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Monde. Les États-Unis et la Chine échangent sur les risques liés à l’IA, lors d’une réunion à Genève

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Le 14 mai, des représentants des États-Unis et de la Chine se sont rencontrés à Genève pour entamer des discussions sur la réglementation de l’IA (intelligence artificielle), l’une des rares questions clés sur lesquelles les deux gouvernements ont accepté de travailler.

Selon l’Associated Press (AP), les représentants de Washington ont exprimé leurs craintes quant à la « mauvaise utilisation de l’IA » par la Chine, qui en réponse, a abordé les « restrictions et pressions » américaines sur cette technologie, ont indiqué séparément les deux gouvernements le 15 mai, à l’issue de la réunion.

Avant la réunion, les responsables de Washington et de Pékin s’étaient engagés à « échanger leurs points de vue sur la manière dont les deux gouvernements comprennent et tentent de traiter les risques liés aux systèmes d’IA avancés », selon un communiqué de la Maison-Blanche.

En novembre dernier, Joe Biden et Xi Jinping se sont rencontrés à San Francisco pour discuter du potentiel et des risques de l’utilisation de l’IA. Il s’agissait de l’un des trois principaux accords sur lesquels les deux dirigeants ont décidé de travailler, les deux autres concernaient le rétablissement des « contacts directs entre les deux armées » l’engagement à mettre un terme aux exportations chinoises de produits chimiques nécessaires à la fabrication du fentanyl, vers les États-Unis.

« Les États-Unis ont souligné l’importance de s’assurer que les systèmes d’IA sont sûrs, sécurisés et dignes de confiance afin de réaliser les avantages de l’IA et de continuer à construire un consensus mondial sur cette base », a déclaré Adrienne Watson, porte-parole du Conseil de sécurité nationale.

« Les États-Unis ont également fait part de leurs craintes quant à l’utilisation abusive de l’IA, y compris par la RPC », a-t-elle ajouté, faisant référence à la République populaire de Chine, sans toutefois préciser à quel type d’utilisation abusive elle se référait.

La Chine est connue pour avoir développé « l’un des systèmes de surveillance numérique les plus intrusifs au monde » en utilisant des composants d’IA et des caméras dans les rues pour surveiller les citoyens par le biais d’applications mobiles.

Par ailleurs, dans un message publié sur les réseaux sociaux par le département des Affaires d’Amérique du Nord et d’Océanie du ministère des Affaires étrangères, Pékin a dénoncé les « restrictions et pressions dans le domaine de l’intelligence artificielle » exercées par les États-Unis.

Ces restrictions comprennent les contrôles à l’exportation du ministère du Commerce américain qui limitent l’accès de la Chine aux puces informatiques de pointe pour l’utilisation de l’intelligence artificielle. En août, un décret de Joe Biden lui-même a mis fin aux investissements américains dans l’industrie chinoise de l’intelligence artificielle.

Adrienne Watson a assuré que Washington souhaitait maintenir la communication avec la Chine afin de garantir la réglementation de l’IA « en tant qu’élément important d’une gestion responsable de la concurrence ».

Une coopération chancelante

La réunion de Genève était considérée comme un élément de la stratégie « investir, aligner et concurrencer », conçue pour stimuler les investissements dans la sécurité nationale et rassembler les alliés afin de défier la Chine.

Malgré les fortes tensions entre les États-Unis et la Chine, les deux gouvernements semblent prêts à coopérer en matière de réglementation de l’IA. Les deux pays ont coparrainé en mars une résolution des Nations unies en faveur d’un « développement plus responsable des technologies de l’IA ».

Des efforts conjoints pour prévenir les risques liés à l’IA

Les responsables américains affirment depuis longtemps que les États-Unis et la Chine doivent coopérer pour atteindre leurs objectifs communs. Toutefois, un haut fonctionnaire de la Maison Blanche a déclaré que la réunion de Genève visait à développer des efforts conjoints, et non à conclure des accords majeurs.

« Il s’agit plutôt d’un échange de vues sur les risques techniques de l’IA et d’une occasion de communiquer directement sur les sujets de préoccupation respectifs ».

Bien que le fonctionnaire ait refusé de commenter la possibilité que les deux gouvernements choisissent d’utiliser l’IA pour décider du déploiement d’armes nucléaires, il a déclaré que la délégation américaine partagerait ses préoccupations concernant l’accent mis par la Chine sur l’IA à des fins militaires.

La Chine a prévenu depuis 2018 que l’IA devait être réglementée, mais elle a continué à investir dans l’expansion de la technologie pour se démarquer dans les développements technologiques. Les législateurs américains ont également souligné que la Chine pourrait être le fer de lance de l’utilisation de deepfakes générés par l’IA pour « diffuser de la désinformation politique », même si la Chine a soi-disant interdit les « manipulations par l’IA ».

Rédacteur Fetty Adler
Collaborateur Jo Ann

Source : US, China Discuss AI Risks During Meeting in Geneva

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