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Monde. Russie : suite à une recrudescence des infections virales et des décès, Vladimir Poutine ordonne une semaine de congés payés

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La Russie fait de nouveau face à une recrudescence des cas de Covid-19. Au cours des trois dernières semaines, le pays a enregistré à plusieurs reprises un nombre record d’infections virales et de décès. Pour faire face à la crise, Moscou a mis en place de nouvelles restrictions.

« Afin d’empêcher la poursuite de la propagation du coronavirus (Covid-19) et de protéger la santé publique, le Président a annoncé que du 30 octobre au 7 novembre 2021 inclus, les jours fériés seront payés », a indiqué le Kremlin dans un communiqué.

Le 20 octobre, le groupe de travail gouvernemental a fait état de 1 028 décès au cours des 24 heures précédentes, le chiffre le plus élevé depuis le début de la pandémie. Selon le site Our World in Data, le nombre le plus élevé de décès en une journée en Russie en octobre dernier était d’environ 305, basé sur un enregistrement au 31 octobre 2020.

Le bilan des décès au 20 octobre 2021 représente une augmentation de 237 % par rapport aux chiffres d’octobre dernier. La Russie compte le plus grand nombre de décès dus à la Covid-19 en Europe, avec plus de 226 000 décès.

« Je pense que le pays est en train de sombrer dans la catastrophe… J’ai l’espoir que nous arriverons bientôt à une certaine limite au-delà de laquelle nous n’irons pas, mais la morbidité et la mortalité restent très élevées. Les hôpitaux sont débordés », a déclaré à CNN, Vasily Vlassov, épidémiologiste russe et ancien conseiller de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le Président Vladimir Poutine a approuvé la recommandation du Cabinet pour une période d’arrêt de travail à partir du 30 octobre. Dans les régions où les cas de Covid-19 sont plus graves, la période d’arrêt de travail a pu être effective dès le 23 octobre et pourra se prolonger au-delà du 7 novembre.

« Notre tâche aujourd’hui est de protéger la vie et la santé de nos citoyens et de minimiser les conséquences de la dangereuse infection… Pour y parvenir, il faut tout d’abord ralentir le rythme de la contagion et mobiliser les réserves supplémentaires du système de santé, qui fonctionne actuellement sous une forte pression », a déclaré Vladimir Poutine lors d’un appel vidéo.

La période d’inactivité est censée empêcher la propagation du virus en maintenant les gens hors des bureaux et des transports publics. Actuellement, Moscou et d’autres grandes villes permettent au public d’accéder aux cinémas, aux restaurants, aux bars, aux salles de sport et aux cafés.

La vice-première ministre Tatyana Golikova, qui dirige le groupe de travail, a souligné que la semaine chômée devait inclure une restriction de l’accès aux théâtres, aux restaurants et autres lieux de divertissement. Elle a également exhorté les citoyens à ne pas voyager pendant cette période. Après l’annonce de ce plan gouvernemental, de nombreux Russes ont décidé de profiter de cette pause pour réserver des vols vers des stations balnéaires de la mer Noire.

Pour aider les entreprises à absorber le choc économique lié aux jours chômés, le gouvernement a annoncé une compensation sous la forme de crédits à faible taux d’intérêt et d’un paiement unique équivalent au salaire mensuel minimum d’un employé.

Parallèlement, la campagne de vaccination lancée par le gouvernement a été accueillie avec réserve. Sur les 146 millions de personnes que compte le pays, environ 45 millions ont été entièrement vaccinées. Dans des pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni et le Portugal, le pourcentage de la population entièrement vaccinée est respectivement 56, 67 et 86 %.

Le président Vladimir Poutine semble perplexe face à ce faible taux de vaccination. Même certains de ses amis, qui ont promis de se faire vacciner après lui, tardent à le faire. Il a exhorté les citoyens à se faire vacciner, affirmant que le vaccin Sputnik V, fabriqué dans le pays, est « fiable et efficace ».

Les experts estiment que le faible taux de vaccination en Russie est le résultat d’une profonde méfiance de la population envers l’État, qui avait déclaré au début de l’année avoir vaincu la pandémie. Les autorités ont également diffusé une propagande sur la suprématie des vaccins nationaux par rapport aux vaccins occidentaux, ce qui aurait pu avoir un impact négatif sur l’opinion publique.

Rédacteur Fetty Adler

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