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Tradition. Le général Huang Zhong, la droiture est plus précieuse que la vie

CHINE ANCIENNE > Tradition

Le Roman des trois royaumes est un roman chinois qui décrit la période où la Chine était divisée en plusieurs États distincts par un groupe de seigneurs de guerre. (Image : Capture d’écran / YouTube)
 

Le roman des trois royaumes, l’un des quatre grands romans de la Chine ancienne, décrit la période où la Chine était divisée en plusieurs États distincts par un groupe de seigneurs de guerre et les conflits qui sévissaient entre eux. Le récit de cette époque est célèbre pour ses leçons de bravoure et de droiture.

Bien sûr, les héros du roman avaient également leurs ennemis. Huang Zhong, un habile général au service de Han Xuan, est l’exemple typique d’un tel héros.

Lorsque le général Guan Yu reçut l’ordre d’attaquer Changsha, Han Xuan, le chef de la préfecture, ordonna à Huang Zhong de sortir et de le défier au combat, pendant qu’il les observait depuis l’entrée du bâtiment. Les deux hommes se battirent pendant une journée entière, sans qu’aucun ne capitule.

Le lendemain, le duel se poursuivit pendant 50 ou 60 attaques successives, mais aucun des deux guerriers ne prit l’avantage. La journée se termina sans vainqueur.

Le jour d’après, le duel se poursuivit. Guan Yu tira sur les rênes de son cheval et s’élança pour attaquer Huang Zhong. Celui-ci se prépara à faire face à l’assaut.

Alors que Guan Yu brandissait sa hallebarde et se préparait à transpercer Huang Zhong, il entendit soudain un bruit et vit que le cheval de son adversaire avait trébuché, jetant Huang Zhong à terre. Voyant cela, Guan Yu tira immédiatement sur les rennes de son cheval, leva sa lance et cria : « J’épargne ta vie ! Maintenant, relève-toi ! »

Guan Yu brandit sa hallebarde chinoise et se prépara à attaquer Huang Zhong. (Image : Capture d’écran / YouTube)
Guan Yu brandit sa hallebarde chinoise et se prépara à attaquer Huang Zhong. (Image : Capture d’écran / YouTube)
 

Huang Zhong remonta immédiatement sur son cheval et s’enfuit.

Han Xuan, qui observait toujours fut surpris et interrogea Huang Zhong sur les raisons de la chute du cheval. Celui-ci répondit : « Ce cheval manquait d’entraînement, alors il a commis une maladresse. »

Han Xuan répondit : « Tu es un maître archer. Tu aurais pu l’abattre d’une flèche. » Huang Zhong répondit : « Au prochain affrontement avec Guan Yu, je feindrai la défaite, je l’attirerai sur le pont suspendu et je le tuerai. »

Han Xuan envoya à Huang Zhong un nouveau cheval. Après avoir exprimé sa gratitude à Han Xuan, Huang Zhong se retira et réfléchit : « Guan Yu a été si magnanime et a épargné ma vie. Comment pourrai-je l’abattre ? Mais si je ne le tue pas, je désobéirai aux ordres. »

Huang Zhong se débattit toute la nuit avec ce dilemme, sans parvenir à se libérer de ce conflit intérieur.

Le lendemain à l’aube, Guan Yu attendait déjà devant la porte pour combattre à nouveau Huang Zhong. Alors que Huang Zhong éloignait les troupes de la porte pour se battre, Guan Yu devint anxieux, car après deux jours de combat, il avait compris que leurs niveaux étaient équivalents et qu’il serait difficile de l’emporter. Il monta tout de même sur son cheval et se prépara pour le duel.

Après une trentaine d’attaques successives, Huang Zhong fit semblant d’être affaibli et se replia. Guan Yu le poursuivit. Huang Zhong, conscient que Guan Yu avait épargné sa vie la veille, feignit de tirer une flèche en pinçant bruyamment la corde de son arc.

Guan Yu tressaillit en entendant le bruit, mais il réalisa que son ennemi n’avait pas tiré de flèche. Il continua à poursuivre Huang Zhong, qui pinça à nouveau la corde de son arc, avant de s’arrêter sur le pont pour l’observer. Cette fois, Huang Zhong chargea une flèche, arma son arc et tira la flèche en direction de la tête de Guan Yu.

Les soldats qui observaient Guan Yu en eurent le souffle coupé. Mais la flèche n’atteignit pas sa cible. Elle frappa juste le gland du casque et ricocha sans danger sur le sol. Guan Yu ramassa la flèche et retourna au camp. Réfléchissant au lien qui l’unissait à son ennemi, il réalisa que Huang Zhong avait voulu lui donner un avertissement, en visant délibérément le gland de son casque, sans le toucher lui.

Huang Zhong a délibérément tiré sur le gland du casque de Guan Yu. (Image : pixabay / CC0 1.0)
Huang Zhong a délibérément tiré sur le gland du casque de Guan Yu. (Image : pixabay / CC0 1.0)
 

C’était pour s’acquitter de sa dette contractée lors du combat précédent.

La droiture ou la vie

Furieux, Han Xuan, son chef, ordonna à ses hommes d’enfermer le général Huang Zhong, qui clamait son innocence.

Han Xuan déclara : « Je vous ai observé pendant trois jours. Vous mentez ! Comment osez-vous me mentir ? Vous ne vous êtes pas battu avec acharnement avant-hier. Hier, vous êtes tombé du cheval alors qu’il trébuchait, et Guan Yu vous a épargné, ce qui  signifie que vous étiez de connivence avec lui. Aujourd’hui, vous avez fait semblant à deux reprises de lui tirer dessus en pinçant la corde de l’arc, et la troisième fois, vous avez seulement visé le gland de son casque. Comment osez-vous clamer votre innocence ! Si vous restez en vie, cela ne m’apportera que des ennuis. »

Les gardes emmenèrent Huang Zhong à l’extérieur de la porte et l’exécutèrent. Beaucoup d’officiers de Han Xuan protestèrent, mais celui-ci les menaça : « Quiconque veut que je disculpe Huang Zhong sera aussi coupable que lui ! »

Huang Zhong a dû assumer les conséquences de n’avoir pas tué Guan Yu. Il a choisi la droiture plutôt que sa propre vie et a laissé son nom dans les annales de l’histoire chinoise.

Un dirigeant plus vertueux aurait sans doute compris Huang Zhong et son dilemme intérieur, et aurait compati. Mais Han Xuan n’avait pas assez de sagesse pour le percevoir. S’il avait choisi d’épargner Huang Zhong, ce général vertueux lui serait alors resté fidèle jusqu’au bout.

Rédacteur Swanne Vi

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