Les abeilles sont des bio-indicateurs de la pollution

Par Troy Oakes
Le 25/07/2020
Les abeilles sont des bio-indicateurs de la qualité de l’environnement d’une région, car elles se chargent de tous les polluants, qu’elles finissent par rapporter à la ruche. (Image : pixabay / CC0 1.0)
Les abeilles sont des bio-indicateurs de la qualité de l’environnement d’une région, car elles se chargent de tous les polluants, qu’elles finissent par rapporter à la ruche. (Image : pixabay / CC0 1.0)
 

Les d’abeilles sont des bio-indicateurs de la qualité de l’environnement d’une région, car elles se chargent de tous les polluants, qu’elles finissent par rapporter à la ruche. Elles couvrent de grands espaces et sont capables de voler sur de grandes distances. Elles finissent par se charger des particules qui s’accumulent dans l’air, l’eau, le sol, mais aussi les arbres et les fleurs.

En outre, quand les abeilles rentrent le nectar dans la ruche, elles le transmettent aux autres abeilles et il se répand dans toute la ruche. Cependant, l’utilisation des ruches pour analyser le degré de contamination environnementale implique la capture des abeilles et l’extraction de ce qu’elles ont ingéré et transporté à la surface de leur corps. L’échantillonnage peut également être effectué en utilisant les larves, les réserves de pollen et le miel. Tout cela est fastidieux et, parfois, préjudiciable à la ruche.

 

Deux des principaux risques toxiques pour les abeilles proviennent des traitements appliqués par les apiculteurs pour lutter contre un acarien, et l’utilisation à proximité de produits phytopharmaceutiques. (Image : pixabay / CC0 1.0)
Deux des principaux risques toxiques pour les abeilles proviennent des traitements appliqués par les apiculteurs pour lutter contre un acarien, et l’utilisation à proximité de produits phytopharmaceutiques. (Image : pixabay / CC0 1.0)
 

Afin de continuer à obtenir des informations sur la pollution environnementale sans altérer le fonctionnement normal des ruches, le professeur José Manuel Flores, du département de zoologie de l’université de Cordoue, a collaboré à un projet européen à l’université d’Almeria, mettant en service APISTrip, un outil non invasif pour échantillonner les contaminants dans les ruches.

APIStrip (Adsorb Pesticide In-hiveStrip) est basé sur l’utilisation d’une bande de polystyrène sur laquelle est appliquée une solution concentrée de Tenax, un matériau qui va servir à collecter des échantillons des divers polluants que les abeilles transportent. Les pesticides et les polluants recueillis à la surface sont ensuite extraits et analysés. À ce jour, cette méthode a permis de détecter jusqu’à 442 types de pesticides.

 

Lors d’un échantillonnage réalisé au Danemark, jusqu’à 40 résidus de pesticides différents ont été trouvés. (Image : pixabay / CC0 1.0)
Lors d’un échantillonnage réalisé au Danemark, jusqu’à 40 résidus de pesticides différents ont été trouvés. (Image : pixabay / CC0 1.0)
 

Lors de la validation de cette technologie, des études de terrain ont été réalisées à Cordoue et au Danemark. Le professeur José Manuel Flores a dirigé plusieurs essais utilisant l’APIStrip, dans la colonie d’abeilles du campus de Rabanales. Les tests ont porté sur différentes quantités de produit, différents emplacements en ce qui concerne la bande, et différentes périodes pendant lesquelles l’APIStrip était laissé dans les ruches. Ils ont déterminé que la méthode idéale pour extraire les contaminants est d’utiliser une bande de 5 x 10 cm, avec 1g de Tenax, pendant 14 jours.

Deux des principaux risques toxiques pour les abeilles proviennent des traitements appliqués par les apiculteurs pour lutter contre un acarien et de l’utilisation à proximité de produits phytopharmaceutiques. Lors de l’échantillonnage effectué au Danemark, jusqu’à 40 résidus de pesticides différents ont été trouvés. Grâce à cette méthodologie, les abeilles servent de « collecteurs d’échantillons » dans leur environnement et de « bio-indicateurs » de la pollution de l’environnement, sans avoir à subir de perturbations dans leur routine quotidienne. De cette façon, nous sommes mieux à même d’analyser les conditions environnementales et de planifier des actions pour améliorer la qualité de l’environnement. L’étude a été publiée dans la revue Science of The Total Environment.


Fournie par : Université de Córdoba. (Note : le contenu et la longueur des documents peuvent être modifiés).

Traduit par Fetty Adler

Version en anglais : Honeybees Reveal Environmental Pollution in Their Surroundings