Musée Choco-Story, un concept de musée décliné pour combler les chocophiles du monde entier
Qui a dit que le mauvais temps d’automne n’était pas une bénédiction ? C’est bien le vent d’un jour d’octobre et notre gourmandise qui nous poussent à franchir les portes du Musée Choco-Story de Paris, boulevard Bonne Nouvelle. L’automne reste propice pour les parisiens à la dégustation d’une bonne tasse de chocolat chaud, non ? C’est ainsi que Mr Fabrice Stijnen et Mme Jeannette Kabwa nous accueillent pour nous dévoiler l’Histoire de ce musée, celle du chocolat et de ses précieuses fèves de cacao.

Le concept Musée Choco-Story : une mission, une aventure
Mr Fabrice Stijnen n’est autre que le Directeur France des Musées du chocolat et sa collaboratrice Mme Jeannette Kabwa, la directrice du site de Paris. Il existe plus d’une dizaine de Musées du chocolat Choco-Story dans le monde, nés de la passion de leur collectionneur de cœur, Monsieur Eddy Van Belle. Celui-ci ayant rassemblé une collection impressionnante de plus de 10 000 pièces autour du chocolat dont plus de 40% illustrent la partie précolombienne ici même, à Paris. C’est au travers d’une belle aventure familiale que le visiteur découvrira ici, des chocolatières traditionnelles ouvragées, de cuivre, d’argent, ou encore en porcelaine de Sèvres délicatement peintes, chinées lors de brocantes ou des pièces bien plus précieuses acquises en salle de ventes aux enchères comme des statuettes aztèques ou mayas précolombiennes. Toutes ces pièces ayant été réparties judicieusement sur les différents musées du monde entier. Le Musée de Paris compte ainsi la plus importante collection avec plus d’un millier de pièces.
La mission principale du Musée Choco-Story est de partager et transmettre toutes ses connaissances et son savoir autour du chocolat, afin d’en préserver essentiellement le patrimoine, l’histoire, et l’identité propre à chaque région du monde où il s’établit. Finalement des musées, paradoxalement, « tous pareils, mais tous différents ! »

Le 1er Musée Choco-Story a vu le jour donc, en Belgique en 2004 à Bruges avec la famille de Mr Van Belle, ce passionné insatiable de chocolat. C’est en Belgique que tout naturellement le 1er Musée Choco-Story est né, en s’associant au prestigieux couverturier Belcolade, 2ème fabricant belge de chocolat, appartenant au groupe Puratos, l’un des 5 plus grands fabricants de chocolat gourmet au monde.
Couverturier et chocolatier ?
Les non-initiés se demanderont peut-être quelle est la différence entre un couverturier et un chocolatier ? Un couverturier est en général, un industriel, spécialisé dans la transformation des fèves de cacao en chocolat de couverture. Ce chocolat professionnel suffisamment riche en beurre de cacao, suffisamment sucré, sera alors destiné aux artisans tels que les chocolatiers, les pâtissiers, les glaciers ou même les boulangers. Le couverturier reçoit donc les fèves de cacao de différents crus venant du monde entier et les transforme en blocs et pastilles de chocolat blanc, noir, ambré ou au lait, prêts à l’emploi en tant que chocolat de couverture qui servira ensuite, pour des enrobages, des moulages, des ganaches ou encore à la confection de décors.
« Il y a donc un savoir-faire industriel qui permet d’obtenir un chocolat de qualité. » comme le souligne Mr Stijnen.
« Aujourd’hui, le couverturier peut être associé au chocolatier qui peut sublimer ce chocolat par différentes techniques de fourrage, de ganaches etc. »
En ce qui concerne le Musée Choco-Story, c’est donc le couverturier Belcolade qui a été choisi pour l’authenticité de son chocolat belge, contenant 100% de beurre de cacao et 100% de vanille naturelle. De plus, son usine se trouvant à Erembodegem, serait reconnue comme l’une des premières chocolateries industrielles, neutre en carbone.

En 2008, l’aventure Choco-Story se poursuit à Prague, avec un petit plus pour le public : la fabrication artisanale en direct de confiseries colorées.
En 2010, l’aventure du Musée Choco-Story passe par Paris et s’installe sur trois étages ici-même, rue Bonne Nouvelle, pour conter les plus de 5 000 ans d’Histoire du chocolat à travers le temps et les continents aux chocophiles de passage. Ces derniers pourront d’ailleurs dénicher de grands crus de cacao provenant d’Équateur, du Costa Rica, du Vanuatu, du Vénézuéla et bien d’autres encore, des crus souvent issus du commerce équitable.
Le Musée Choco-Story et ses valeurs
Les Musées Choco-Story aident les producteurs de cacao et mettent en avant leurs valeurs humaines au travers du label « Cacao Trace ». Celui-ci comprend un programme de durabilité pour un commerce plus équitable. En effet, ce programme développe deux objectifs essentiellement : le premier consiste à améliorer le quotidien des producteurs de cacaoyers, en protégeant les zones cultivées par exemple et le second consiste à bâtir un avenir durable pour la filière du cacao et ses communautés qui en dépendent. Ainsi, ce label encourage le développement de l’éducation, de la formation de ses habitants et vise à l’amélioration du domaine de la santé. La qualité des fèves de cacao étant privilégiée, celles-ci sont alors achetées à un prix supérieur par rapport au prix du marché local. Les producteurs de cacao gagnent ainsi mieux leur vie. Un cercle vertueux se met ainsi en place tout naturellement.
Le Musée Choco-Story et la coopération, le partenariat
En 2014, l’aventure Choco-Story renforce son identité belge en s’associant avec l’ancien Musée du cacao et du chocolat de Bruxelles, créée par Jo Draps. Il est bien connu que l’union fait la force et les deux partenaires belges du monde du chocolat l’ont très bien compris. Inspirés par la création de Jean Neuhaus La praline, les deux partenaires proposent à leurs clients d’assister chaque jour à la fabrication artisanale de celle-ci par leur Maître-chocolatier. Le succès est ainsi de nouveau au rendez-vous à Bruxelles.
La clairvoyance des Musées Choco-Story réside sans doute dans le fait qu’ils respectent leur environnement d’implantation, s’inspirant, s’enrichissant et coopérant avec les partenaires et collaborateurs régionaux locaux qui les entourent, jouant avec des lieux symboliques du patrimoine et respectant l’identité de chaque région ou pays. En encourageant donc un partenariat avec de grands artisans-chocolatiers, en utilisant les grands personnages ou monuments locaux. Ainsi, en belle osmose, chaque partenaire fait rayonner sa région.

En 2019, Le Musée Choco-Story de Colmar, ouvrant ses portes au public, collaborera avec l’impressionnant sculpteur Maître-chocolatier français : Jean-Luc Decluzeau, qui s’inspirera du plus célèbre alsacien, à savoir : Frédéric- Auguste Bartholdi, en réalisant la prouesse de sculpter une Statue de la Liberté en chocolat, unique au monde, dans un bloc de 360 kilos de chocolat noir, nécessitant plus de 320 heures de travail.

La collaboration de l’impressionnant Maître-chocolatier avec Les Musées Choco-Story ne s’arrête pas là. Fort de son expérience, il réalise d’autres œuvres monumentales pour le Musée de Paris. Les visiteurs du site parisien pourront ainsi admirer la Tour Eiffel comprenant 2 560 éléments et pièces de chocolat noir, pour une hauteur de 3m de haut, un poids de 350 kilos, avec une architecture défiant toute imagination, puisque celle-ci comprend 280 m de poutres et poutrelles, dont l’épaisseur varie entre 3 et 20 mm.

Dans la même salle, voisin de la Tour Eiffel en chocolat, campe fièrement l’Arc de Triomphe parisien en chocolat, avec son mètre de haut et ses 250 kilos de chocolat noir. Mais le clou du spectacle reste bien la réalisation de la façade de Notre-Dame de Paris, toujours réalisée en chocolat, sous l’égide de Jean-Luc Decluzeau. Avec ses détails minutieux, ce défi monumental en chocolat a nécessité plus de 400 heures de travail, en parallèle de la reconstruction de la véritable Notre-Dame de Paris.

Il n’aura pas échappé au Musée Choco-Story que Notre-Dame de Paris reste un symbole fort du patrimoine et de l’Histoire français depuis des siècles. Pour la célébrer, le Musée Choco-Story et leur sculpteur fétiche depuis plus de 20 ans, lui rendent ainsi un hommage chocolaté historique, ce qui est tout à leur honneur. Des millions de visiteurs du monde entier sont toujours fascinés par ses vitraux ainsi que par son architecture gothique. L’art et l’Histoire se trouvent donc au service du Maître-chocolatier français qui a su mettre en avant magistralement les gargouilles, les vitraux et la flèche de celle-ci. Des œuvres telles que celles-ci pourraient se conserver éternellement si elles restent bien protégées.
Mr Fabrice Stijnen nous confirme : « Jusqu’à 25 degrés le chocolat demeure assez stable. Nous surveillons aussi les insectes qui aimeraient le déguster. »
Des œuvres à dévorer littéralement mais... seulement des yeux

Paris reste sans nul doute la ville magique de l’art par excellence. C’est pourquoi, Le Musée Choco-Story de Paris entame sa collaboration avec un célèbre Meilleur Ouvrier de France, spécialisé dans la représentation de trompe-l’œil en chocolat. Celui-ci rend de façon très réaliste, différentes matières comme la pierre, le bois, le métal et le végétal à l’instar du bambou dans l’une de ses vitrines, ici présentes. Ce Meilleur Ouvrier de France n’est autre que Stéphane Leroux. Les lecteurs de Visiontimes passionnés de culture asiatique ne pourront être que conquis par la création de sa sublime fleur de lotus, symbole de l’espoir dans toute l’Asie, présentée ici dans cette vidéo.
L’art floral Chocolat – La fleur de Lotus avec Stéphane Leroux chap.4/6
Ainsi, les visiteurs du musée pourront apprécier deux types de conception d’œuvres chocolatées, certaines plus sculptées et d’autres créées avec des pièces de moulage délicatement assemblées entre elles, les différentes techniques se complétant pour le plaisir des yeux de tous, petits et grands.
C’est d’ailleurs dans cette salle du Musée Choco-Story parisien que nous reçoit Mr Fabrice Stijnen, un lieu empreint du patrimoine historique français.

L’Histoire du chocolat par le Musée Choco-Story de Paris
Mr Stijnen évoque l’Histoire passionnante du chocolat qui dure maintenant depuis plus de 5 000 ans.
« En effet, il y a 10 ans, nous ne connaissions que 4 000 ans d’Histoire du cacao, mais des découvertes récentes ont été faites qui ont ajouté un millénaire. Le chocolat est né en Amérique du sud, essentiellement autour de l’Équateur. C’est par la colonisation des Espagnols dans cette partie du monde que le cacao a été ramené. Ils l’ont gardé un peu caché en Espagne pendant un siècle, ensuite par les mariages entre les princesses espagnoles et les Rois français, le chocolat a commencé à se diffuser dans les cours européennes, et en France notamment. »
« Le chocolat s’est réellement déployé au XXe siècle sur le vieux continent durant l’après-guerre, où l’industrialisation nous a permis d’avoir plus de cacao. On a commencé à créer des plantations également dédiées à ce produit surtout en Afrique qui alimente aujourd’hui la majeure partie du chocolat dans le monde avec ses grands producteurs de cacao. Cette synergie a permis de mettre le cacao à la disposition de tout le monde. Jusqu’alors le chocolat était réservé aux élites entre les Rois, les Reines, les Princes, les cours royales, puis, la noblesse et seulement après la 2ème Guerre Mondiale, le chocolat s’est diffusé de façon très démocratisée pour l’ensemble de la population. »

« Le chocolat tel qu’on le connaissait chez les Aztèques et les Mayas n’a rien à voir avec ce que nous mangeons aujourd’hui. Le chocolat, à l’origine, était une boisson amère, très épicée et pas du tout sucrée. Puis, les Espagnols y intégreront petit à petit, toutes leurs épices qu’ils auront récupérées de leurs différentes expéditions. Ils vont ainsi y incorporer plus tard, de la cannelle, du clou de girofle..., du sucre, et c’est cela qui transformera le chocolat aztèque, qui ajustera son goût aux palais européens. »
« Les recettes vont naître de tout cela. Le chocolat dit " solide " arrivera très tardivement vers les années 1920-1930. Il existait avant sous forme solide mais c’était à fondre dans les chocolatières, créer de la mousse. Il y avait tout un cérémonial. »
« A Bruxelles, le Musée Choco-Story possède une ligne de transformation qui part des fèves. Selon les Musées Choco-Story, nous montrons d’autres choses. Chaque musée est différent. Chacun ayant sa spécificité, son identité. En France, nous parlons de l’Histoire des chocolats français et en Belgique de l’Histoire des chocolats belges. À Colmar, nous allons parler de la puissance de la chocolaterie en Alsace, puisqu’en réalité, c’est le plus grand producteur de chocolat. Il y a une grande partie industrielle qui a été réalisée dans cette région, mais c’est surtout l’endroit où il y a le plus grand nombre de chocolatiers. Ils ont leur propre histoire liée à l’industrialisation au départ, au savoir-faire ensuite, à la tradition des chocolats alsaciens. Ici, à Paris, nous allons montrer dans nos démonstrations avec les Meilleurs Ouvriers de France comment nous fabriquons un bonbon praliné ou un bonbon ganache. »
Collaboration Jade Lee
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