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Monde. États-Unis : le cheptel bovin à son plus bas niveau depuis six ans

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Le cheptel bovin aux États-Unis a atteint son niveau le plus bas depuis 2016, en raison de crises simultanées, telles que la hausse du coût des aliments pour animaux, les pénuries d’eau et des températures sans précédent.

Le plus inquiétant est que les agriculteurs envoient de grandes quantités d’animaux reproducteurs dans des parcs d’engraissement en vue de l’abattage.

Une baisse de plus de 2 millions

Le ministère américain de l’agriculture a publié son rapport national sur les bovins le 22 juillet, comprenant les données en vigueur au 1er juillet. Même si les données montrent que, dans l’ensemble, le cheptel national n’a baissé que de 2 % par rapport à 2021, ce chiffre représente plus de 2 millions de bétail.

Le nombre total de bovins et de veaux au 1er juillet était de 98,8 millions, contre 101 millions l’année précédente.

Les vaches et les génisses qui ont vêlé représentent 39,8 millions de têtes, les vaches de boucherie 30,4 millions de têtes et les vaches laitières 9,45 millions, selon les données.

Dans des déclarations faites lors d’un reportage radio du 26 juillet, l’analyste du bétail de l’agence de l’USDA, Shayle Shagam, a révélé une tendance clé dans les données qui n’apparaît pas dans le rapport de l’USDA, en déclarant : « nous constatons qu’un grand nombre de femelles ont été placées dans des parcs d’engraissement. »

Selon le site Web de l’Alberta Cattle Feeders’ Association, un parc d’engraissement est un enclos où les bovins sont gardés et nourris dans le but de leur assurer « une croissance et un gain de poids efficaces », tout en « réduisant la nécessité pour les bovins de chercher de la nourriture. »

Les données de l’USDA indiquent que le nombre de bovins dans les parcs d’engraissement s’élève à 13,4 millions, restant inchangé depuis 2021.

De plus, le rapport indique que la production de veaux de 2022 devrait être en baisse de 1 % par rapport à 2021, à 34,6 millions de têtes.

Shayle Shagam a ajouté que le fait de placer les femelles dans les parcs d’engraissement en vue de l’abattage, et la baisse de la production de veaux signifie que « l’offre de bovins destinés aux parcs d’engraissement va diminuer. »

Il s’ensuit que l’année 2023 sera marquée par « un resserrement progressif de l’offre de tous les bovins d’engraissement disponibles pour l’abattage. »

Le PDG de la National Cattleman’s Beef Association, Colin Woodall, a déclaré à Fox Business que le problème est dû à la sécheresse.

« Il n’y a pas d’endroit où aller parce que tout le monde se bat pour trouver le fourrage dont il a besoin pour nourrir le bétail », a-t-il déclaré.

Colin Woodall a ajouté que, même si les consommateurs peuvent s’attendre à ce que les prix des aliments continuent d’augmenter en raison de la crise, « tout le monde doit se rappeler que ce ne sont pas les producteurs de bétail qui fixent les prix. »

« C’est une question de coûts. Lorsque vous regardez ceux qui prennent la décision d’envoyer leurs bovins sur le marché pour soit réduire leur troupeau, soit l’éliminer complètement, cela va toujours être attribué à l’augmentation de leurs coûts d’intrants. »

Le PDG a ajouté : « il s’agit du coût des aliments pour animaux, du coût du foin, du coût du diesel pour les tracteurs, du diesel pour le camion, du coût des engrais. Et il y a tellement de choses qui entrent dans la production du bétail sur lesquelles les producteurs n’ont tout simplement aucun contrôle. »

Une sécheresse sans précédent

La Californie, par exemple, est confrontée à une sécheresse prolongée et sans précédent dans sa région de la Central Valley, responsable d’un quart de la production alimentaire américaine.

Selon une étude financée par le ministère californien de l’alimentation et de l’agriculture et menée par Josue Medellin-Azuara, chercheur à l’université de Californie Merced, quelque 800 000 acres de terres agricoles, soit environ 3,300 km carrés, sont inutilisés cette année en raison du manque d’eau.

Ce chiffre est au moins deux fois supérieur à celui des terres agricoles inutilisées en 2021.

Les producteurs laitiers de la région ont déclaré que le manque d’eau disponible pour maintenir leur bétail à la fois hydraté et frais signifie qu’ils sont confrontés à la difficile perspective d’envoyer leur troupeau à l’abattoir.

Ryan Junio, propriétaire de l’exploitation laitière Four J Jerseys de Central Valley, a déclaré le 19 juillet à Daily Herd Management que la pénurie d’eau était le principal problème auquel étaient confrontés les agriculteurs de la région, bien plus que la hausse du coût des aliments pour animaux.

John Kleiboeker, propriétaire d’un élevage du Missouri, a expliqué aux téléspectateurs de Fox la réalité de l’importance de l’envoi des animaux reproducteurs dans les parcs d’engraissement en vue de leur abattage : « une génisse a deux ans avant de produire son premier veau ».

« Ce veau dispose d’encore 18 mois après. Il s’écoule donc près de 40 mois entre la naissance de cette petite génisse et la production d’une livre de bœuf. »

John Kleiboeker a également illustré le problème de la pénurie d’aliments pour animaux en expliquant qu’au cours des cinq dernières années, son exploitation a acheté jusqu’à 120 grandes balles de foin rondes provenant de la première coupe d’un agriculteur local.

Cette année, non seulement la première coupe n’a donné que 57 balles au total, mais le prix a doublé, passant à 75 dollars l’unité.

En raison de la sécheresse, il n’y a pas eu de deuxième coupe. Et même si les agriculteurs locaux espèrent qu’il y aura une troisième coupe, en réalité, ils cherchent d’autres solutions pour maintenir en vie leurs animaux.

Les options alternatives qu’il a expliquées, cependant, impliquent de faire venir du foin par camion depuis environ 400 km au sud. Le coût supplémentaire lié à l’embauche d’un camionneur, a déclaré John Kleiboeker, est de l’ordre de 1 200 dollars pour livrer seulement 30 balles.

Rédacteur Fetty Adler
Collaboration Jo Ann

Source : US Cattle Herd Hits 6-Year Low as Breeding Stock Sent for Slaughter

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