C’est dans un cadre calme et attentif que s’est tenue, mardi 7 avril 2026, la projection du documentaire Organes d’État à la résidence Domitys, La Basaltik, à Agde dans la Région Occitane. Porté par une volonté d’information et de sensibilisation, ce film s’inscrit dans une démarche visant à examiner des allégations de prélèvements forcés d’organes en Chine.
Organes d’État : un documentaire primé au cœur d’un enjeu international
Récompensé dans plusieurs festivals internationaux, dont les Leo Awards, Organes d’Etat s’impose comme une œuvre d’investigation reconnue : il souligne l’intérêt croissant pour cette question sensible et encore méconnue du grand public.
Le documentaire s’intéresse à une problématique dénoncée depuis plusieurs années par des ONG, des chercheurs et certaines institutions internationales : la question des prélèvements d’organes sur des prisonniers de conscience en Chine.. Le film met en avant des témoignages de familles, d’anciens détenus et de professionnels de santé, tout en s’appuyant sur des enquêtes indépendantes.
Les autorités chinoises rejettent ces accusations, qui ont néanmoins été examinées et prouvées par plusieurs rapports internationaux. Des parlementaires, des experts, des associations des Droits de l’Homme (Amnesty International, ETTAC…) ont pu révéler l’ampleur de ces pratiques structurées en vue de transplantation. Plusieurs enquêtes indépendantes, ont du reste été menées par l’avocat canadien David Matas et l’ancien Secrétaire d’État David Kilgour, pour documenter leurs allégations dans plusieurs rapports publiés dès 2006.

Dès les premières images du documentaire Organes d’État, le ton est donné : celui d’un récit qui lève le voile sur des pratiques de prélèvements forcés d’organes en Chine. Le film suit le combat de familles confrontées à la disparition brutale de leurs proches, arrêtés arbitrairement puis happés par un système opaque. À mesure que l’enquête progresse, l’horreur s’installe. Le spectateur découvre une mécanique glaçante, où des vies humaines deviennent une ressource, au mépris de toute dignité.
Le Falun Dafa au centre du récit
Dans ce film une place importante est accordée au Falun Dafa (également appelé Falun Gong), une discipline traditionnelle chinoise s’appuyant sur des exercices méditatifs et des principes moraux autour de l''Authenticité, .la Bienveillance et la Compassion.
Depuis le 20 juillet 1999, cette pratique est interdite et réprimée en Chine. Selon de nombreux témoignages, enquêtes et rapports, les pratiquants feraient partie des principales victimes des détentions arbitraires et de prélèvements forcés d’organes.
La projection a également été l’occasion de présenter cette pratique au public, certains participants exprimant leur intérêt pour ses aspects liés au bien-être et à la méditation.
Une projection suivie d’échanges avec le public
À l’issue de la projection, des échanges ont permis d’aborder les enjeux soulevés par le documentaire, notamment la distinction entre le don d’organes encadré par la législation dans de nombreux pays et les pratiques illégales de prélèvements forcés d’organes en Chine dénoncées dans certains rapports.
Plusieurs spectateurs ont accepté de partager leur ressenti. Pour Isabelle Morin : « Une réalité que je ne soupçonnais pas », a-t-elle expliqué. Encore marquée par les images, elle a évoqué un profond ressenti. « Je suis profondément choquée… c’est difficilement concevable aujourd’hui », a-t-elle confié. Elle a insisté sur l’importance de distinguer le don d’organes, qu’elle soutient, de ces pratiques qu’elle juge « inacceptables », notamment lorsqu’elles concernent des personnes vivantes.
L’animatrice de la résidence a exprimé « une colère qui ne retombe pas ». De plus, l’expérience a été marquante : « On ne peut pas détourner le regard », a-t-elle affirmé avec gravité. « C’est extrêmement difficile d’accepter que de telles atrocités aient pu exister aussi longtemps et existent encore aujourd’hui ». Elle a souligné le rôle essentiel de ce type de projection dans la sensibilisation du public et appelle à multiplier ces initiatives.
« Une atteinte insupportable à la dignité humaine » a exprimé une professionnelle de santé. « Il faut que cela cesse immédiatement », a-t-elle précisé. Très touchée, elle a évoqué les notions de « victimes » et de « martyrs », et a insisté sur la responsabilité collective face à de telles dérives.
Une initiative associative tournée vers l’information
À l’origine de cette projection, l’association Vie et Bien-être, présidée par Mme Thuy Phi, poursuit un objectif de sensibilisation à des thématiques peu médiatisées.
Au-delà de l’émotion, l’événement a permis d’apporter des éléments d’information et d’ouvrir un espace de discussion. Plusieurs participants ont reconnu découvrir cette problématique pour la première fois.
Organes d’États’inscrit dans une démarche d’information qui interroge et invite à la réflexion. Pour les organisateurs comme pour les spectateurs, sa diffusion apparaît comme un moyen de mieux faire connaître un sujet complexe au croisement de la santé, de l’éthique et des droits fondamentaux.
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