Le Nil, le Mississipi, et plus près de nous, la Seine, la Loire, fleuves d’ici et d’ailleurs : ils évoquent passion et fascination. Certains parlent de pouvoirs des fleuves. Voyons précisément en quoi ces véritables forces de la nature ont pu bâtir des berceaux de civilisations majeurs.
Présenter la Seine en quelques chiffres
La Seine serait née il y a plus de12 000 ans à l’époque du néolithique. Elle mesure 777 km ce qui en fait le fleuve le plus court de France. Elle traverse 12 départements et la population riveraine représente 30 millions d’habitants. Sa profondeur est comprise entre 3, 40 m et 5,70 m tandis que sa hauteur normale se situe entre 1 et 2 m. Exceptionnellement cette hauteur s’est élevée à 8, 62 m lors de sa crue maximale qui eut lieu en 1910.
Ajoutons que la source de ce fleuve est située sur le plateau de Langres culminant à 447 m d’altitude.

Origines celtes
Le nom de la Seine provient de Sequana, le nom d’une divinité d’origine celte associée à l’action bienfaisante des sources. « Les fouilles menées de 1836 à 1967 ont permis de mettre au jour quelque 1 500 ex-votos, offrandes votives, en pierre, en bronze et en bois, dont les pèlerins faisaient don à Sequana. On pense que ces sculptures représentant des parties du corps symbolisaient des blessures ou des maladies nécessitant une guérison. », peut-on lire sur le site National Geographic.
Ces découvertes archéologiques ont permis de conclure que le fleuve était considéré comme une entité sacrée, pas seulement une voie de circulation. À ce titre, il paraît opportun de parler des « pouvoirs des fleuves » comme suggéré précédemment.
Les pouvoirs des fleuves face à l’histoire : la Seine, incarnation de Paris
Dès l’Antiquité, le sort de la Seine est étroitement lié à celui des Parisii, tribu gauloise qui utilise la Seine comme voie fluviale au IIIe siècle ap. J.- C.
Au Moyen Âge, du Xe au XVe siècles, la Seine contribue à l’essor de Paris qui s’érige peu à peu en capitale politique, économique et culturelle de la France. La ville redevient capitale sous Hugues Capet, situation qui lui avait échappé sous les Carolingiens. Notons qu’au XIXe siècle, les célèbres travaux haussmanniens en particulier vont transformer les quais et la navigation. Plus près de nous, aux XX et XXI e siècles, l’essor culturel de la ville aboutit à l’inscription des quais de la Seine au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1991. N’est-ce-pas là aussi une autre manifestation des pouvoirs des fleuves ?

Présentation de la Loire, autre fleuve français majeur
Avec ses 1020 km, la Loire est le plus long des fleuves français. Elle traverse uniquement la France et prend sa source à 1408 mètres d’altitude au niveau du mont Gerbier de Jonc. La Loire traverse 12 départements puis se jette dans l’Océan atlantique grâce à un large estuaire situé dans la grande ville de Saint-Nazaire. Retenons que le nom de la Loire vient du latin liger. C’est pourquoi il est question de région ligérienne ou de bassin ligérien.
La simple voie de communication devient axe stratégique
Pendant la période de la préhistoire, les Gaulois utilisaient la Loire comme simple voie de communication.
« Ce fleuve majeur de notre territoire représentait un des principaux itinéraires entre la Méditerranée et l’Océan atlantique, via le Bassin rhodanien. Sa position géographique et son étendue en faisaient un obstacle incontournable pour tous les itinéraires reliant le sud au nord de la Gaule. » rapporte l’ingénieure de recherche Annie Dumont selon un extrait de l’article intitulé : « Les ponts de la Loire à l’époque gallo-romaine » Des villes comme Orléans et Tours se seraient structurés grâce à la Loire.

L’âge d’or de la Loire, le fleuve royal
Dès le Moyen Âge pour des raisons de sécurité, les monarques du royaume de France préfèrent s’installer dans le Val de Loire, la région ligérienne. Plus tard, Charles VII trouve dans le sud de la Loire le refuge idéal. C’est au sein de cette région qu’il est en mesure d’exercer son pouvoir et de trouver des partisans. Le long des rives du grand fleuve des châteaux de plus en plus prestigieux se multiplient.
Le roi François 1er y installe sa cour. La construction des châteaux, véritables bijoux de la Renaissance, tel le château de Chambord et ses travaux gigantesques témoignent d’une volonté de montrer la puissance royale. Ainsi donc, l’adjectif « royal » se trouve associé à la Loire, fleuve symbolisant la culture française dans le monde.
La Loire, dernier fleuve sauvage d’Europe ?
Ce qualificatif de fleuve sauvage appliqué à la Loire vient du fait que la Loire a connu peu d’aménagements et de barrages. Elle a gardé un cours plutôt naturel. Avec un débit variant suivant les saisons les crues se produisent fréquemment. Son lit change souvent de forme et crée de nombreux bancs de sable. Cette particularité lui confère aussi un statut de fleuve « capricieux ».
Dans le même temps, le fleuve, doté d’une biodiversité unique produit des paysages à couper le souffle pour le plus grand bonheur des amateurs d’un nature sauvage, pleine de « caractère ».
En l’an 2000, le Val de Loire reçoit une haute distinction : il est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.
« Sur une carte qui en simplifie les contours, et où les bassins fluviaux de la France forment une série de croissants harmonieusement emboîtés, le bassin de la Loire, c’est le cœur élargi de la France. », a écrit la romancière Danièle Sallenave dans son ouvrage Dictionnaire amoureux de la Loire, édité en 2014.
Tout comme la Seine, la Loire fait partie de ces fleuves devenus mythiques, incarnant à eux seuls les emblèmes de la culture et de la nature françaises.
Dans un prochain chapitre, à travers d’autres exemples, nous aurons à cœur de prolonger notre regard du jour sur les surprenants pouvoirs des fleuves.
À suivre…
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