L’empereur et la promesse du couloir de la mort

Par Vision Times
Le 26/03/2020

L’empereur Taizong de la dynastie Tang a été l’un des plus sages et des plus grands empereurs de l’histoire chinoise. (Image : wikimedia / CC0 1.0)
L’empereur Taizong de la dynastie Tang a été l’un des plus sages et des plus grands empereurs de l’histoire chinoise. (Image : wikimedia / CC0 1.0)
 

L’empereur Taizong de la dynastie Tang a été l’un des plus sages et des plus grands empereurs de l’histoire chinoise. Le règne de l’empereur Taizong (626-649), également connu comme «l’ère du bon gouvernement de Zhenguan (1)», a suscité l’admiration de générations de Chinois.

Il était célèbre pour ses innovations en matière d’administration et reconnu pour ses vertus. Dans le livre Zizhi Tongjian (2), il y a une histoire remarquable sur un «accord de mort» conclu entre l’empereur Taizong et 390 prisonniers du couloir de la mort. En lisant cette histoire, on ne peut qu’être impressionné par l’esprit de l’empereur Taizong.

Taizong était un empereur très bienveillant et n’aurait jamais préconisé de punitions sévères ou des actes de cruauté

Lors du processus de révision de la peine de mort pour les prisonniers, il a édité un décret selon lequel tous les cas de peine de mort devaient être signalés à l’empereur à trois reprises (ce chiffre a ensuite été porté à cinq). Ce processus exhaustif devait permettre de s’assurer que tous les recours étaient épuisés, que toutes les circonstances atténuantes étaient prises en compte et que tous les appels étaient équitables. Ainsi, il s’assurait qu’aucun bon prisonnier n’était injustement exécuté.

Au cours du dernier mois lunaire de la septième année du règne de Taizong (633), il se rendit dans la prison du tribunal, où 390 condamnés à mort attendaient l’exécution de leur peine. Ces prisonniers avaient tous été soumis à des procédures rigoureuses de contrôle et ne pouvaient plus être pardonnés pour leurs crimes.

 

Une section d'un des parchemins originaux du Zizhi Tongjian. (Image : wikimedia / CC0 1.0)
Une section d’un des parchemins originaux du Zizhi Tongjian. (Image : wikimedia / CC0 1.0)
 

Malgré tout cela, l’empereur Taizong au cœur bienveillant, accorda aux condamnés à mort une dernière chance. Il avait de l’empathie même pour ceux qui méritaient la mort. L’empereur Taizong interrogea personnellement les prisonniers pour lesquels il n’y avait plus aucun doute quand à leur culpabilité, et qui avaient exprimé un vif désir de rentrer chez eux pour rendre une dernière visite à leurs parents et à leurs épouses.

Après un moment de méditation, l’empereur Taizong annonça  une décision qui surprit tout le monde. Il dit aux prisonniers : «Vous pouvez rentrer chez vous et vous réunir avec vos proches. Passez les derniers moments qu’il vous reste à vivre dans l’amour et les attentions, mais vous êtes tenus de respecter une promesse solennelle. Promettez de retourner à Chang’an à temps, le quatrième jour du neuvième mois lunaire de l’année prochaine, pour y subir votre condamnation à mort».

Après avoir entendu la proposition de l’Empereur Taizong, les prisonniers n’en crurent pas leurs oreilles et applaudirent très fort

Qing Daizhou, le secrétaire aux affaires intérieures, se sentit nerveux et rappela à l’empereur : «Ces gens sont tous des  meurtriers, ils sont très coupables et on ne peut pas leur faire confiance. S’ils ne reviennent pas le moment venu, comment allons-nous les convaincre ? S’il vous plaît, réfléchissez-y à deux fois !»

L’empereur Taizong répondit avec détermination : «Vous devez utiliser un cœur sincère en échange de la loyauté et je crois qu’ils ne décevront pas cette confiance».

Ce jour-là, en la huitième année de Zhenguang (634 ap. J.-C.), les rues de la ville de Chang’an étaient bondées de monde. Tout le monde se demandait si ces prisonniers allaient vraiment remplir leur vœu et revenir pour faire face à leur peine.

Les prisonniers du couloir de la mort revinrent effectivement, les uns après les autres. Les responsables de la prison comptèrent le nombre de prisonniers et constatèrent qu’il manquait un condamné. D’après le registre, Xu Fulin qui vivait à Fufeng, Gyeonggi, n’était toujours pas revenu.

Tous les yeux se tournèrent vers l’empereur Taizong  pour l’observer, tandis qu’il demeurait calme et serein

Il demanda à tout le monde : attendez encore un peu. Deux heures plus tard, Xu Fulin n’était toujours pas revenu. Les gens commencèrent à murmurer qu’il pourrait ne jamais revenir pour faire face à sa sentence. Juste à ce moment-là, on vit s’approcher une charrette à bœufs et Xu Fulin apparut enfin. Il s’est avéré qu’il était tombé malade sur le chemin du retour et qu’il avait dû louer la charrette pour le ramener.

À ce moment-là, le visage de l’empereur Taizong afficha un sourire rassurant. Il prit alors une décision étonnante. Il gracia tous les prisonniers du couloir de la mort. Ces prisonniers endurcis du couloir de la mort ont bénéficié d’une sacrée chance, et grâce à leur intégrité, ils ont pu conserver la vie.

L’empereur Taizong de la dynastie des Tang mérite vraiment d’être honoré comme un empereur de grande sagesse. Il a utilisé son cœur aimant, sa gentillesse, sa compassion et sa sagesse pour redresser et réintégrer un groupe de condamnés à mort endurcis. Et même si l’histoire remonte à une période ancienne, sa bienveillance est très touchante et reste exemplaire pour notre époque.
 

(1) - Zhenguan est le nom historique de l’Empereur Taizong. Sous son règne. Le pays était dirigé avec vertu et la confiance régnait tant au sein du peuple que vis à vis des dirigeants.

(2) - Ouvrage de référence rédigé par l’historien chinois du XIe siècle Sima Guang (1019-1086) 


Traduit par Charlotte Clémence

Version en anglais : The Emperor and the Death Row Promise