Les personnes puissantes et influentes peuvent sembler capables de tout contrôler, mais la culture chinoise traditionnelle a toujours affirmé que nul ne peut échapper aux lois de la vie, de la maladie, du vieillissement, de la mort et des conséquences morales. L’argent et le statut social peuvent certes résoudre bien des problèmes, mais ils ne sauraient effacer les conséquences morales de nos actes.
Un récit étrange datant de la dynastie Tang relate l’histoire d’un puissant gouverneur militaire dont les souffrances étaient incurables, car la véritable cause de son mal ne résidait pas dans son corps.
Une maladie incurable
Durant l’ère Huichang de la dynastie Tang, un homme nommé Wang Yao transmit une histoire singulière qu’il tenait d’un ancêtre. Cet ancêtre, simplement identifié comme Wang, était originaire de Qingzhou et avait servi sous les ordres du gouverneur militaire de Pinglu. À l’époque Tang, un gouverneur militaire, ou jiedushi, était une autorité régionale de haut rang, détenant à la fois le pouvoir militaire et administratif.

Le gouverneur sous les ordres de Wang s’appelait Li. Son nom personnel s’est perdu dans l’oubli, mais un détail demeurait gravé dans les mémoires : il souffrait terriblement de plaies récurrentes au dos. Ces blessures lui causaient des douleurs constantes et son état ne s’améliorait pas.
Grâce à son rang, Li avait accès aux meilleurs médecins. Pourtant, aucun ne parvint à le guérir. Aucun traitement ne lui apporta de soulagement durable et la maladie continua de le tourmenter.
Wang, affligé par l’état de son seigneur, décida de tenter l’impossible. Après avoir obtenu la permission, il prépara des offrandes et entreprit le long voyage jusqu’au Mont Tai, l’une des montagnes les plus sacrées de Chine, pour prier au temple de la divinité de la montagne.
Une prière au Mont Tai

Au temple, Wang pria avec une sincérité absolue. Selon le récit, sa dévotion incita la divinité du mont Tai à lui apparaître. Submergé par l’émotion, Wang se prosterna et pleura à plusieurs reprises, implorant la divinité de faire preuve de miséricorde et de sauver son maître.
Mais la divinité refusa d’accéder à sa requête.
Au lieu de cela, la vérité sur la maladie fut révélée. Le gouverneur Li, bien que puissant et respecté en apparence, n’avait pas rempli ses devoirs avec vertu. En secret, il avait commis de nombreux actes répréhensibles et infligé des châtiments sans discernement à d’autres êtres vivants. Ces actes avaient engendré des conséquences karmiques. Les esprits lésés étaient descendus aux enfers pour l’accuser et réclamer justice.
Les plaies sur le dos de Li, expliqua la divinité, étaient la manifestation visible de ce châtiment. Si elles réapparaissaient sans cesse, c’est parce qu’aux enfers, Li était fouetté. Ce qui se voyait sur son corps dans le monde des vivants reflétait ses souffrances. Il ne s’agissait pas d’une maladie ordinaire, et aucun médecin terrestre ne pouvait la guérir. C’était un châtiment céleste, et il n’y aurait pas de guérison.
La vérité aux enfers : le châtiment suite aux conséquences morales de toute une vie

Après avoir appris cela, Wang formula une dernière requête. Il demanda s’il pouvait voir le gouverneur Li.
Plus tard, de retour du Mont Tai, Wang raconta tout à la famille de Li. Le gouverneur était déjà décédé des suites de sa maladie. Lorsque Wang raconta ce qu’il avait vu et entendu, la femme de Li ne le crut pas et exigea des preuves.
Wang expliqua qu’il avait été emmené aux enfers et qu’on l’avait autorisé à y rencontrer le gouverneur. Il avait vu Li ligoté. Durant cette rencontre, Li avait arraché un morceau de sa manche et l’avait confié à Wang, lui demandant de le rapporter à sa famille comme preuve.
La preuve rapportée à la famille

Lorsque la femme de Li reçut le morceau de tissu déchiré, elle examina les vêtements que son mari portait vers la fin de sa vie. Là, comme Wang l’avait prédit, elle constata une déchirure sur la manche. Plus frappant encore, le tissu portait encore des taches de sang provenant des plaies du gouverneur.
Cette découverte la convainquit que Wang avait dit vrai.
Ce récit présente la maladie non seulement comme une souffrance physique, mais aussi comme le reflet de causes morales plus profondes. Il sert également d’avertissement : le pouvoir ne place pas l’individu au-dessus des lois. Même les actes dissimulés aux yeux d’autrui peuvent avoir des conséquences.
Rédacteur Charlotte Clémence
Source : A Tang Dynasty Tale of Illness, Wrongdoing, and Moral Consequence
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