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Homme. Le défilement infini : vous n’arrêtez pas de faire défiler sans fin, conseils pour vous aider à reprendre le contrôle

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On l’appelle le défilement infini : une fonctionnalité présente sur les réseaux sociaux, les plateformes de shopping, de vidéo et bien d’autres applications qui de charge continuellement du contenu lorsque vous arrivez en bas de la page. Pratique ? Oui. Astucieux ? Absolument. Piégé ? Sans aucun doute. Le défilement infini est probablement la principale raison pour laquelle il est si difficile de s’arrêter de faire défiler une fois qu’on a commencé.

Pour comprendre pourquoi cette caractéristique de conception est si sournoise, nous devons comprendre la psychologie et les comportements qu’elle exploite.

Tout d’abord, le défilement infini supprime toute pause naturelle, ce moment où l’on décide d’en avoir assez des réseaux sociaux pour aujourd’hui. Par exemple, Instagram s’arrêtait autrefois une fois que toutes les publications récentes des comptes suivis avaient été visionnées, et nous indiquait même que nous étions « à jour » pour la journée. Désormais, avec les algorithmes et le défilement infini, il est impossible de tout voir.

La deuxième raison pour laquelle il est si difficile d’arrêter de faire défiler votre fil d’actualité est la promesse d’une publication intéressante qui pourrait bientôt apparaître. L’algorithme « sait » ce que vous aimez. Ainsi, en parallèle du défilement infini, il vous propose sans cesse de petites choses alléchantes.

En clair, ces fonctionnalités contribuent à créer une forme d’addiction . La promesse d’une petite dose de dopamine à chaque fois qu’on regarde un contenu qu’on aime. Donc, les addictions sont difficiles à vaincre, mais pas impossibles.

Voici quelques solutions rapides et à plus long terme pour vous libérer de l’emprise du défilement infini

Les victoires rapides

Créez une pause

Votre appareil est peut-être la cause du problème, mais il peut aussi faire partie de la solution. Commencez par utiliser les fonctionnalités de contrôle du temps d’écran de votre téléphone, comme « Bien-être numérique » sur Android ou « Temps d’écran » sur Apple.

Vous pouvez également installer une application tierce plus sophistiquée qui vous oblige à rompre vos habitudes de défilement automatique.

Des applications comme One Sec, ScreenZen, Opal et Freedom permettent de perturber les habitudes automatiques liées au défilement de différentes manières. Elles peuvent, par exemple, imposer des pauses obligatoires avant l’ouverture des applications de réseaux sociaux ou appliquer des filtres de couleur (comme le niveau de gris) pour les rendre moins attrayantes.

Elles peuvent même bloquer complètement les applications pendant des périodes spécifiques si vous avez vraiment besoin d’une approche plus directe.

Supprimer les applications de réseaux sociaux

Cette suggestion suscite généralement un murmure d’étonnement quand je la propose, mais vous pourriez être surpris de vous habituer plus vite que vous ne le pensez à ne plus avoir les réseaux sociaux à portée de main. Il ne s’agit pas de supprimer vos comptes, mais simplement de rendre leur accès plus difficile.

Prévoyez du temps pour faire défiler la page

Si vous ne pouvez pas imaginer la vie sans faire défiler les écrans, réservez-vous un moment chaque jour pour cette activité. Que ce soit pendant votre pause déjeuner ou en rentrant du travail, accordez-vous la liberté de consulter vos réseaux sociaux pendant la durée que vous avez fixée (par exemple, 15 minutes) et ne culpabilisez pas. N’oubliez pas simplement qu’il faut fermer les applications et reprendre vos activités une fois le temps écoulé.

Un travail acharné

Ce qui précède pourrait limiter votre temps de défilement à court terme, mais les avantages à long terme (et la liberté émotionnelle) nécessiteront probablement un peu plus d’efforts.

Les astuces « faciles » fonctionnent souvent un temps, lorsqu’on est motivé à changer et optimiste. Mais le temps et les pressions de la vie peuvent éroder nos convictions.

Pour vous libérer véritablement de cette dépendance au défilement réfléchissez à votre rapport aux réseaux sociaux et demandez-vous si cette relation vous est bénéfique. Si vous avez l’impression qu’ils vous contrôlent bien plus que vous ne les contrôlez, voici quelques éléments à prendre en considération. Attention, ils risquent d’être difficiles à mettre en œuvre.

Quelle est la raison plus profonde 

Demandez-vous d’abord sérieusement pourquoi vous passez autant de temps à faire défiler votre écran. Est-ce un manque de volonté ? Cherchez-vous à éviter quelque chose ou quelqu’un ? Refoulez-vous des sentiments que vous préféreriez ignorer ?

Tous ces éléments peuvent expliquer notre besoin de distraction. Que ce soit pour éviter un problème important (comme une relation) ou un détail (comme préparer le dîner), le défilement incessant des réseaux sociaux est un symptôme, pas la cause du problème. Demandez-vous donc si ce comportement ne serait pas plutôt le symptôme d’un problème plus profond qu’il vous faudrait régler.

Qui profite à qui 

Demandez-vous dans quelle mesure vous avez réellement besoin des réseaux sociaux. Les utilisez-vous activement de manière à en tirer profit (par exemple, comme plateforme professionnelle) ou vous êtes-vous inscrit par simple curiosité il y a des années sans jamais vraiment vous demander pourquoi vous continuez à les utiliser ?

Si c’est le cas, analysez d’un œil critique les plateformes que vous utilisez et leur utilité. En moyenne, les Australiens utilisent régulièrement six à sept réseaux sociaux différents. Réfléchissez aux avantages que vous pourriez tirer d’un temps de défilement réduit, mais demandez-vous aussi si votre vie ne serait pas moins agréable sans certaines de ces applications.

Si vous ne voyez pas de raison vraiment convaincante pour laquelle la situation serait pire, il est peut-être temps d’en éliminer quelques-unes.

Ces solutions « difficiles » demanderont du temps et des efforts, et vous obligeront à réfléchir à vos habitudes. Mais, comme c’est souvent le cas, les bénéfices de ces efforts seront probablement plus importants et plus durables.

Rédacteur Fetty Adler
Collaborateur Jo Ann

Auteur : Sharon Horwood, Maître de conférences en psychologie, Université Deakin en Australie. Cet article est republié du site The Conversation, sous licence Creative Commons.

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