Violation des droits de l’homme par les covid tech chinoises

Par Vision Times
Le 11/09/2020
En achetant des systèmes de dépistage de Covid-19 à des sociétés chinoises de technologie de surveillance, les entreprises américaines soutiennent indirectement la persécution des musulmans ouïghours dans le Xinjiang. (Image : pixabay / CC0 1.0)
En achetant des systèmes de dépistage de Covid-19 à des sociétés chinoises de technologie de surveillance, les entreprises américaines soutiennent indirectement la persécution des musulmans ouïghours dans le Xinjiang. (Image : pixabay CC0 1.0)
 

L’épidémie de Covid-19 a obligé de nombreuses entreprises à se doter de systèmes de dépistage du Covid-19, afin d’identifier les employés potentiellement infectés et protéger ceux qui ne le sont pas. Cependant, il semble que certaines entreprises américaines s’approvisionnent auprès de fabricants chinois dont on sait qu’ils sont liés à des violations des droits de l’homme à l’encontre des musulmans ouïghours.

S’approvisionner en Chine

En avril, Amazon s’est fait livrer 1 500 systèmes de caméras thermocartographiques, en provenance de Dahua Technology, une entreprise chinoise spécialisée dans les techniques de surveillance. Ces machines devaient être installées dans les entrepôts d’Amazon pour surveiller les signatures thermiques des employés et alerter les responsables si le système détectait des symptômes de type Covid-19 chez les travailleurs. Des systèmes de surveillance similaires ont également été livrés à des entreprises comme Chrysler et IBM. Cependant, en s’associant avec Dahua Technology, les entreprises américaines soutiennent indirectement la persécution de la communauté ouïghoure du Xinjiang.

L’entreprise Dahua Technology a commencé par établir un partenariat avec le ministère de la sécurité d’État et à ce jour, la majorité de ses fonds de projets sont soutenus par le gouvernement. Elle fournit des applications de surveillance de santé publique, utilisées dans les régions du nord-ouest de la Chine pour surveiller les Ouïghours et identifier ceux qui seront envoyés dans des camps d’internement. Le logiciel de l’entreprise permet aux autorités de rechercher des personnes grâce à un suivi GPS et à la reconnaissance faciale, mais aussi d’assurer l’identification par appartenance ethnique.

 

Dahua fournit des logiciels et des applications de vidéosurveillance de santé publique, utilisées dans les régions du nord-ouest de la Chine pour surveiller les Ouïghours et identifier ceux qui seront envoyés dans des camps d’internement. (image : Capture d’écran / YouTube)
Dahua fournit des logiciels et des applications de vidéosurveillance de santé publique, utilisées dans les régions du nord-ouest de la Chine pour surveiller les Ouïghours et identifier ceux qui seront envoyés dans des camps d’internement. (image : Capture d’écran / YouTube)
 

Dahua aurait reçu un milliard de dollars pour construire des enceintes de surveillance. Le département américain du Commerce a placé Dahua sur sa liste noire en raison de son implication dans des violations des droits de l’homme, interdisant essentiellement aux entreprises américaines de vendre quoi que ce soit à la firme chinoise. Compte tenu de ces révélations, les sociétés américaines comme Amazon ne devraient pas avoir de lien avec Dahua. En conséquence, le fait qu’Amazon et d’autres entreprises achètent à Dahua pourrait nécessiter un examen plus approfondi de la part de Washington.

En mars, un rapport de l’Australian Strategic Policy Institute (ASPI) a identifié 83 entreprises étrangères et chinoises bénéficiant directement ou indirectement du travail forcé des Ouïghours. Grâce au programme gouvernemental « Xinjiang Aid », on estime qu’environ 80 000 Ouïghours ont été déplacés hors du Xinjiang et envoyés dans des usines fabriquant du textile, des automobiles et de l’électronique. Les 83 entreprises identifiées dans le rapport incluent des marques bien connues comme Nike, Adidas, BMW, Amazon, Apple, Gap et Samsung. En juillet, le Département d’État américain a publié un avis qui mettait en garde les entreprises américaines ayant des chaînes d’approvisionnement en Chine, contre toute association avec des entités utilisant le travail forcé et s’adonnant à d’autres violations des droits de l’homme.

Se dissocier de la Chine

Le gouvernement américain pense de plus en plus à dissocier ses chaînes d’approvisionnement de la Chine. Le président Trump a récemment proposé un plan visant à accorder des crédits d’impôt aux entreprises américaines qui transfèrent leurs usines hors de Chine. En mettant fin à la dépendance de l’industrie manufacturière américaine à l’égard de la Chine, Donald Trump promet de créer 10 millions d’emplois en 10 mois. Il a également indiqué que les entreprises américaines qui sous-traitent avec la Chine pourraient se voir interdire de recevoir des contrats gouvernementaux.

 

Le président Trump a récemment proposé un plan visant à accorder des crédits d’impôt aux entreprises américaines qui délocalisent leurs usines de Chine. (Image : The White House / CC0 1.0)
Le président Trump a récemment proposé un plan visant à accorder des crédits d’impôt aux entreprises américaines qui délocalisent leurs usines de Chine. (Image : The White House / CC0 1.0)
 

« Nous avons construit la plus grande économie de l’histoire du monde et maintenant je dois la refaire », a-t-il déclaré, comme l’a rapporté la BBC. Selon un récent rapport de la Bank of America, la pandémie de Covid-19 a contraint les entreprises de 80 % des secteurs à l’échelle internationale, à réorganiser leurs opérations d’une manière ou d’une autre. Si toutes les entreprises étrangères opérant actuellement en Chine devaient quitter le pays, cela coûterait 1 000 milliards de dollars sur une période de 5 ans, ce que le rapport qualifie de « significatif, mais non prohibitif ». Les entreprises du Fortune Global 500 ont généré à elles seules plus de 33 000 milliards de dollars de revenus, seulement en 2019.


Traduit par Fetty Adler

Version en anglais : Buying COVID Tech From Chinese Firms Tarnished With Human Rights Abuses