ces impulsions. Dans ce contexte, la discipline ne vise pas à contrôler pour contrôler, mais à établir des limites qui aident les garçons à développer leur autonomie.
Sans cette structure, la liberté peut engendrer de l’instabilité plutôt que de l’épanouissement.
Les difficultés font partie intégrante du développement

Le dernier principe est peut-être le plus difficile à accepter pour les parents : prendre du recul.
Surprotéger les enfants de toute difficulté peut limiter leur capacité à faire face à l’adversité. Le livre utilise une métaphore simple : les arbres cultivés en serre développent rarement des racines profondes. Les garçons qui sont autorisés à rencontrer des difficultés, avec du soutien mais sans intervention constante, apprennent qu’ils peuvent surmonter les échecs.
Cette compréhension devient une ressource précieuse à l’âge adulte. L’argument central de Élever des garçons est simple : les qualités que les parents espèrent voir chez leurs enfants plus tard, confiance en soi, résilience, force émotionnelle, se forgent non seulement par leur éducation, mais aussi par les expériences qu’ils permettent à leurs fils de vivre en grandissant.
Rédacteur Charlotte Clémence
Source : Six Things Every Boy Needs to Grow Into a Confident Man, According to ’Raising Boys’
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