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Tradition. Germaine de Pibrac, le miracle du corps intact et autres miracles

FRANCE > Tradition

À Pibrac près de Toulouse, à la fin du XVIe siècle, vécut une jeune bergère, pauvre, à la santé défaillante, sans l'amour de ses parents, maltraitée par sa marâtre. Elle fut la cible de moqueries. Cependant elle avait beaucoup de dévotion pour Jésus et Marie et faisait tout simplement le bien autour d'elle. Elle décéda à 22 ans et on l'oublia. Pourtant quatre décennies plus tard, par le miracle de son corps intact et le témoignage d'anciens de son village, elle fut reconnue et vénérée comme une sainte.  

Germaine Cousin avait une maladie d'origine tuberculeuse et une main atrophiée. Son père était un modeste laboureur. Encore en bas âge, elle perdit sa mère. Son père se remarria avec une femme qui humilia et maltraita Germaine jusqu'à l'envoyer vivre sous un appentis pour l'éloigner de la vie familiale. Il lui était interdit de parler aux enfants de sa belle-mère. 

Elle trouvait du réconfort en allant garder le troupeau de moutons dans les pâturages aux abords de la forêt de Bouconne. Elle emmenait sa quenouille et son fuseau et filait la laine comme le faisaient les bergères autrefois. Elle pouvait sans dérangement y réciter son chapelet et prier.

Germaine de Pibrac, le miracle du corps intact et autres miracles
Un matin, la marâtre vint persécuter Germaine, la soupçonnant d'avoir volé un pain, mais ce furent des roses qui tombèrent de son tablier. (Image : wikimédia / Abdoucondorcet / CC0)

Les miracles, les bienfaits et la tolérance de la jeune bergère

Les trois miracles suivants, attribués à Germaine Cousin de son vivant ne sont pas attestés par des documents écrits du XVIe siècle. Les récits de ces miracles apparaissent uniquement dans des ouvrages hagiographiques postérieurs du XVIIe au XIXe siècles, compilés à partir de traditions orales ou de témoignages recueillis bien après sa mort. 

Très dévote, Germaine allait à la messe tous les jours et devait laisser ses moutons un bon moment sans surveillance. D'après les anciens du village, elle plantait sa quenouille comme un repère sur le pâturage. Les moutons restaient autour pendant l'absence de la bergère. Jamais une brebis ne s'égara et les loups nombreux à l'époque, semblaient par une force mystérieuse retenus d'approcher le troupeau.

Germaine devait traverser un ruisseau, le Courbet, pour aller à l'église. Un jour où il avait abondamment plu, le ruisseau devint comme un torrent rugissant. Des paysans la regardaient et se moquaient au loin de ce qu'elle allait bien pouvoir faire. Arrivée devant les eaux tumultueuses, celles-ci s'ouvrirent devant elle. Elle put alors traverser et revenir sans mouiller ses habits.

Germaine de Pibrac, le miracle du corps intact et autres miracles
Germaine put traverser la rivière en crue et revenir sans mouiller ses habits. (Image : wikimédia / Abdoucondorcet / CC0)

La bergère partageait souvent son pain noir avec les pauvres. Un matin où Germaine partait garder les moutons, la marâtre vint la persécuter, la soupçonnant d'avoir volé un pain. Elle lui ordonna, sous la menace, d'ouvrir son tablier, mais ce furent des roses qui en tombèrent et non un pain. Son père, très ému et stupéfait, interdit alors à sa femme de frapper Germaine et proposa à celle-ci de revenir dans la maison. 

Cependant Germaine refusa. Que ce soit le temps, les menaces ou la maladie, rien ne pouvait la détourner de sa foi en Dieu, de sa dévotion à Jésus et la Vierge Marie. Malgré les coups et les injures de sa belle-mère, elle ne gardait pas d'animosité ni même de rancœur envers elle. La jeune bergère avait le bonheur de pouvoir parler de Dieu aux enfants du voisinage.

En 1601, à 22 ans, elle fut retrouvée un matin, sans vie, sous l'escalier de la bergerie. 

Le miracle du corps intact de Germaine Cousin

À l'occasion d'une inhumation, en 1644, on décida de creuser une fosse dans l'église de Pibrac, à l'emplacement où Germaine avait demandé d'être ensevelie, devant l'autel de Notre-Dame. Cela avait-il été oublié aussi ?

Germaine de Pibrac, le miracle du corps intact et autres miracles
Malgré les coups et les injures de sa belle-mère, Germaine ne gardait pas d'animosité ni même de rancœur envers elle. (Image : wikimédia / Didier Descouens / CC BY-SA 4.0)

Les fossoyeurs commencèrent à creuser et découvrirent le corps parfaitement conservé d'une jeune fille enveloppée d'un linceul. « Les anciens du village sont les seuls à reconnaître ce corps : c'est Germaine Cousin, disent-ils, qui était manchotte et atteinte de la maladie des écrouelles », comme le rapporte le site saintegermainedepibrac.fr. 

« Il n'y a aucun signe de décomposition. Même les fleurs tenues par la jeune femme sont fraîches », affirme le site hozana.org dans son article Germaine de Pibrac : vie, miracles et prières.

Une femme, qui avait obtenu guérison en priant sincèrement Germaine, offrit un cercueil de plomb au corps miraculé de la jeune femme. Le cercueil avec le corps de Germaine fut laissé dans la sacristie pendant 16 ans encore. 

En 1661, le vicaire général de l'archevêque de Toulouse, venu en visite à Pibrac, vit le cercueil dans la sacristie. Il le fit ouvrir et fut ébranlé de voir la jeune femme toujours dans le même état de fraîcheur. Voulant savoir si le lieu de la sépulture était la cause du corps intact, il fit creuser tout autour de l'endroit où le corps avait été trouvé. Tous les morts trouvés là n'étaient plus que des squelettes. 

Germaine de Pibrac, le miracle du corps intact et autres miracles
Pour accueillir les nombreux pèlerins, il fut décidé, au début du siècle dernier, de construire une basilique en l'honneur de Sainte Germaine. (Image : wikimédia / Didier Descouens / CC BY-SA 4.0)

Deux siècles plus tard, la béatification et la canonisation de Germaine après de nombreux miracles 

Par la suite, les autorités ecclésiastiques de Toulouse demandèrent l'ouverture d'un procès de béatification de Germaine qui s'ouvrit en 1700. Le corps intact de la sainte attira à Pibrac la dévotion de nombreux pèlerins. Le corps resta dans son cercueil de plomb dans l’église de Pibrac.

Pendant la Révolution française, en 1993, « les révolutionnaires voulurent détruire ce " cadavre " qui attirait à Pibrac la dévotion de nombreux pèlerins », selon le site saintegermainedepibrac.fr.  Le corps de Germaine aurait subi, pour le détruire, le contact de la chaux vive. En 1802, les restes du corps furent déposés dans une châsse.

Germaine de Pibrac, le miracle du corps intact et autres miracles
En 1802, les restes du corps furent déposés dans une châsse. (Image : wikimédia / Didier Descouens / CC BY-SA 4.0)

En venant prier la sainte, beaucoup de pèlerins obtinrent la guérison de leurs maux. Deux miracles furent retenus pour la béatification de Germaine en 1854: la guérison d'une petite fille de sept ans, rachitique depuis ses dix-huit mois et la guérison instantanée et parfaite d'un jeune garçon de quatorze ans, atteint d'une fistule profonde à la hanche. 

Deux autres miracles, les guérisons de deux jeunes filles atteintes de paralysie, furent retenus en vue de la canonisation de Germaine en 1867 par le pape Pie IX.

Après la canonisation, l'église de Pibrac s'avéra trop petite pour accueillir les nombreux pèlerins. Il fut alors décidé de construire une basilique en l'honneur de Sainte Germaine, qui fut achevée en 1963.

Selon les chrétiens catholiques, Sainte Germaine intercède en faveur des faibles, des malades et de tous ceux qui souffrent. Elle est pour tous un bel exemple de foi et d'espérance inébranlables, de tolérance et de mansuétude dans les épreuves physiques et morales. 

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