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Culture. Le château royal d’Amboise, une merveille du patrimoine français

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Témoin direct des premières influences de la Renaissance en France, le château royal d’Amboise est l’un des nombreux trésors de la région Centre-Val de Loire. Son riche passé et sa valeur architecturale l’ont conduit à être classé monument historique en 1840.

Un château apprécié des rois de France

Avec son panorama exceptionnel et sa beauté toute particulière, le magnifique château d’Amboise sait ravir le regard de ses visiteurs. Autrefois forteresse médiévale, il devint par la suite une résidence royale incontournable. Et pour preuve : de Charles VIII à Louis XIV, tous les Rois de France séjourneront au sein du splendide édifice. Surplombant majestueusement la Loire, le château, de style gothique, se dresse fièrement sur un éperon rocheux de tuffeau.

Sa position avantageuse, sécurisée, en fait naturellement un lieu où seront élevés de nombreux enfants royaux. Charles VIII, né au château d’Amboise, y ajoute plusieurs éléments architecturaux. Une nouvelle aile est ainsi ajoutée au palais royal. De même, une nouvelle tour cavalière fait notamment son apparition : c’est l’imposante « Tour des Minimes », qui, contrairement à ce que son nom laisse supposer, fait 40 mètres de hauteur. Extérieurement perçue comme une tour défensive, elle est en réalité une grande porte d’entrée. Traversée par une rampe de plusieurs boucles, elle permettait aux attelages de chevaux d’accéder aux terrasses de la somptueuse résidence.

Vue de la Tour des Minimes avec la Loire en arrière-plan. (Image : Laure GREGOIRE / Pixabay)

François 1er passe lui aussi une grande partie de son enfance au château d’Amboise. À l’instar de Charles VIII, le Roi fait embellir le château : il rehausse l’aile dite Louis XII et fait ornementer les lucarnes selon le « goût italien ».

Ce souverain bâtisseur est souvent resté en ces lieux, même durant son règne. Son trône est encore aujourd’hui visible dans l’admirable salle du conseil. Cette salle, la plus vaste du palais, est ainsi parsemée de fleurs de lys, emblèmes spécifiques du royaume de France, mais aussi d’hermines, emblèmes du duché de Bretagne.

Notons tout de même que le château d’Amboise dut faire face à de nombreux malheurs au cours de son histoire. En effet, une grande partie de celui-ci fut honteusement pillée durant la période révolutionnaire, causant ainsi de lourds dommages à ce bijou du patrimoine français. À cause du manque de fonds, de nombreuses parties du château, alors en mauvais état, furent également détruites entre 1806 et 1810.

Salle du conseil du château d’Amboise. Les colonnes et la cheminée sont ici recouvertes de fleurs de lys, emblèmes spécifiques du royaume de France, mais aussi d’hermines, emblèmes du duché de Bretagne. (Image : wikimedia / Geoff Livingston / CC BY-SA 2.0)

Le dernier voyage de Léonard de Vinci jusqu’au château d’Amboise

Léonard de Vinci est un personnage hors-normes de la Renaissance : à la fois peintre, architecte, metteur en scène, ingénieur, inventeur, mathématicien ou encore botaniste, ses connaissances techniques effraient autant qu’elles fascinent. Ce personnage intriguant, entouré de mystères, aura voué toute sa vie à l’art et à l’innovation.

À l’orée du XVIe siècle, la concurrence artistique est rude à Rome, et des artistes comme Michel-Ange et Raphaël sont de plus en plus remarqués. Malgré sa grande renommée, Léonard de Vinci n’est plus sollicité pour ses talents de peintre. Au fil du temps, le savant se rend compte qu’il n’y a plus vraiment de place pour lui au sein de la ville antique.

François 1er vers 1530 – par Jean Clouet, huile sur toile, 96 x 74 cm, Paris, musée du Louvre. Roi bâtisseur, il est souvent perçu comme le souverain emblématique de la Renaissance française. (Image : wikimedia / Jean Clouet / Domaine public)

Un événement va pourtant donner un nouvel élan à sa vie déjà bien remplie. En 1515, François 1er, venant tout juste d’être couronné, revendique le duché de Milan, relançant ainsi les guerres d’Italie. Après son triomphe lors de la bataille de Marignan, celui-ci rencontre le pape à Bologne, dans l’objectif de négocier un concordat. Le peintre, qui accompagnait la délégation papale, a très probablement rencontré le monarque à ce moment-là.

Nul doute que les deux hommes étaient faits pour s’entendre. En effet, François 1er fait parvenir au génie italien une lettre dans laquelle il le prie de bien vouloir le rejoindre en France. Léonard de Vinci, malgré son âge avancé, accepte d’entreprendre ce dernier voyage.
C’est vraisemblablement au château d’Amboise, à l’automne 1516, qu’il est accueilli par la cour du roi de France, qu’il séduit très rapidement, grâce à son ingéniosité et à ses talents de metteur en scène. Le vieil homme s’installera non loin du palais, au château du Clos Lucé, où il passera les trois dernières années de sa vie, avant de s’y éteindre le 2 mai 1519.

Statue de Léonard de Vinci, italien mondialement célèbre pour son remarquable génie. (Image : goranmx / Pixabay)

Conformément à ses dernières volontés, Léonard de Vinci est enterré dans la collégiale Saint-Florentin, située autrefois au cœur du château d’Amboise. Néanmoins, l’édifice est endommagé durant la période révolutionnaire, puis détruit en 1807. En 1863, des fouilles permettent d’exhumer des ossements non loin d’une pierre tombale portant les fragments du nom de l’artiste, et ceux de saint Luc, saint patron des peintres. Il en est alors déduit qu’il s’agit effectivement des ossements du génie italien. Ces derniers furent donc transférés en 1874 en la chapelle Saint-Hubert, non loin du château, où ils demeurent encore aujourd’hui.