Appuyez sur “Entrée” pour passer au contenu

Culture. Pourquoi l’Énéide de Virgile est considérée comme une œuvre fondatrice (1/2) 

TENDANCE > Culture

C’est pour répondre à la demande de l’empereur Auguste que le poète Virgile accepta d’écrire un poème épique à la gloire de Rome. L’empereur voulait redorer le blason de la Ville éternelle et légitimer la domination de l’empire romain. Rome était fascinée par la Grèce conquise mais fière de son passé glorieux. L’Énéide de Virgile, bien plus qu’une simple œuvre de cour allait devenir une œuvre majeure, fondatrice.

Virgile, l’homme, le poète passionné

Publius Vergilius Maro est né en 70 av. J.-C. au Nord de l’Italie à Mantoue, ville située en Gaule cisalpine. Son origine sociale est difficile à cerner. Sa biographie garde des zones d’ombre. Son père était probablement un petit propriétaire terrien. Virgile était probablement un rural. Le plus grand des poètes latins a vécu dans une période secouée de troubles entre la république romaine et les débuts de l’empire romain dirigé par le premier empereur, Auguste.

Encouragé par son père, Virgile mène à bien des études de lettres, de philosophie, de médecine dans les villes de Rome et de Milan. D’après les sources, il n’éprouve pas d’attirance pour la politique. Il préfère la poésie à laquelle il peut se consacrer entièrement grâce au soutien d’hommes puissants tels que Mécène et l’empereur Auguste en personne. Avec ses deux œuvres précédentes, les Bucoliques et les Géorgiques, ce poète timide et fort sensible acquiert une certaine notoriété. Il sera choisi en définitive pour écrire l’œuvre qui allait glorifier Rome. Virgile en perfectionniste à l’extrême consacrera non moins que 11 ans, les onze dernières années de sa vie à peaufiner une œuvre gigantesque.

Un perfectionniste timide

Il écrivait très peu de vers par jour et passait le plus clair de son temps à les retravailler, les polir jusqu’à supprimer les imperfections. Il les polissait tel un diamant mais il restait un éternel insatisfait. Selon la tradition, sur son lit de mort il aurait demandé à ses proches de détruire l’Énéide car le poème était inachevé, donc imparfait à ses yeux mais Auguste refusa et fit publier cette œuvre magistrale. Virgile, homme de santé fragile mourut le 21 septembre en l’an 19 de notre ère à Brindisi dans le sud de l’Italie.

Sur son épitaphe, on peut lire ces vers dont il est l’auteur :

Mantoue m’a donné la vie, la Calabre me l’a ôtée,
Naples maintenant me garde.
J’ai chanté les pâturages, les campagnes, les héros.

Pourquoi l’Énéide de Virgile est considérée comme une œuvre fondatrice 
Énée est un prince troyen fuyant sa ville natale en flammes, portant son père sur le dos. Il a pour mission divine de rechercher une autre patrie. (Image : wikimedia / Pierre Lepautre, CC0)

L’Énéide de Virgile, une épopée homérique

Dans les paragraphes qui suivent, nous allons résumer le poème l’Énéide de Virgile, qui inspiré de l’Odyssée et l’Iliade de Homère, se divise en deux parties de six chants. Intéressons-nous d’abord à la première partie (chants I-VI)

Énée est un prince troyen fuyant sa ville natale en flammes, portant son père sur le dos. Il a pour mission divine de rechercher une autre patrie. Son errance se prolonge et se durcit en Méditerranée suite à la tempête déclenchée par la déesse Junon, épouse de Zeus et ennemie des Troyens. Énée a pour mère la déesse Vénus. Rappelons ainsi son ascendance divine et citons l’ouverture du poème qui suit :

Je chante les combats du héros prédestiné, qui, fuyant les rivages de Troie, aborda le premier en Italie. Longtemps il fut malmené sur terre et sur mer par les dieux, à cause de la cruelle Junon. Il endura bien des difficultés à la guerre, avant de fonder sa ville et d'introduire ses dieux au Latium, le berceau de la race latine, des Albains nos pères et de Rome. (Livre I, vers 1-11)

Pourquoi l’Énéide de Virgile est considérée comme une œuvre fondatrice 
La reine Didon folle de désespoir finit par se donner la mort. (Image : wikimedia / Andrea Sacchi / Domaine public)

Énée et Didon reine de Carthage : le drame

Le récit porte sur l’arrivée du prince Énée à Carthage où règne la reine Didon qui tombe éperdument amoureuse du troublant Énée. Celui-ci se mit à oublier la véritable nature de sa mission. Rappelé à l’ordre par le dieu Hermès aux pieds ailés, le prince troyen abandonne Didon qui le voue à la malédiction. La scène, l’une des plus célèbres du poème présage pour certains l’inimitié, voire la guerre à venir opposant Rome à Carthage. La reine Didon folle de désespoir finit par se donner la mort.

La première partie de l’Énéide de Virgile s’achève avec le livre VI et met en scène un autre passage de l’œuvre à forte valeur esthétique et dramatique. Il s’agit de la descente aux enfers du héros : Énée y retrouve son père Anchise. Celui-ci le conduit au sommet d’une colline où défile sous ses yeux toute sa lignée jusqu’à Auguste. Il explique :

C'est sous la protection de ce héros au passage, mon fils, que l'illustre Rome portera son Empire sur toute la terre et que sa valeur atteindra celle de l'Olympe. [...] Maintenant, tourne les yeux de ce côté, vois cette nation : ce sont tes Romains. [...] Voici le héros [...] : Auguste César, né d'un dieu, il créera un nouveau siècle d'or dans le Latium. ( livre VI, vers 760-793)

Notons au passage l’allusion à l’Olympe, dont le sort évoque celui de de l’empire romain.
Que va-t-il se passer dans les derniers livres de VII à XII ?

La suite vous sera révélée dans une prochaine édition.

Soutenez notre média par un don ! Dès 1€ via Paypal ou carte bancaire.

Pour améliorer votre expérience, nous (et nos partenaires) stockons et/ou accédons à des informations sur votre terminal (cookie ou équivalent) avec votre accord pour tous nos sites et applications, sur vos terminaux connectés.
Accepter
Rejeter