Spiritualité et arts : à la rencontre d’un artiste chinois

Vision Times
Le 12/10/2019
Le zen est né en Chine, d’un mélange unique entre le bouddhisme et le taoïsme, c'est au Japon que cette tradition spirituelle s'est enracinée. (Image : Pixabay)
Le zen est né en Chine, d’un mélange unique entre le bouddhisme et le taoïsme, c'est au Japon que cette tradition spirituelle s'est enracinée. (Image : Pixabay)
 

Kim Hoa Tram est né à Saïgon, Vietnam, en 1959. Il vit actuellement en Australie. Son art s’inspire en grande partie de sa pratique et son expérience du bouddhisme zen. Il est également connu sous son nom chinois de Shen Jinhe.

Les peintures zen

« Le zen est l'état d'esprit originel atteint par l'éveil spirituel. c'est le vide, la pureté et l’immobilité… C'est l'état d'esprit que j'aimerais exprimer dans mes œuvres. L'espace vide joue un rôle important dans mes travaux. C’est une " peinture invisible " que vous ne pouvez pas voir mais que vous pouvez entendre et ressentir », a déclaré Kim Hoa dans un communiqué (source : Eventfinda).

Avant de prendre un pinceau, il médite pour vider son esprit des pensées impures et erronées. Après avoir obtenu un état d'esprit pur, il s'efforce d'atteindre l’état de vide, sans aucune pensée et unifie finalement son esprit et son corps afin qu’ils ne deviennent qu’un, et qu’il  se sente bien. À ce moment, l’esprit est sans limite et les images jaillissent automatiquement au bout du pinceau. Il peint à un rythme rapide et les images sont imprégnées d’énergie vitale (Qi). Un observateur sensible à cette énergie se connectera instantanément à la résonance spirituelle des peintures de Tram.

Parmi les peintures qui expriment avec grâce le style de Kim Hoa Tram, on trouve une œuvre composée de deux sections intitulées « Delusion » et « Awakening » (Illusion et Éveil). Les deux sections comprennent quatre panneaux qui se lisent de droite à gauche. L’oiseau est le motif récurrent que l’on retrouve dans chaque panneau. Dans illusion, un oiseau insouciant semble chasser avec bonheur les feuilles mortes, qui représentent pour l’artiste, le désir et l’impermanence de la vie. Dans le troisième panneau, L’oiseau semble faire une pause au milieu des feuilles, et dans le dernier tableau, l’oiseau tombe à plat, comme si il était intoxiqué par le monde.
 

Dans «Illusion» et «Éveil» de Kim Hoa Tram, le personnage principal est un oiseau (Image: Pixabay)
Dans « Illusion » et « Éveil » de Kim Hoa Tram, le personnage principal est un oiseau. (Image : Pixabay)
 

La section suivante, Éveil, est la partie la plus intense de l’oeuvre. Sur les quatre panneaux, un bébé oiseau pleure, impuissant, à côté d'un oiseau mort, un jeune oiseau crie sous le choc, un oiseau plus âgé fixe l’oiseau mort, et enfin, sur le dernier panneau, un vieil oiseau sage est perché sur une branche tout en haut du tableau, avec une expression énigmatique d'acceptation. La peinture montre essentiellement l’ascension de l’oiseau et l’éveil spirituel.
 

Influence zen dans l'art japonais

Bien que le zen soit né en Chine, d’un mélange unique entre le bouddhisme et le taoïsme, c'est au Japon que cette  tradition spirituelle s'est enracinée. Il a atteint une immense popularité parmi les samouraïs au 13ème siècle et a exercé une influence considérable sur les arts japonais. Rien ne l'illustre davantage que la cérémonie du thé japonaise, également connue sous le nom de « Voie du thé ».
 

La cérémonie du thé japonaise intègre les principes du zen (Image : Wikimédia)
La cérémonie du thé japonaise intègre les principes du zen. (Image : Wikimédia)
 

Dans le domaine de la peinture, le style le plus influencé par le bouddhisme zen est le Sumi-E, qui fait référence à un style de peinture à l'encre de chine. La peinture était considérée comme le résultat d'une méditation sur l'essence d'un sujet. De ce fait, les peintres qui adoptent ce style ne s’attachent pas à créer l’illusion de la réalité dans leurs œuvres. Un autre domaine qui a influencé le zen est le « jardin de pierre » dont les moines considéraient l’entretien comme un type de méditation, car il nécessitait une attention constante.
 

Traduit par Alex