L’ex-PDG de Google fustige Huawei

Par Vision Times
Le 02/07/2020
Eric Schmidt, ancien PDG de Google, a accusé Huawei de poser un risque à la sécurité nationale des États-Unis, en acheminant des informations sur le réseau vers Pékin. (Image : Capture d’écran / YouTube)
Eric Schmidt, ancien PDG de Google, a accusé Huawei de poser un risque à la sécurité nationale des États-Unis, en acheminant des informations sur le réseau vers Pékin. (Image : Capture d’écran / YouTube)
 

Eric Schmidt, l’ancien PDG de Google, a accusé la société chinoise Huawei de poser un risque à la sécurité nationale des États-Unis, en acheminant des informations sur le réseau vers Pékin. Bien que M. Schmidt ne dispose pas de toutes les informations concernant le processus, il est convaincu que la menace est réelle et que l’entreprise Huawei représente un risque majeur pour la sécurité, au niveau mondial.

Le risque lié à Huawei

Selon M. Schmidt, Huawei est un énorme défi pour le gouvernement américain. L’entreprise chinoise développe en particulier un meilleur produit que ses concurrents mondiaux. Ainsi, si Huawei parvenait à dominer le marché de la 5G, elle permettrait au régime communiste chinois d’étendre naturellement son influence à toutes les régions du monde. Il est donc essentiel de contrecarrer la croissance de Huawei. Pour Eric Schmidt, l’Amérique doit devenir compétitive et créer un meilleur produit que celui offert par Huawei. Il ajoute qu’il ne faut pas sous-estimer la capacité d’innovation de la Chine.

« J’ai porté les préjugés sur la Chine pendant les années où j’ai travaillé avec eux... Qu’ils sont très bons pour copier les choses, qu’ils sont très bons pour organiser les choses, qu’ils y consacrent un grand nombre de personnes. Mais qu’ils ne vont rien faire de nouveau. En somme, qu’ ils sont très, très bons pour voler nos affaires. Il faut se débarrasser de ces préjugés... Les Chinois sont tout aussi bons, et peut-être meilleurs, que l’Occident dans les domaines clés de la recherche et de l’innovation », a-t-il déclaré, selon un rapport de la BBC.

Eric Schmidt souligne que les Chinois injectent de l’argent dans la technologie d’une manière différente de celle de l’Occident, par le biais d’investissements dirigés par l’État. Toutefois, il ne pense pas que ce soit une meilleure option que le modèle de marché libre. Il souhaite que l’administration américaine prépare minutieusement le pays à affronter la menace technologique chinoise. Cela peut se faire en assurant une collaboration plus complète entre l’État, le secteur privé et le monde universitaire, tout en veillant à ce que les États-Unis conservent leur capacité à recruter les meilleurs talents du monde entier. Il estime que le fait que la plupart des gens préfèrent vivre et travailler dans l’Occident démocratique plutôt que dans la Chine communiste est un grand avantage.

 

Les États-Unis devraient continuer à faire appel aux meilleurs talents du monde entier pour conserver une longueur d’avance sur la Chine. (Image : pixabay / CC0 1.0)
Les États-Unis devraient continuer à faire appel aux meilleurs talents du monde entier pour conserver une longueur d’avance sur la Chine. (Image : pixabay CC0 1.0)
 

Huawei a riposté à la déclaration de Schmidt, l’accusant de travailler avec le gouvernement américain et de répandre de fausses affirmations, sans preuves. Actuellement, Schmidt est président du Conseil d’innovation de la défense du Pentagone. Cependant, le simple fait de travailler pour le gouvernement américain ne remet pas en cause les revendications de Schmidt à l’encontre de Huawei. Le gouvernement chinois dispose d’un règlement qui oblige les entreprises à communiquer des données à l’État lorsque celui-ci en fait la demande. Même une entreprise aussi célèbre que Huawei ne peut pas contourner cette règle. Ainsi, l’affirmation de Huawei selon laquelle les données ne sont pas transmises à Pékin est sans fondement.

Interdiction de l’Inde

Huawei rencontre aussi des problèmes en Inde, l’un des plus grands marchés de télécommunications au monde. Le gouvernement indien veut apparemment empêcher les entreprises de télécommunications publiques et les acteurs privés d’utiliser les équipements de télécommunications des entreprises chinoises, y compris ceux de Huawei et de ZTE. Cette décision intervient à la suite du conflit frontalier qui a opposé les forces indiennes et chinoises et qui s’est soldé par de nombreux morts des deux côtés. L’armée chinoise a tenté de bloquer un projet d’infrastructure indien et a attaqué les troupes indiennes. En riposte, des citoyens indiens ont demandé au gouvernement de bloquer toute entreprise ou tout investissement lié à la Chine.

 

Le gouvernement indien demande aux entreprises de télécommunications publiques et privées du pays de bannir les équipements venant des entreprises chinoises. (Image : Capture d’écran / YouTube)
Le gouvernement indien demande aux entreprises de télécommunications publiques et privées du pays de bannir les équipements venant des entreprises chinoises. (Image : Capture d’écran / YouTube)
 

Le marché annuel actuel des équipements de télécommunications indiens est d’environ 1,58 milliard de dollars US, les entreprises chinoises représentant environ un quart du marché. L’un des principaux opérateurs de télécommunications indiens, Jio, se préparerait à tester un système de réseau 5G totalement indigène. Jio a annoncé une révolution Internet dans le pays il y a quelques années en introduisant l’un des plans Internet 4G les moins chers du monde. Propriété du milliardaire Mukesh Ambani, Jio cherche à reproduire son succès avec la 5G également. Si tout se passe bien, la société pourrait également concurrencer Huawei sur les marchés internationaux.


Traduit par Fetty Adler

Version en anglais : Ex-Google CEO Slams Huawei for Sending Data to Chinese Government