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Tradition. Accepter et corriger ses erreurs

CHINE ANCIENNE > Tradition

L’empereur Taizong reçoit en audience Gar Tongtsen Yülsung (tibétain : མགར་སྟོང་བཙན་ཡུལ་སྲུང༌།), l’ambassadeur de l’empire tibétain. (Image : Wikimedia / CC0 1.0)
 

L’empereur Tang Taizong (唐太宗) de la dynastie Tang, également connu sous son nom d’origine, Li Shimin (李世民), échangea avec ses ministres sur les circonstances ayant provoqué la disparition de la dynastie Sui. Il remarqua que l’empereur Yang de la dynastie Sui refusait avec véhémence la moindre observation, ce qui avait pour effet de terrifier ses fonctionnaires.

Ainsi, aucun d’entre eux n’osait exprimer ses opinions. Li Shimin demanda aux ministres d’analyser les causes de la fin de la dynastie Sui et leur promit qu’il ne répéterait pas les erreurs de l’empereur Gong (恭皇帝 / 605 à - 619) de la dynastie Sui, qui conduisit son armée à sa perte, ni celles de l’empereur Han Jingdi (景帝 / 188 à -141 av J-C.), qui fit exécuter l’un de ses conseillers, Chao Cuo.

« Sous des empereurs vertueux il y a des ministres loyaux »

Au début de la fondation de la dynastie Tang, l’empereur Taizong ordonna la rénovation de l’immense bâtisse Qianyuan située dans la ville de Luoyang (洛阳市) pour l’utiliser comme palais officiel lors de ses visites dans la province.

Zhang Xuansu, un fonctionnaire peu connu, écrivit un rapport qui lui fut remis : « Lorsque le palais Afang a été rénové, la dynastie Qin est tombée. Lorsque le Zhang Huatai a été réparé, le Royaume Chu s’est effondré. Lorsque Qianyuan a été rénovée, la dynastie Sui s’est éteinte. Maintenant que le pays est réunifié et qu’il y a tant à accomplir, comment pouvez-vous espérer surpasser la dynastie Sui ? Votre Majesté ignore les difficultés du peuple et veut dépenser des centaines de millions de Kaiyuan Tongbao pour cette chose dénuée de sens. Votre Majesté n’hérite aucunement de quelconques bénéfices laissés par les empereurs des dynasties précédentes, mais de beaucoup de difficultés ».

 

Portrait de l’empereur Yang de Sui, par l’artiste Tang Court Yan Liben (600-673). (Image : Wikimedia / CC0 1.0)
Portrait de l’empereur Yang de Sui, par l’artiste Tang Court
Yan Liben (600-673). (Image : Wikimedia / CC0 1.0)
 

L’empereur Taizong convoqua Zhang Xuansu et lui demanda : « Vous avez dit que je ne suis pas aussi bon que l’empereur Yang de Sui. Mais, pourquoi me comparez-vous aux rois Jie de la dynastie de Xia et Zhou de la dynastie de Shang ? »

Zhang Xuansu répondit sans ambages : « Parce que si votre majesté rénove Qianyuan, elle sera précipitée dans sa chute à l’image des souverains Jie et Zhou. » Après avoir entendu cela, l’empereur Taizong ne fut pas en colère, mais profondément ému. Il annula son ordre et interrompit la reconstruction de Qianyuan. Il fit l’éloge de Zhang Xuansu et le récompensa de 500 tissus de soie.

Une fois, après s’être farouchement disputé avec l’un de ses proches conseillers du nom de Wei Zheng (魏徵, 580-643 av.J.-C), l’empereur Taizong s’en alla en colère en présence des autres fonctionnaires. En entrant dans son harem, il cria : « Un jour, je tuerai cet idiot ! » Après avoir découvert ce qui s’était passé, l’impératrice Wende, vêtue d’une tenue formelle, réfléchit et finalement félicita l’empereur, en disant : « J’ai entendu dire que sous des empereurs vertueux il y a des ministres loyaux. Si Wei Zheng ose vous réprimander c’est parce que Votre Majesté est un empereur vertueux. » Après avoir entendu cela, la colère de l’empereur Taizong se transforma en joie.

 

Portrait de Tang Taizong (600 à 649 av. J.-C.). L’empereur le plus vénéré de Chine. (Image : wikimedia / CC0 1.0)
Portrait de Tang Taizong (600 à 649 av. J.-C.). L’empereur
le plus vénéré de Chine. (Image : wikimedia / CC0 1.0)
 

L’âge d’Or de la civilisation chinoise

« Au cours des 23 années de règne de Taizong, la Chine a atteint son apogée dans les domaines de la politique, l’économie et la culture : cette période pacifique et prospère est considérée comme l’âge d’Or de l’histoire chinoise.

L’empereur a laissé le souvenir d’un dirigeant faisant preuve de grande empathie vis-à-vis de son peuple, un leader fort, sachant prendre des décisions, capable de répondre positivement aux conseils et aux idées audacieuses exprimés librement, provenant de ses conseillers et collaborateurs. Initialement confucéen, il a contribué à la diffusion importante du bouddhisme en Chine. » (clearharmony.net)

 

Portrait de l’empereur Di Xin (1075-1046 av. J.-C.). (Image : Wikimedia / 高井 伴寛、蹄斎 北馬 / Domaine public)
Portrait de l’empereur Di Xin (1075-1046 av. J.-C.)
(Image : Wikimedia / 高井 伴寛、蹄斎 北馬 / Domaine public)
 

Contrairement à l’empereur Taizong, beaucoup de personnages dans l’histoire n’étaient pas disposés à accepter et à corriger leurs propres erreurs, de sorte que finalement, ils ont toujours eu en retour les représailles divines. Pendant son règne, le roi Di Xin (帝辛) de la dynastie de Shang ignora les affaires de l’État, se livrant à la débauche, et concentrant toute son attention sur sa compagne Daji, qu’on disait être possédée par un esprit renard malveillant.

Il augmenta à plusieurs reprises les impôts et les taxes pour financer une grande partie de ses extravagantes orgies, ce qui eut pour conséquence directe la faillite économique du peuple. Ainsi, le niveau de vie des habitants du pays en souffrait, tandis que celui de la cour restait très élevé. Plusieurs fois, le Premier ministre Bi Gan a tenté de persuader Di Xin de corriger ses écarts. Cependant, non seulement le roi ne l’a pas écouté, mais de surcroît il l’a fait exécuter sans aucune pitié. En fin de compte, le roi Di Xin fut vaincu par le roi Wu. Lorsque son palais a été incendié, Di Xin s’est suicidé en sautant dans les flammes, recevant, ainsi, la punition qu’il méritait.

« Accepter et corriger ses erreurs », c’est la vertu propre à la culture traditionnelle chinoise. En revanche, la Chine d’aujourd’hui est sous le joug du Parti communiste chinois (PCC) dirigé par l’« Empereur Xi » (surnom attribué à Xi Jinping par les démocrates hongkongais). Depuis plusieurs années, ce parti montre au monde sa véritable nature, celle d’une entité dénuée de respect pour la vie humaine, soucieux de détruire les valeurs traditionnelles d’une civilisation reconnue pour être l’une des plus anciennes et des plus avancées au monde.

Traduit par Gabriel Olamsaint avec la collaboration de Farida L.

Version en anglais : Accepting and Correcting One’s Own Wrongdoings