Les herbiers marins sont les poumons verts de nos océans. Ces prairies sous-marines fournissent une abondance de vie, purifient l'eau et stockent le carbone. À l’occasion de la Journée mondiale des herbiers marins, ce 1 mars 2026, découvrez pourquoi ces écosystèmes méconnus sont vitaux pour la santé de la planète.

Les herbiers marins ne sont pas des algues, mais des prairies
Les herbiers marins sont des plantes à fleurs avec des racines, des tiges et des feuilles, contrairement aux algues. Comme les prairies terrestres, elles s'enracinent dans le sable et stabilisent le fond marin. Ils se développent dans les régions côtières peu profondes où la lumière pénètre facilement.
En revanche, les algues n'ont pas de racines, elles adhèrent donc souvent aux rochers ou flottent librement. Selon l'UNESCO et l’ONU, les herbiers marins poussent dans plus de 159 pays couvrant plus de 300 000 km². Ils sont l'un des environnements côtiers les plus répandus au monde. C’est une source de biodiversité et de carbone bleu.
Saviez-vous que les herbiers marins occupent à peine 0,1 % du fond océanique ? Cependant, ils aident à nourrir et abriter des milliers d'espèces telles que les poissons, les hippocampes et les tortues, selon l’ONU. Ces prairies sous-marines sont des pépinières pour de nombreux jeunes poissons cruciaux pour les pêcheries le long des côtes.
Les herbiers marins protègent également la qualité de l'eau en filtrant les nutriments et les polluants, empêchant la contamination des fruits de mer. Ils ralentissent les vagues, limitent l'érosion des plages et protègent le fond marin. Selon l'ONU, les herbiers marins peuvent également retenir jusqu'à 18 % du carbone océanique, ou carbone bleu. Sur la même surface, ce stockage peut surpasser certaines réserves des forêts tropicales, ce qui signifie que les herbiers marins sont de grands alliés contre le changement climatique.

Les herbiers marins en danger
Selon les Nations Unies, 30 % de la surface mondiale des herbiers marins a déjà disparu depuis la fin du XIXe siècle. Une étude scientifique internationale citée par le PNUE révèle que le taux de perte a augmenté, passant à 7 % par an depuis les années 1990. Cela est similaire à la disparition des mangroves et des récifs coralliens.
Le changement climatique affaiblit les herbiers marins. L'augmentation des températures freine leur croissance et peut les mener à la mort. La pollution côtière, le ruissellement et l'urbanisation troublent l'eau et empêchent la lumière d'atteindre ces prairies sous-marines.
Les herbiers marins sont également endommagés par les ancres de bateaux qui les arrachent, le chalutage qui laboure le fond marin, et certaines algues invasives qui les recouvrent et les étouffent. L'ONU nous rappelle qu'au moins 22 des 72 espèces d'herbiers marins sont actuellement en déclin et plus d'un cinquième ont été classées comme menacées ou quasi-menacées sur la Liste rouge de l'UICN.

Préserver la faune des herbiers marins
Les Nations Unies ont mis en place la Journée mondiale des herbiers marins pour rappeler aux États de protéger ces écosystèmes et d'intégrer le carbone bleu dans leurs politiques climatiques. Ce jour-là, les gouvernements, les scientifiques et les citoyens se réunissent pour travailler ensemble et soutenir les herbiers marins.
En France, les herbiers de Posidonie variété endémique de la Méditerranée, sont surveillés dans des zones marines spécialement protégées comme le Parc national de Port-Cros et le Parc naturel marin du Golfe du Lion. La surveillance de ces herbiers marins, selon l'Office français de la biodiversité et l'IFREMER, permet au pays de suivre les mesures qu'il utilise pour les protéger, y compris les restrictions d'ancrage ainsi que le traitement de l'eau.
Les herbiers marins peuvent être restaurés. Des programmes pilotes financés par des initiatives mondiales de restauration simulent la replantation de pousses et l'allègement des pressions humaines. Cette restauration est promue par l'ONU comme un outil pour atteindre certains des objectifs de développement durable, notamment la réduction des émissions de carbone, la protection de la vie aquatique et le renforcement des communautés côtières.

Les herbiers marins : ce que chacun doit faire
Les agences de l'ONU proposent de réduire la pollution domestique se retrouvant dans la mer en limitant les produits chimiques et en utilisant des détergents plus propres. Réduire les plastiques à usage unique bénéficie également aux herbiers marins, car les polluants peuvent étouffer les plantes et perturber la faune qui vit dans la région.
Les gestionnaires des zones marines protégées en France invitent les bateaux à utiliser des zones de mouillage organisées. Chacun peut faire un don à des organisations visant à protéger la côte, aider à nettoyer les plages et s'informer sur les herbiers marins lors de la Journée mondiale des herbiers marins, le 1er mars.

Magie silencieuse parmi les herbiers marins
Lorsque nous plongeons, les herbiers se transforment soudainement en une vaste prairie qui change de couleur selon la lumière. Des rayons de lumière scintillants baignent leurs feuilles d'une teinte dorée. Des bancs de poissons juvénils nagent à travers les lames vertes, et les hippocampes s'accrochent aux tiges, ce qui à son tour amène les tortues car c’est leur garde-manger.
Les herbiers marins offrent à la mer un répit silencieux mais indispensable, apportant protection et équilibre. La Journée mondiale des herbiers marins nous ramène à l'idée que si nous préservions ces prairies sous-marines, nous pourrions avoir un avenir serein pour l'océan et tous ceux qui en dépendent pour leur survie, y compris nous, les humains.
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