Danièle Giazzi : La passion de la politique

Par Vision Times
Le 06/12/2019

 

Danièle Giazzi, maire du XVIe arrondissement de Paris et candidate pour sa réélection aux municipales de 2020. ( Image : Mairie du XVIe)
Danièle Giazzi, maire du XVIe arrondissement de Paris et candidate pour sa réélection aux municipales de 2020. (Image : Mairie du XVIe)
 

Danièle Giazzi, maire du XVIe arrondissement de Paris et candidate pour sa réélection aux municipales de 2020, a accordé un entretien exclusif à Vision Times. Elle aborde de nombreux sujets comme le logement, la sécurité, la proximité avec des habitants et les municipales 2020.

Née en Suisse, de nationalité française et d’origine hongroise, Danièle Giazzi, 64 ans, débute dans la politique en 1974. Elle est élue pour la première fois au conseil municipal du XVIe arrondissement en 1983. «Jai toujours eu une vie professionnelle», déclare Danièle Giazzi. Docteur en pharmacie, elle exerce différentes fonctions à la direction générale de grandes entreprises, elle mène aussi une carrière en tant que consultante en fusion et acquisition, ainsi qu’en stratégie internationale. Parallèlement à sa vie professionnelle et familiale, elle a toujours fait de la politique. «La politique ça se fait quand on a fini de travailler, ça se fait le soir et le week-end, quand les gens sont réceptifs à ce qu’on va leur dire» explique Danièle Giazzi.

Elle intègre le conseil de Paris en 1989, puis pendant 6 ans, de 1995 à 2001, elle est adjointe de Jean Tiberi. Durant la période 2008 -2017 elle est première adjointe au maire du XVIe arrondissement, et devient le maire du secteur en 2017. «Je suis très fière aujourd’hui d’être maire d’un arrondissement que je connais depuis toujours», confie Danièle Giazzi, et tout au long de ces années d’«avoir fait le maximum pour cet arrondissement».

Depuis 2001 la majorité de la Mairie de Paris n’est pas la même que celle de l’arrondissement, donc «ça engendre des mésententes sur beaucoup de sujets», mais «globalement nous essayons de représenter au mieux les gens qui y habitent», explique Danièle Giazzi.

Il fait «bon de vivre» dans le XVIe

«L’arrondissement a beaucoup changé avec la population qui s’est rajeunie» depuis une dizaine d’années. De plus, comme «les femmes travaillent de plus en plus, ça fait un arrondissement très vivant, constate Danièle. Les habitants demandaient autrefois de garder le quartier calme, mais à présent, il y a davantage de demande pour les restaurants et les terrasses, les gens veulent plus d’espaces, plus d’animation et de loisirs en plein air.

Il reste encore de nombreux problèmes à résoudre, mais il fait quand même «bon d’y vivre». Le centre d’actions sociales du XVIe est le plus grand de Paris en termes de nombre de demandes. Ceci s’explique par le départ des familles aisées pour la Belgique ou la Suisse en raison de la hausse des impôts sous François Hollande et le retour de gens plus modestes, mais aussi en raison du chômage des cadres qui a touché également le XVIe. «On a aussi la misère en col blanc, c’est à dire les cadres qui ont perdu leur emploi», rappelle D.Giazzi.

Concernant le marché de l’immobilier, le XVIe s’est beaucoup plus «normalisé» avec des prix qui sont revenus très largement dans la moyenne parisienne. Au niveau du prix des logements, l’arrondissement ressort en effet en 8ème position sur Paris.

Vision historique des «villages»

Autrefois, «le XVIe arrondissement c’était les anciens domaines des rois», raconte Danièle Giazzi. Avant la construction des immeubles actuels, c’était un vaste terrain de chasse vallonné qui s'étendait du centre de Paris jusqu’au  Bois de Boulogne. Il y avait plusieurs grands châteaux de seigneurs. Le lieu n'a été officiellement inclus dans la ville de Paris qu'en 1860, avant qu'il ne soit composé des trois villages de Chaillot, Passy et Auteuil. Bien que largement construit, l’arrondissement comprend beaucoup d’espaces verts et de jardins.

Aujourd’hui le XVIe c’est toujours des «villages» et l’objectif reste de maintenir cette vision. «Quand nous donnons les permis de construire pour les nouveaux immeubles, nous essayons de garder une certaine homogénéité» indique-t-elle. En même temps, elle déplore les actions de la Mairie de Paris qui impose beaucoup de logements sociaux qui ne s’intègrent pas bien dans le paysage du quartier.

 

Vue de Paris, d'après l'impression de fin du 16ème siècle, publié au Magasin Pittoresque en 1845. ( Image : 123RF)
Vue de Paris, d’après une impression de la fin du 16ème siècle publiée dans le Magazine Pittoresque en 1845. (Image : 123RF)
 

Faciliter la vie des habitants

Il y a trois ans, Danièle Giazzia créé le Salon «Made in 16», qui réunit les forces économiques du XVIe. Il s’agit d’un salon de 4 à 5 jours qui propose des offres d’emploi et des conférences spéciales dans divers endroits de l’arrondissement au cours de cette période. C’est «une sorte de microcosme économique du 16ème qui marche!» s’exclame-t-elle. «Je suis partie d’un constat illogique dans le XVIe arrondissement». «Beaucoup de personnes travaillant dans le XVIe vivent de l'autre côté de Paris, où des habitants du 16ème arrondissement travaillent dans d'autres quartiers parisiens» a-t-elle déclaré. Cela apporte aux gens des problèmes quotidiens tels que les transports en commun ou les services de garde d’enfants. C’est pourquoi dans le XVIe les entreprises recrutent maintenant plus de résidents du quartier. Pour exemple, quand le magasin Boulanger a ouvert ses portes, il a embauché pour 99% les gens du XVIe.

Suite à l’investiture de Rachida Dati comme tête de liste de la droite parisienne aux municipales 2020, Danièle Giazzi a exprimé sa satisfaction : «J’attendais avec impatience qu’on ait un candidat, parce que ce n’est pas facile de faire de la politique sans candidat», a-t-elle affirmé. En même temps elle a souligné que les délais d’investiture des maires sont tardifs. «Malheureusement les investitures des maires de secteur sont repoussées à mi-décembre, ça fait un peu loin, mais de toute façon je rêve que Paris revienne à la droite et au centre et qu’Anne Hidalgo s’en aille» a ajouté Danièle Giazzi.

 

Façade de maison typique avec balcon dans le 16ème arrondissement de Paris. (Image : 123RF)
Un immeuble haussmannien du XVIe arrondissement de Paris. (Image : 123RF)
 

Besoin de changement

Concernant le bilan de l’action d’Anne Hidalgo, Danièle Giazzi a lancé qu’«Anne Hidalgo n’aime pas Paris, car si elle aimait Paris comme moi j’aime le XVIe, elle voudrait le modeler, le sculpter… en le modernisant et en le rendant beau». Elle a remis en cause le sectarisme d’Anne Hidalgo qui veut que tous les arrondissements soient «à égalité», en évoquant le sujet du logement social. En dehors du fait que «c’est une grande dépensière» a dit Danièle Giazzi à propos d’Anne Hidalgo, car la dette de Paris a augmenté de 50%, «elle a préempté  beaucoup d’immeubles privés à des prix exorbitants sous prétexte de faire du logement social partout». «Elle n’a pas fait de logement intermédiaire, ce qui a chassé les familles hors de Paris», a-t-elle expliqué.

Pour les élections municipales de l’année prochaine, Danièle Giazzi a déclaré fin septembre sa candidature à sa réélection. «Ma campagne sera courte, j’ai l’avantage d’un maire sortant et je pense que les administrés préfèrent que je m’occupe d’eux», a-t-elle indiqué. Elle fera campagne au dernier moment. Elle a précisé  que «le rôle d’un maire, c’est d’animer son arrondissement» et qu'elle ferait du XVIe un endroit plus agréable à vivre pour ses habitants de façon à servir les gens plus facilement. Les questions de sécurité et de propreté dans le quartier sont également au centre de son programme.

«La politique c’est passionnant», conclut Danièle Giazzi. «C’est comme un «virus», on commence un peu, puis on dit qu’on va s’arrêter et on n’arrête jamais».