Victor Frankl (1905-1997), né à Vienne dans une famille juive ashkénaze, s'intéresse jeune à la psychiatrie (… et pourtant j’ai choisi la liberté). Formé à l’Université de Vienne, il la pratique jusqu’à sa déportation à Theresienstadt en 1942. Dans Découvrir un sens à sa vie, il décrit le pouvoir intérieur de surmonter les atrocités. Après-guerre, il fonde la logothérapie, centrée sur la quête de sens.
Qui était Victor Frankl comme psychiatre ?
Selon sa biographie officielle et ses écrits autobiographiques, Viktor Frankl est un pionnier de la psychiatrie et de la philosophie existentialiste. À quinze ans, il prononce sa première conférence publique sur « Le sens de la vie » (Réflexions sur le sens de la vie). Il étudie la médecine à l’Université de Vienne. Il échange une correspondance avec Sigmund Freud, mais rejette sa théorie, carFreud postule, dans Au-delà du principe de plaisir, que l’être humain est mû principalement par la recherche de plaisir sexuel (principe de plaisir). Pour Frankl, dans L'Homme en quête de sens, l’homme s’épanouit surtout s’il donne un sens à sa vie.
Alfred Adler, fondateur de la psychologie individuelle (Le Tempérament nerveux, 1912), suit d’abord les enseignements de Freud à Vienne puis s’en écarte, voyant l’homme dans sa globalité physique, psychique et communautaire (sentiment de communauté, ou Gemeinschaftsgefühl). Cela plaît à Frankl, qui s’en inspire partiellement. Cependant, comme Frankl l’explique dans Thérapie par la volonté de sens, ils divergent : Adler attribue au sentiment d’infériorité congénital un rôle central, compensé par une « volonté de puissance » tout au long de la vie (Étude de la psychologie individuelle). Pour Frankl, cette vision reste trop restrictive ; l’équilibre mental repose avant tout sur la découverte d’un sens à sa vie, qui libère et donne la force de dépasser souffrances et obstacles.

L’apport de Frankl à la psychiatrie
D’après ...et pourtant j'ai choisi la liberté, les années de ghetto et de camps renforcent sa réflexion. Avant-guerre, il milite comme socialiste, s’occupe du service des femmes suicidaires et ouvre un cabinet privé en 1937. Avec l’annexion nazie, il pratique sous restrictions. Il survit aux camps, nourrit son monde intérieur par l’amour pour ses proches et observe que les survivants conservent un sens spirituel à leur existence (L'Homme en quête de sens). Apprenant la mort de toute sa famille, il trouve du sens en écrivant et enseignant la logothérapie.
On lui propose ensuite le poste de directeur de la policlinique neurologique de Vienne, qu’il dirige pendant 25 ans. En 1948, il obtient un doctorat en philosophie avec une thèse sur Le Dieu inconscient, devient professeur associé, fonde la « troisième école viennoise de psychothérapie » et publie des ouvrages comme Homo Patiens. Il organise le premier congrès mondial de logothérapie en 1983. Malgré des divergences avec certains disciples, son œuvre, telle que décrite dans Fondements de la logothérapie, explore la quête de sens face à la souffrance, l’espoir et la liberté intérieure.

Que peut offrir la logothérapie ?
Frankl affirme dans Thérapie par la volonté de sens que l’angoisse, la dépression et le vide intérieur proviennent surtout d’un manque de sens – une vie qui ne sait plus « pour quoi » elle se vit (« frustration existentielle »). Il insiste sur la liberté intérieure et la responsabilité éthique comme piliers thérapeutiques : le but est d’aider le patient à découvrir le sens de sa vie et de sa souffrance, pour mieux supporter l’inévitable et assumer son existence de façon responsable (La Volonté de sens).
Selon les principes de la logothérapie et analyse existentielle (LTEA), les humains disposent d’une liberté spirituelle pour décider face aux conditions de vie ; chaque décision est unique et situationnelle. Sans cette quête de sens, un vide existentiel s’installe, menant à agressivité ou dépression. La logothérapie guide sans imposer de valeurs.
Elle emploie des techniques spécifiques :
- Intention paradoxale : exagérer humoristiquement les symptômes pour briser le cercle vicieux (troubles anxieux, compulsifs).
- Déréflexion : détourner l’attention des symptômes pour interrompre l’auto-observation amplificatrice (insomnie, troubles sexuels).
- Dialogue socratique : questionner pour révéler les attitudes bloquantes et favoriser une perspective responsable.
Sa logothérapie, forgée dans les camps de concentration, offre des outils concrets – intention paradoxale, déréflexion, dialogue socratique – pour transcender la souffrance et retrouver une liberté intérieure responsable. Dans un monde marqué par le vide existentiel, son message reste universel : donner un sens à sa vie, c’est choisir de vivre pleinement, quoi qu’il arrive.
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