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Histoire.  L’époque de l’essor du bouddhisme : les deux dynasties Jin, du Nord et du Sud

CHINE ANCIENNE > Histoire

Avec la fin de l’ère des Trois Royaumes (220-280 ap. J.-C.), qui était axée sur la « loyauté », après une brève période d’unification, la Chine a connu une période de grandes divisions et de troubles pendant plus de trois cents ans. Il s’agit également d’une époque où le bouddhisme était largement répandu dans l’Empire du Milieu : sous les deux dynasties Jin (266-420 ap. J.-C.) et les dynasties du Nord et du Sud (420-589 ap. J.-C.).

Poser les fondements de la foi humaine - Un aperçu de l’introduction du bouddhisme en Chine

Il est bien connu que le bouddhisme est né dans l’Inde ancienne (2500-1500 av. J.-C.), mais comment est-il arrivé en Chine et comment est-il devenu la croyance des Chinois ? Naturellement, certaines conditions et opportunités étaient nécessaires, mais l’histoire parcourue avait déjà tout mis en marche.

D’un point de vue géographique, l’Inde ancienne désigne non seulement l’Inde actuelle, mais aussi l’ensemble du sous-continent sud-asiatique qui inclue le Bhoutan, le Népal, le Pakistan et le Bangladesh. Dans les anciens livres d’histoire de la Chine, l’Inde était appelée « Shindu » ou « Tianzhu ».

L’Inde ancienne était située à l’ouest et au sud-ouest de la Chine, à proximité du Xiyu, autrement appelé Régions de l’Ouest. Concept géographique de l’histoire chinoise, ce territoire désigne la vaste zone située à l’ouest du passage Yumenguan et du passage Yangguan, composants de la  route de la soie, dans le désert de Gobi, près de Dunhuang, dans la province du Gansu, en Chine. Dans un sens plus étroit, les Régions de l’Ouest désignent le Xinjiang historique.

Le Xinjiang est situé au centre du continent eurasien et était une plaque tournante des échanges entre l’Orient et l’Occident. L’histoire nous apprend que Zhang Qian, de la dynastie des Han occidentaux, a voyagé en Occident et a ouvert la route de la soie, ce qui a permis à la Chine de communiquer plus facilement et plus aisément avec les cultures étrangères. Le bouddhisme a été introduit et propagé en Chine le long du chemin entre l’Inde ancienne, les Régions de l’Ouest, la route de la soie, les plaines centrales en Chine et jusqu’au reste de la Chine.

L’introduction du bouddhisme dans les régions de l’Ouest

Le bouddhisme a été introduit à Ü-Tsang (aujourd’hui Hotan) et Güze (aujourd’hui Kucha) dans les Régions de l’Ouest, à l’époque du roi Ashoka en Inde (304-232 av. J.-C.), au IIIe siècle avant J.-C.

Vers 80 avant J.-C., le premier monastère bouddhiste a été établi dans les Régions de l’Ouest avec l’arrivée du bouddhisme du petit véhicule (hīnayāna). Après son essor en Inde, le bouddhisme du grand véhicule (mahāyāna) a également été introduit dans les Régions de l’Ouest aux alentours des IIe et IIIe siècles de notre ère. La coexistence de ces deux écoles a progressivement conduit à la formation d’une région bouddhiste centrée sur les villes de Ü-Tsang, Guzi, Gaochang (aujourd’hui Turpan) et Shache et Shule (aujourd’hui Kashgar).

Naturellement, les habitants des Régions de l’Ouest ont été les premiers à s’imprégner des enseignements bouddhistes. De la dynastie Qin à la dynastie Han orientale, les groupes ethniques qui habitaient les Régions de l’Ouest (au sens large du terme) comprenaient les Yuezhi, les Wusun, les Dawan, les Xiongnu, les Xianbei, les Qiang et les Jie. L’essor et la force du bouddhisme dans les Régions de l’Ouest ont naturellement affecté ces groupes minoritaires, et de nombreuses personnes, y compris les aristocrates de la classe supérieure, ont commencé à écouter le dharma et à devenir bouddhistes.

Au moment où le bouddhisme a été introduit dans les Régions de l’Ouest, les groupes minoritaires susmentionnés se sont battus entre eux pour le territoire, les Xiongnu ayant subjugué la plupart d’entre eux pendant la dynastie des Han occidentaux et détenant de vastes territoires des Régions de l’Ouest. Certaines des minorités vaincues ont commencé à migrer à l’extérieur ou à l’intérieur de la Chine. Celles qui sont entrées en Chine se sont mêlées progressivement au peuple Han.

Ici, il faut mentionner le clan Yuezhi. Ils ont d’abord vécu dans la région du corridor du Hexi et ont été vaincus par les Xiongnu pendant la dynastie des Han occidentaux. Une partie des Yuezhi a dû se déplacer vers le nord, puis vers la vallée de l’Amou-Daria, où ils ont fondé l’Empire kouchan au Ier siècle de notre ère et ont prospéré dans le nord de l’Inde, annexant le Gandhara (l’un des seize royaumes de l’Inde ancienne) et devenant les codirigeants dans le Nord de l’Inde ancienne. Le souverain le plus connu de l’Empire Kouchan – Kanishka - était un fervent adepte du bouddhisme et il a ensuite ramené l’art du bouddhisme dans les Régions de l’Ouest.

L’introduction du bouddhisme dans l’Empire du Milieu

Lorsque l’empereur Han Mingdi (28-75 ap. J.-C.) de la dynastie des Han Orientaux a entendu dire qu’il existait dans les Régions de l’Ouest un divin dont le nom était Bouddha, il a envoyé un émissaire à Tianzhu (l’Inde ancienne), pour obtenir ses livres et sa méthode de pratique. Ensuite, il a fait construire le premier temple bouddhiste de Chine, le temple du Cheval blanc, à Luoyang.

À cette époque, un certain nombre de moines bouddhistes indiens ont également commencé à arriver aux plaines centrales pour diffuser le Dharma et traduire les écritures bouddhistes. Le nombre de personnes qui croyaient au bouddhisme est également passé de quelques-uns à beaucoup. Selon le Livre des Han postérieurs, la biographie de Tao Qian, à l’époque du dernier empereur de la dynastie Han, l’empereur Han Xiandi (181-234 ap. J.-C.), il y avait déjà quelques temples bouddhistes dans l’ancienne ville de Luoyang.

Pendant la période des Trois Royaumes, la dynastie Wei (220-266 ap. J.-C.) a succédé à la dynastie Han et a choisi Luoyang comme capitale, et toute la culture a été héritée de la dynastie Han, on peut donc dire que le bouddhisme de la dynastie Wei était également une continuation du bouddhisme de la dynastie Han. L’empereur Wei Migdi (206?-239 ap. J.-C.) avait construit une grande pagode et on sait que Cao Zhi ((192-232 ap. J.-C.) un poète chinois de l’époque des Trois Royaumes aimait lire les écritures bouddhistes.

D’autre part, à partir de la fin de la dynastie des Han orientaux, en raison des conquêtes militaires de la dynastie des Han et de la nécessité de pallier le manque de troupes et de main-d’œuvre dans les plaines centrales, ainsi que des combats entre les différentes minorités ethniques des régions environnantes, les différentes minorités ethniques des frontières occidentales et septentrionales de la Chine ont commencé à migrer à grande échelle vers la Chine.

Les minorités ethniques émigrant en Chine ont apporté la foi bouddhiste

À la fin des Trois Royaumes et au début de la dynastie des Jin occidentaux (266-316 ap. J.-C.), la migration du peuple Hu vers la Chine a atteint son apogée. Les principaux groupes ethniques qui ont migré vers la Chine sont les Xiongnu, les Jie, les Xianbei, les Di et les Qiang, généralement appelés les « Cinq Hu » dans l’histoire. Le terme « Hu » était un terme général utilisé par les Chinois Han dans les temps anciens pour les groupes ethniques autres que les Han, en particulier ceux du nord.

Sous la dynastie des Jin occidentaux, un grand nombre de minorités ethniques vivaient dans le nord, l’est et l’ouest de la Chine, en particulier dans les régions de Bingzhou et de Guanzhong. Au cours du processus de cohabitation, les minorités ethniques et les Chinois Han se sont influencés mutuellement.

D’une part, sous l’influence des Han, ces minorités migrantes sont passées progressivement d’un mode de vie nomade à un mode de vie agricole, d’autre part, comme la plupart de ces minorités croyaient au bouddhisme, lorsqu’elles se sont mêlées aux Han, le bouddhisme a été progressivement accepté par les Han et s’est largement répandu dans la population. En particulier, bien que l’établissement des seize royaumes à la fin de la dynastie des Jin occidentaux et durant la dynastie des Jin orientaux ait provoqué des troubles dans les plaines centrales, cette période a contribué à la diffusion du bouddhisme à grande échelle.

Une période où le bouddhisme dans les Régions de l’Ouest a atteint son apogée

Pendant les Trois Royaumes, la dynastie Jin et les dynasties du Nord et du Sud, le bouddhisme a atteint son apogée dans les Régions de l’Ouest. Le bouddhisme était pratiqué par tous, des princes et ministres jusqu’aux gens ordinaires. En particulier, il est devenu la mode pour un grand nombre de princes et de nobles de devenir des moines bouddhistes, donnant aux abbés et aux moines un statut social élevé et favorisant le développement du bouddhisme, répandant son influence sur la société. Cette influence s’est aussi lentement étendue aux régions du centre et du sud de la Chine.

Au cours de cette période, de nombreuses grottes de grande envergure ont été creusées et de magnifiques temples bouddhistes ont été construits dans les Régions de l’Ouest, et des sages de toutes les directions ont été recrutés pour donner des sermons et des enseignements, faisant des temples bouddhistes les centres politiques, économiques et culturels de la société de l’époque. Comme le montrent les vestiges des grottes et des temples bouddhistes à Gaochang et ailleurs, la plupart d’entre eux étaient situés dans un environnement naturel magnifique, près des montagnes et des cours d’eau. Certains temples se trouvent au cœur de la ville, près du palais et des marchés animés, ce qui en fait une destination sacrée fréquentée par le peuple.

Conclusion :

Après son épanouissement en Occident, le bouddhisme a commencé à se répandre largement le long de la route de la soie, lorsque les moines sont partis à l’ouest à la recherche des enseignements du Bouddha ou sont venus en Chine pour les propager, et lorsque les minorités Hu se sont installées en Chine et ont régné sur les plaines centrales. Pendant les dynasties du Nord et du Sud en particulier, la diffusion du bouddhisme a atteint une période relativement forte.

Autrefois, lorsque les Chinois voulaient devenir des dieux, le moyen d’y parvenir était de pratiquer le Tao. Cependant, le taoïsme est une pratique solitaire, et ne peut être pratiqué à grande échelle. Le bouddhisme, en revanche, est différent en ce qu’il met l’accent sur le salut de tous les êtres. La diffusion du bouddhisme dans toute la Chine a progressivement permis de comprendre ce qu’est le bouddhisme et ce qu’est la pratique, et a jeté les bases de la compréhension du bouddhisme par les Chinois.

En outre, la croyance et la pratique du bouddhisme par de nombreux empereurs durant les deux dynasties Jin et les dynasties du Nord et du Sud ont joué un rôle positif dans l’essor et la diffusion à grande échelle du bouddhisme.

Rédacteur Tchen Sixuan

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