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Tradition. Les liens entre les divinités et les fléaux terrestres

CHINE ANCIENNE > Tradition

Une légende raconte qu’à l’apparition de cinq divinités un fléau frappera la Terre

Les récits populaires chinois sur les dieux de la peste ont commencé sous la dynastie Sui (581-617). (Image : Zhiqing / Vision Times)
 

Dans la culture traditionnelle chinoise, on vénère divers dieux, comme le dieu du fleuve, le dieu de la montagne, le dieu du tonnerre, le dieu de la terre, etc. Toute chose dans le ciel et sur la terre est sous la responsabilité de différents dieux. Mais existe-t-il un lien entre les divinités et les fléaux terrestres ?

Leurs histoires ont été transmises de génération en génération. De nombreuses personnes ont été témoins de la présence des dieux, en rêve ou dans des circonstances particulières.

L'empereur Sui Wendi (隋文帝), aussi connu sous le nom de Yang Jian (楊堅), (541-604) réunifia le Nord en 577 et devint empereur en 581. En 589 il unifia toute la Chine. Il conduisit des réformes et de grands travaux. (Image : wikimedia / Yan Li-pen / Domain public)
L’empereur Sui Wendi (隋文帝), aussi connu sous le nom de Yang Jian (楊堅),
(541-604) réunifia le Nord en 577 et devint empereur en 581. En 589 il unifia
toute la Chine. Il conduisit des réformes et de grands travaux.
(Image : wikimedia / Yan Li-pen / Domaine public)
 

Des récits populaires établissent un lien entre les divinités et les fléaux terrestres

Les récits populaires chinois concernant les dieux de la peste ont commencé sous la dynastie Sui (隋朝), (581 – 618). Selon le Livre des Trois Religions, au sixième mois du règne de l’empereur Sui Wendi (楊堅 ) (541 - 604), on vit apparaître dans les airs, à environ un mètre cinquante du sol, cinq dieux portant cinq robes de couleurs différentes. Chacun d’eux tenait des objets dans les mains : une louche et une marmite, un sac en cuir et une épée, un éventail, un marteau et une bouilloire.

L’empereur Sui Wendi s’empressa de demander à un érudit : « Quels sont ces dieux ? Quelles bénédictions apportent-ils ? »

L’érudit répondit : « Ce sont les messagers des cinq directions, considérés comme les cinq dieux du ciel et les " cinq commissaires de Pestilence " (五瘟使者) sur terre. Zhang Yuanbo (張元伯), le dieu de la peste du printemps, Liu Yuanda (劉元達), le dieu de la peste de l’été, Zhao Gongming (趙公明), le dieu de la peste de l'automne, Zhong Shigui (鍾仕貴), le dieu de la peste de l’hiver, Shi Wenye (史文業), dieu central et supérieur de la pestilence. Les calamités qui viennent du ciel sont inévitables ».

Les empereurs corrigent leurs erreurs et vénèrent les Dieux

Cette année-là, la dynastie Sui fut frappée par une grande peste et de nombreuses personnes moururent. L’empereur Sui Wendi corrigea alors ses erreurs et fit construire un sanctuaire dédié aux cinq dieux de la peste.

La dynastie Tang (唐朝) (618 – 907) hérita du culte des cinq dieux de la peste de la dynastie Sui. Pendant les dynasties Tang et Song (宋朝), (960 - 1279), le monde croyait que les cinq dieux de la peste venaient sur terre pour disséminer ce fléau, sur ordre de l’empereur céleste.

Sous la dynastie des Song, un étudiant de Jinyun, dans la province du Zhejiang, a rapporté avoir rencontré les dieux de la peste. Ces derniers lui ont dit que le premier jour de la nouvelle année, ils répandraient la peste sur terre, mais que sa famille ne serait pas affectée. Les dieux lui en ont expliqué la raison : durant trois générations, sa famille avait été vertueuse et avait dispensé la bonté autour d’elle. De plus, elle intervenait pour empêcher les personnes de faire de mauvaises actions, et louaient celles qui en faisaient de bonnes.

Ainsi, les dieux de la peste sont présents dans la culture chinoise. Le roman mythologique chinois L’investiture des dieux (封神演義) mentionne également que le dieu, Jiang Ziya (姜子牙), sur ordre du premier empereur du ciel, nomma Lu Yue comme dieu de la peste. Il lui ordonna de diriger les dieux dédiés à la Pestilence pour « déclencher toutes maladies au moment opportun ».

La maladie correspond à un état causé par la mauvaise circulation de l’énergie, « qi », pendant les quatre saisons. Quiconque croit en Dieu sait que les fléaux terrestres sont, pour l’essentiel, des rétributions karmiques orchestrées par le Créateur, sur la base de l’équilibre entre le bien et le mal.

L'équilibre entre le bien et le mal

Depuis des temps lointains, le peuple chinois a compris que les dieux de la peste répandent des épidémies en fonction du déséquilibre entre le bien et le mal et, ainsi, le dicton « La peste a des yeux » est apparu dans sa culture.

Il est également connu que lorsque la moralité humaine tombe en deçà d’un certain niveau, le Divin déclenche des calamités pour avertir l’humanité de s’arrêter et de ne pas continuer à chuter.

Dans les récits consacrés aux épidémies, il est écrit que les personnes dotées de bonnes intentions et d’une morale élevée seront sauvées, alors que celles qui se sont corrompues en perdant toute conscience, seront punies en conséquence. Les anciens disaient : « Pour ceux qui font le bien, le ciel les récompensera par des bénédictions, pour ceux qui font le mal, le ciel les récompensera par des calamités ».
 

Rédacteur Yao Xu

Collaboration Farida L.

 

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