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Culture. Un regard sur les pouvoirs des fleuves : ils façonnent les lieux et les cultures (2/2)

TENDANCE > Culture

Avec notre deuxième volet consacré aux pouvoirs des fleuves, prolongeons notre regard sur deux cours d’eau géants. Voyons de plus près comment le Nil et le Mississipi ont eux aussi façonné des lieux, des cultures et des mentalités.

Un fleuve aux dimensions remarquables

Se déroulant sur environ 6650 km, le Nil compte parmi les fleuves les plus longs du monde : il peut se ranger aux côtés de deux fleuves situés sur le continent américain : le Mississipi et l’Amazone. Il demeure le plus long fleuve de l’Afrique. Il traverse six états africains, à savoir l’Ouganda, le Burundi, le Rwanda, le Soudan, la Tanzanie, et …l’Egypte avant de se jeter dans la mer Méditerranée. Un millier de kilomètres sépare en effet la ville d’Assouan et la Méditerranée. 

Le Nil serait âgé de 75 millions d’années, ainsi fait-il partie des fleuves les plus vieux de la planète. L’écrivain romain Sénèque dit à son sujet qu’il est « le plus noble de ceux que la nature étale aux yeux de l’homme. » Ce fleuve depuis des temps immémoriaux a toujours suscité passions et fascination. Le lieu où se situe sa source est resté des siècles durant un mystère pour les chercheurs les plus chevronnés. Au XIXe siècle, un explorateur britannique, le Dr Livingstone affirma que le fleuve le plus mythique d’Afrique prenait sa source dans le lac Tanganyika. Selon le site de l’Unesco, en 1934, un autre explorateur découvrit que la source la plus méridionale du Nil se trouvait dans le Burundi.

Les pouvoirs des fleuves : comment est né le lien indéfectible entre le Nil et l’Egypte 

Nous connaissons tous le lien indéfectible qui existe entre le Nil et l’Egypte appelée souvent « le don du Nil ». Pourquoi l’historien grec Hérodote a-t-il pu écrire avant notre ère que l’Egypte était un « don du Nil » ?

Il faut se rappeler que sans la présence de ce fleuve imposant par sa taille, l’Egypte ne serait qu’un vaste désert très aride. Dans ce pays aux pluies particulièrement rares, le Nil représente l’unique source d’approvisionnement d’eau.

Avant 1960, quand débuta le barrage d’Assouan, le Nil sortait de son lit aux alentours du mois de juin. Non seulement il arrosait les terres inondées par ses crues, mais le limon et les sédiments déposés par ses soins fertilisaient les sols. De plus le Nil tient lieu de voie de communication privilégié pour le pays. Compte tenu des bienfaits multiples que déverse ce fleuve sur le pays qu’il traverse, il est légitime de parler de « pouvoirs des fleuves ».

Plus qu’un simple cours d’eau généreux, le Nil a acquis une importance capitale pour les Egyptiens. Il incarne selon eux la fertilité et la croissance et représente un don divin. Il a donné naissance à une civilisation prospère dont le rayonnement a atteint des sommets : la civilisation égyptienne.

Un regard sur les pouvoirs des fleuves : ils façonnent les lieux et les cultures (2/2)
Sur le continent américain, au milieu d’un environnement fort différent de la vallée du Nil, un autre fleuve, le Mississipi a, lui aussi entretenu la légende à sa manière. (Image : wikimedia / Fanghong/ Domaine public)

Le Mississipi : un état des lieux impressionnant

Sur le continent américain, au milieu d’un environnement fort différent de la vallée du Nil, un autre fleuve, le Mississipi a, lui aussi entretenu la légende à sa manière. Ses dimensions ne laissent gère indifférents : avec son affluent le Missouri, il atteint 6210 km, ce qui fait de lui le quatrième fleuve le plus long du monde. Après avoir pris sa source dans le Minnesota, il traverse dix états du Nord au Sud des Etats-Unis avant de se jeter dans le golfe du Mexique.

Un regard sur les pouvoirs des fleuves : ils façonnent les lieux et les cultures (2/2)
Après avoir pris sa source dans le Minnesota, le Mississipi traverse dix états du Nord au Sud des Etats-Unis avant de se jeter dans le golfe du Mexique. (Image : wikimedia / Shannon1, CC BY-SA 4.0)

Une dimension culturelle incontestable

L’un des surnoms attribués au Mississipi tel que « Nil d’Amérique » en dit long sur la place qu’il occupe dans l’imaginaire collectif. Sur le site Les Echos, nous pouvons lire selon l’article de Jean-Loup Bourget, que le Mississipi est « un miroir de l’Amérique ».

L’écrivain Mark Twain dont l’œuvre a contribué à faire rayonner le fleuve Mississipi en particulier écrit dans son récit intitulé La Vie sur le Mississipi (publié en 1883) :

« Celui qui connaît le Mississipi affirmera aussitôt-non pas à voix haute mais pour lui-même que dix mille commissions fluviales avec toutes les richesses du monde derrière elles, ne peuvent dompter ce cours d’eau, ni le contenir, ni le maîtriser ».

Le Mississipi a inspiré non seulement des écrivains aussi renommés que Mark Twain mais encore des artistes et des musiciens. Le jazz, le blues, la country créés par leurs soins se sont répandus à l’échelle mondiale. Le Mississipi a contribué à faciliter les échanges entre les communautés afro-américaines et européennes. Des villes telles que Memphis, la Nouvelle-Orléans, Saint-Louis sont devenues des centres culturels de premier plan. Le Mississipi a façonné lui aussi les lieux, les mentalités, les cultures. 

 Les défis du présent face à l’impact économique

Nous ne saurions passer sous silence le rôle économique majeur du Mississipi. Selon l’article édité sur le site Les Echos, nous lisons :

« Au total, 60 % des céréales exportées par les Etats-Unis sont transportées par le Mississippi. Tout passe par le port de Louisiane du sud (situé entre la Nouvelle-Orléans et Bâton-Rouge), qui traite plus de 450 millions de tonnes de marchandises chaque année, ce qui le place, en volume, parmi les plus importants du pays. »

Toutefois, ce dynamisme généré par les capacités du fleuve entraîne des désagréments à prendre en compte. Très tumultueux, difficile à « contrer » le Mississipi est victime de trois maux les inondations, l’érosion et la pollution sans compter les ouragans de plus en plus dévastateurs.

L’Etat du Mississipi dépense des milliards de dollars pour réduire les effets des inondations et commence à goûter le fruit de ses efforts. C’est sans doute le prix à payer pour bénéficier des pouvoirs des fleuves. 

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