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Culture. La libération des Juifs de Babylone par le roi perse Cyrus le Grand

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Le roi perse Cyrus le Grand conquit Babylone en 539 av. J.-C. Peu de temps après, il émit un décret de tolérance religieuse permettant aux Juifs exilés de retourner dans leur terre d'origine, la Judée, où ils purent reconstruire, avec l'aide financière de Cyrus, le Temple de Jérusalem.

L'esprit magnanime de Cyrus au cours de ses vastes conquêtes

Quand Cyrus devint roi de la Perse vers 550 av. J.-C., à la mort de son père le roi Cambyse, il réunifia le pays. Puis il entra en conflit militaire avec son grand-père Astyage, roi des Mèdes, dont la Perse était vassale. Victorieux, il unifia les royaumes perse et mède.

Durant les dix années suivantes, il conquit un grand nombre de territoires allant de l'Himalaya jusqu'à la Méditerranée. C'était un souverain charismatique, visionnaire et tolérant que les peuples conquis appréciaient et auquel ils obéissaient.

La libération des Juifs de Babylone par le roi perse Cyrus le Grand
Cyrus était un souverain charismatique, visionnaire et tolérant que les peuples conquis appréciaient et auquel ils obéissaient. (Image : wikimedia / Jacob van Loo / Domaine public)

Cyrus permettait aux peuples de conserver leurs coutumes et leurs structures de gouvernance. Cette approche favorisa la stabilité et la cohésion de l’empire achéménide, et laissa une empreinte durable sur les sociétés qu’il intégra.

La Perse achéménide et le roi Cyrus II le Grand furent présentés dans la Bible hébraïque de manière très positive. Les Grecs le reconnurent comme un grand conquérant, sage et magnanime envers les vaincus. En Iran, on le considéra comme une figure fondatrice de l'histoire nationale. 

En l'an 539 avant notre ère, Cyrus entreprit de conquérir Babylone et la Babylonie, certainement à cette époque la plus majestueuse des villes et le plus puissant royaume du Moyen-Orient. Cyrus avait une stratégie face à cette cité puissante entourée de douves profondes, remplies en permanence par l'eau du fleuve Euphrate, que surplombaient d'immenses murailles. En amont de Babylone, l'armée de Cyrus détourna l'Euphrate pour faire baisser l'eau dans les douves.

Ce fut une attaque surprise dans la nuit du 5 au 6 octobre, les Babyloniens, se croyant en sécurité, avaient laissé les portes de la ville ouvertes et festoyaient avec leur roi, Nabonide. Il y eut peu de résistance face à l'armée perse. Cyrus mit ainsi fin au grand empire néo-babylonien de Nabuchodonosor II.

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Les Babyloniens, se croyant en sécurité, avaient laissé les portes de la ville ouvertes et festoyaient avec leur roi, Nabonide. (Image : wikimedia / Jona lendering / CC BY 3.0)

La déportation des Juifs à Babylone

L'exil à Babylone de l'élite juive de Jérusalem et du royaume de Juda eut lieu sous le règne de Nabuchodonosor II. Selon l'article « La diaspora babylonienne dans l'histoire juive » du site morasha.com.br, les déportations du peuple juif commencèrent quand Nabuchodonosor II conquit l'Égypte. Le royaume de Juda, tributaire de l'Égypte, passa alors sous domination babylonienne. 

Deux rois successifs de Juda, à dix ans d'intervalle, se rebellèrent contre l'empire babylonien. En représailles, les armées babyloniennes de Nabuchodonosor assiégèrent Jérusalem et purent entrer dans la ville. Le premier roi capitula rapidement et se rendit pour sauver Jérusalem de la destruction. Le second roi résista pendant deux ans au siège des babyloniens. Quand Nabuchodonosor entra dans la ville, et cette fois-ci, il la détruisit totalement ainsi que le Saint Temple.

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Nabuchodonosor entra dans Jérusalem, et cette fois-ci, il la détruisit totalement ainsi que le Saint Temple. (Image : wikimedia / Didier Descouens / Domaine public) 

Lors de ces deux événements, des milliers de juifs furent massacrés. Néanmoins d'autres milliers de citoyens de Juda furent alors envoyés en exil à Babylone, et le royaume de Juda, jusque-là indépendant, devint une province de l'empire néo-babylonien. 

« À Babylone, les Juifs ne sont pas réduits en esclavage – ni maltraités – et bénéficient d’une autonomie communautaire et d’une liberté religieuse », selon l'article du site morasha.com.br. Cela s'explique, pour les historiens, par la présence déjà de longue date d'autres groupes de Juifs exilés, notamment celui constitué de descendants des dix tribus déportées par les Assyriens au VIIIe siècle av. J.-C.

La plupart s'étaient assimilés et intégrés aisément à la vie économique de l'empire néo-babylonien d'une grande prospérité à cette époque. « Cependant, malgré cette intégration et l'adoption de l'araméen comme langue quotidienne, les Juifs ne se mélangent pas aux populations païennes. Ils vivaient et se mariaient entre eux et s'accrochaient vigoureusement à leur foi et au souvenir de la Terre que l'Éternel leur avait promise », selon la même source que précédemment, morasha.com.br.

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La plupart s'étaient assimilés et intégrés aisément à la vie économique de l'empire néo-babylonien d'une grande prospérité à cette époque. (Image : wikimedia / MohammadHuzam / CC BY-SA 4.0)

Les juifs qui en terre d'Israël avaient été principalement des paysans et des éleveurs, apprirent d'autres métiers, exercèrent d'autres activités tout au long de leur exil dans cette cité prospère. Beaucoup devinrent commerçants, d'autres travaillèrent dans l'importation et l'exportation. Selon le site morasha.com.br : « Les routes commerciales babyloniennes les conduisirent vers tous les coins du monde connus jusqu’alors. Une activité commerciale d’une telle ampleur nécessitait un système bancaire adapté. Par conséquent, ils sont devenus financiers et banquiers ». 

L'édit du cylindre d'argile de Cyrus

La tolérance et la magnanimité de Cyrus II s'exprimèrent dans le décret qu'il émit après la conquête de Babylone. L'édit fut inscrit sur un cylindre d'argile retrouvé dans les ruines de Babylone en 1879. Il fut gravé en écriture cunéiforme. 

La libération des Juifs de Babylone par le roi perse Cyrus le Grand
L'édit de Cyrus fut inscrit sur un cylindre d'argile, retrouvé dans les ruines de Babylone en 1879. (Image : wikimedia / dynamosquito from France / CC BY-SA 2.0) (Image : wikimedia / Fæ - Own work / CC BY-SA 3.0)

Globalement, le texte peut être divisé en deux parties. Dans la première partie, Cyrus parle à la troisième personne. Il y est question de Nabonide, le dernier roi de Babylone, qui a interdit le culte du dieu Marduk et a opprimé ses sujets. Cyrus vient alors pour restaurer le culte et libérer le peuple babylonien de ce mauvais roi. Cyrus y est aussi appelé à gouverner le monde entier.

Dans la deuxième partie, Cyrus parle à la première personne, donne ses titres et les noms de ses ascendants. Il déclare qu'il a garanti la paix du pays, pour laquelle lui et son fils Cambyses ont reçu la bénédiction du dieu Marduk. Il décrit sa restauration du culte et la permission qu'il donne aux peuples exilés de retourner dans leur patrie.

Différentes interprétations ont été faites de l'édit de Cyrus gravé sur le cylindre d'argile. Certains historiens y voient un témoignage véridique des actions de Cyrus et des événements de l'époque. Certains le considèrent comme un document de propagande en faveur de Cyrus contre le roi Nabonide. D'autres y voient une confirmation des écrits et des prédictions de la Bible. 

La libération des Juifs de Babylone par le roi perse Cyrus le Grand
L'empereur encouragea la pratique des cultes et permit aux peuples exilés de retourner dans leur patrie. (Image : wikimedia / Jean Fouquet / Domaine public)

Une interprétation relativement récente l'envisage comme la première charte des droits de l'homme. Une thèse reprise par le shah d'Iran en 1971 lors du 2500e anniversaire de la monarchie perse, dans le but de légitimer son gouvernement, selon le média worldhistory.org, dans son article Cylindre de Cyrus. Selon l'article « parler de droits de l'homme ou de charte est un anachronisme (…) comme le prouve l'existence de multiples sortes d'esclaves sous la domination achéménide ».

Quelques soient les interprétations, le cylindre de Cyrus reste un objet de grande valeur historique, révélant les pensées et la volonté d'un empereur respecté, d'une grande moralité et sagesse.

La mansuétude de Cyrus envers le peuple juif exilé

Selon l'article Cyrus II le Grand, l'empire des Achéménides, du site archéobiblion.fr, l'édit de Cyrus semblait concerner surtout « la population de l’ancien royaume de Juda exilée de Jérusalem, plutôt que la totalité de la Diaspora juive éparpillée dans l’empire médo-perse ». Ce fut la première vague du retour des Juifs à Jérusalem et en Judée.

La libération des Juifs de Babylone par le roi perse Cyrus le Grand
Cyrus autorisa tous les Hébreux à retourner à Jérusalem, et incita ceux qui rentrèrent à reconstruire le Temple. (Image : wikimedia / Andrew Shiva / Wikipedia / CC BY-SA 4.0)

Cyrus manifesta une grande mansuétude envers les Judéens de Babylone, en leur restituant tous les objets précieux de culte emportés par son prédécesseur. De plus, il autorisa tous les Hébreux à retourner à Jérusalem, et incita ceux qui rentrèrent à reconstruire le Temple, faisant lui-même des dons généreux pour leur permettre cette réalisation. 

Plus de quarante mille Juifs auraient profité de cette autorisation. Mais beaucoup s'étaient bien intégrés dans la société babylonienne et choisirent de rester à Babylone, constituant ainsi le premier centre de la Diaspora juive.

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