Les manifestations des 17 et 24 octobre ont réuni des centaines de milliers de personnes, en très grande majorité pacifiques. Le 17 octobre, pourtant, les débordements ont choqué bien au-delà de nos frontières. Diffusées en boucle, les images de casse et de pillage ont occulté l'ambiance générale et les revendications des manifestants. Elles ont laissé l'image d'une jeunesse violente et déshumanisée. Ce n'est pas la réalité. Hier comme aujourd'hui, ces exactions sont le fait d'une minorité qui ne représente pas la population.
Une vieille histoire
Les saccages ne sont pas nouveaux en France. Pendant la guerre des farines de 1775, la foule pille des boulangeries et des moulins. Le Larousse explique qu’en 1871, une trentaine de communards suffisent à incendier le palais des Tuileries. D’après Le Parisien, le 17 octobre 2026, des casseurs pillent 451 commerces à Paris . D'une époque à l'autre, c'est souvent une minorité qui agit au détriment de tous. Mais ces violences ne doivent pas faire oublier l'essentiel.

Mis à part les revendications traditionnelles, on pouvait voir fleurir de l’humour. (Image : wikimedia/ Maxlath/CC BY-SA 4.0)
Une foule joyeuse et inventive
Le 17 octobre, France24 relate que entre 550 000 et 800 000 personnes ont défilé contre la vie chère. À Paris, les cortèges avançaient au son des fanfares et de la musique techno, et la foule a entonné La Marseillaise place de la République. Les pancartes rivalisaient d'humour et de culture, un peu comme cette dernière retrouvée sur le blog Makno : « Je bloque donc je suis », signée « René Pancarte », ou encore des clins d'œil à Goya et à Magritte.
Une jeunesse qui demande un avenir
Loin de l'image d'une jeunesse destructrice, les lycéens et les étudiants ont porté des revendications concrètes : de meilleures conditions d'études, des services publics qui fonctionnent, des prix supportables. Un propos d’une lycéenne rapporté par franceinfo6 résumait l'esprit du mouvement : « C'est pas contre, c'est pour. Pour un avenir. Un avenir meilleur ».
Ils n'étaient pas seuls. Les gilets jaunes, les syndicats et soignants marchaient à leurs côtés. Franceinfo présente des parents brandissaient des pancartes « Des moyens pour nos gamins » et « Fier de nos enfants ».
La solidarité après la casse
Au lendemain des violences, à Paris, Lyon, Tours ou Limoges, des habitants sont descendus spontanément dans la rue, balai et sac-poubelle à la main, pour aider les éboueurs et les commerçants. « Il y a encore de l'humanité, donc on nettoie », confiait l'une d'entre eux à La Croix. Des bénévoles ont offert des cafés et des conseils aux commerçants touchés.
Le 24 octobre : la preuve par le calme
Une semaine plus tard, la mobilisation est restée forte : entre 410 000 et 800 000 personnes ont manifesté. Mais l'ambiance était bien différente. Les propos du ministre de l'Intérieur lui-même recueilli par Marianne a reconnu que « les cortèges se sont bien passés »
D'après le Ministère de l'Intérieur, il y a eu 24 commerces pillés dans toute la France, contre 228 dans le seul Paris le 17 octobre grâce aux forces de l’ordre, mieux préparés, qui ont fait un travail remarquable et aux syndicats qui ont accepté un tracé qui évite les centres-villes.
Ce qu'il faut retenir
Les images de vitrines brisées resteront. Mais elles ne racontent qu'une petite partie de l'histoire. Ces journées ont surtout montré une jeunesse qui s'engage, des générations qui marchent ensemble, et des habitants prêts à se retrousser les manches pour leurs voisins. Ne serait-ce pas cette France là, majoritaire, qu'il faut aussi montrer ?
Sources
- Larousse, « Farines (guerre des) »
- Le Parisien, « 451 commerces vandalisés » (22/10/2026)
- France 24, « Mobilisation massive en France contre la vie chère » (17/10/2026)
- France 24, « À Paris, les colères convergent » (17/10/2026)
- Le Monde, « Des manifestations d'ampleur conclues dans le chaos » (18/10/2026)
- Makno, « Génération 6/7 contre Mai 68 »
- franceinfo, reportage dans la manifestation du 17 octobre à Paris
- La Croix, « Des bénévoles veulent faire vivre la fraternité avec les commerçants »
- Marianne, « Des cortèges qui se sont bien passés »
- Ministère de l’Intérieur
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