Institut Confucius, danger pour la liberté d’expression en France

Par Caroline Daix
Le 20/10/2020

Une manifestation à Mont-Saint-Aignan pour informer de la dangerosité cachée de l’Institut Confucius pour la France 

 

Rassemblement contre l’Institut Confucius devant la mairie de Mont-Saint-Aignan. (Image : Avec l’aimable autorisation de Jin Hu)
Rassemblement contre l’Institut Confucius devant la mairie de Mont-Saint-Aignan. (Image : Avec l’aimable autorisation de Jin Hu)
 

Atteinte à la liberté d’expression, ingérence et infiltration en France, pratiques d’espionnage épinglé par l’autorité belge et blanchiment d’argent découvert par la Chambre régionale des comptes de la Nouvelle-Aquitaine en France, propagande dans le système d’enseignement français…Les instituts Confucius (IC), véritable arme d’attaque du Parti communiste chinois (PCC) déguisés en centres d’échanges linguistique et culturel, combinée aux gros investissements financiers chinois, visent précisément à corrompre puis dominer le monde.

Le 15 octobre, plusieurs associations françaises – du Falun Dafa, des Ouïghours et des Mongols - ont organisé une manifestation à Mont-Saint-Aignan près de Rouen, devant le plus grand Institut Confucius de France, le NEOMA Business School – Campus de Rouen. Ce rassemblement visait à informer l’établissement et les étudiants de la face cachée de cet organe de propagande du PCC et à demander au gouvernement français de fermer ces instituts comme l’ont fait ses pays voisins : la Belgique, la Suède et la suisse… pour la sécurité du pays. L’événement a également été enregistré par France 2, sous forme d’une enquête complète sur l’Institut Confucius.

 

Manifestation contre l’IC. (Image : Avec l’aimable autorisation de Jin Hu)
Manifestation contre l’IC. (Image : Avec l’aimable autorisation de Jin Hu)
 

La France compte actuellement 17 Instituts Confucius. Ces derniers coopèrent avec des universités françaises et s’installent dans les locaux des universités.

Brigitte Guiraud, présidente de l’association Initiatives citoyennes, a déclaré : « Nous nous sommes interrogés sur la pertinence et l’intérêt de ces instituts car il nous a semblé bizarre que le PCC utilise le nom de Confucius pour ses centres linguistiques alors que c’est précisément ce régime qui a banni et critiqué Confucius durant la révolution chinoise. Ces instituts sont en fait des antennes de la dictature communiste chinoise, implantées en France, et qui essaient de modeler la vision des Français sur la Chine, dès leur plus jeune âge...Le parti communiste chinois essaie de faire subir un lavage de cerveau et d’injecter sa pensée unique totalitaire à nos jeunes comme il l’a fait pour les Chinois »

 

Brigitte Guiraud, présidente de l’Association Initiatives Citoyennes. (Image : Caroline Daix)
Brigitte Guiraud, présidente de l’Association Initiatives Citoyennes.
(Image : Caroline Daix)
 

« Dans un documentaire intitulé "Au nom de Confucius" on voit des jeunes occidentaux chanter les chansons de Mao, et les critiques envers le PCC ne sont pas acceptées au sein de l’Institut Confucius. On ne peut pas parler du Tibet, ni de Hong Kong, ni de Taiwan, ni des Mongols, ni des Ouïghours », a poursuivi Brigitte Guiraud.

Dilnur Reyhan, enseignante et sociologue à l’Inalco à Paris et présidente de l’Institut Ouïghour d’Europe, qui, de par son travail dans le domaine de l’enseignement supérieur et de l’éducation des jeunes, est directement concernée par le sujet des instituts Confucius, a déclaré : « C’est de la propagande au sein de l’académie. Ces dernières années, on a eu de nombreux exemples de la pression chinoise à travers les associations des étudiants chinois dans les universités occidentales... non seulement dans les presses académiques, mais il y a eu aussi des conférences qui ont été annulées ».

« L’Institut Confucius est un organe de propagande du régime chinois dont l’objectif est d’étendre son influence à l’Europe pour soutenir sa politique totalitaire », indique cette enseignante. « Il est aussi là pour pousser les étudiants à se taire, pour mettre en place la censure et l’autocensure » a expliqué Dilnur Reyhan. Elle a également mentionné que Pékin utilise le visa comme « arme absolue » pour faire taire les journalistes et les chercheurs occidentaux qui souhaitent se rendre en Chine.

 

SOS Ouïghours. (Image : Caroline Daix)
SOS Ouïghours. (Image : Caroline Daix)
 

En 2013, l’Université de Lyon a fermé son Institut Confucius, le siège de l’IC à Pékin, Hanban, interférant avec sa liberté académique.

Outre les faits de propagande, la Chine utilise également ses Instituts Confucius implantés dans les universités occidentales pour espionner ou voler les technologies mais elle le nie toujours. En octobre dernier, les autorités belges ont refusé l’entrée dans le pays et dans l’espace Schengen au directeur chinois de l’Institut Confucius de l’Université Libre de Bruxelles, Xinning Song, pour raison d’espionnage. « Les charges sont très lourdes », a expliqué Brigitte Guiraud dans l’interview à Vision Times.

Le jour de la manifestation, des associations mongoles étaient également présentes pour dénoncer la persécution du PCC à l’encontre de la minorité mongole en Chine, visant à supprimer leur langue et leur culture. Récemment, pour soutenir cette minorité en Chine et en réponse à la censure infligée par Pékin qui leur avait demandé de modifier le contenu de leur exposition sur Genghis Khan, fondateur de l’Empire mongol, le château des ducs de Bretagne à Nantes a décidé de reporter cette exposition et de collaborer désormais avec des collectionneurs européens et américains.

 

Sauver la langue mongole. (Image : Caroline Daix)
Sauver la langue mongole. (Image : Caroline Daix)
 

En février 2013, l’université McMaster au Canada a été la première université connue des médias à avoir fermé son institut Confucius. Cette année, on comptabilise 63 universités, deux gouvernements et un conseil scolaire à travers le monde, ayant rompu leurs liens avec les instituts et classes Confucius, ce qui a mené à la fermeture de 62 de ces instituts.