Press "Enter" to skip to content

Monde. Répression massive des gangs au Salvador : dix mille soldats encerclent la ville de Soyapango

ACTUALITÉ > Monde

Le 3 décembre, 10 000 soldats ont encerclé la ville de Soyapango, dans le cadre de la guerre contre les gangs au Salvador, lancée en mars par le président Nayib Bukele. Le dimanche 4 décembre, des milliers de soldats ont défilé dans la ville, procédant à l’arrestation de 140 membres de gang.

Dans un pays en proie à la violence des gangs, ce déploiement de troupes est devenu l’un des plus importants dans le cadre de la répression des gangs de rue par Nayib Bukele.

Bouclage de la ville

Les soldats et les policiers étaient postés le long des routes, veillant à ce que personne n’entre ou ne sorte de la ville sans papiers. Pendant ce temps, les forces spéciales sont entrées dans la ville pour traquer les membres des gangs de rue, selon AP News.

Soyapango, l’une des plus grandes villes du Salvador, située à 13 kilomètres à l’ouest de San Salvador, est considérée comme un centre d’activité des gangs.

Des photos publiées par le gouvernement montrent des troupes, vêtues de gilets pare-balles et armées de fusils, attendant à l’extérieur de la ville.

« À l’heure actuelle, la municipalité de Soyapango est totalement encerclée », a annoncé Nayib Bukele sur Twitter. « Les équipes d’extraction de la police et de l’armée ont pour mission d’extirper un par un tous les membres de gangs encore présents ».

Nayib Bukele a également assuré que la population « n’a rien à craindre », affirmant qu’il lançait « une opération contre les criminels, pas contre les honnêtes citoyens. »

Selon la BBC, le ministre de la Justice du Salvador a indiqué que 12 personnes avaient fait l’objet d’une arrestation à la date de samedi.

Déclaration de l’état d’urgence

La répression de Nayib Bukele contre les gangs de rue qui a débuté fin mars, a été instaurée après que 62 meurtres attribués aux gangs criminels ont été commis en 24 heures. Le président a alors déclaré l’état d’urgence, un décret qui a été renouvelé tous les mois depuis lors.

En octobre, environ 2 000 soldats et policiers ont encerclé la ville de Comasagua après que des membres de gangs aient été soupçonnés d’avoir perpétré un meurtre. 50 suspects ont été arrêtés en deux jours seulement.

La récente opération à Soyapango constitue ce que le président a appelé la « phase cinq » de la répression.

Bien que la répression de la violence des gangs par Nayib Bukele ait contribué à restaurer la confiance, les groupes de défense des droits l’ont critiqué pour sa gestion de l’affaire, accusant les autorités de cibler les jeunes hommes en fonction de leur âge, de leur apparence et de leur proximité avec les zones de gangs.

Il n’a répondu à aucune des critiques formulées par ces groupes et différents gouvernements à travers le monde.

Des organisations non gouvernementales ont également signalé que plusieurs milliers de violations des droits humains auraient été commises, et qu’au moins 80 personnes auraient perdu la vie pendant leur détention.

Alors que le nombre de meurtres a considérablement diminué, le taux élevé d’arrestations aurait provoqué une augmentation de la population carcérale au Salvador, inondant les installations et obligeant le gouvernement à mettre en place un nouveau pénitencier.

Des informations font aussi état de citoyens normaux pris d’assaut par la police.

Suite à l’arrestation de son mari, une dame du nom de Zoyla Torres a déclaré : « Nous ne créons d’ennuis pour personne, mon mari n’a rien à voir avec les gangs. Il travaille dans une usine qui fabrique des sacs pour le transport des récoltes. »

La police a capturé le mari de Zoyla, Manuel Torres, et son beau-frère, alors que ses enfants prenaient leur petit-déjeuner. Son frère a également été appréhendé par la police, rejoignant les deux autres hommes en prison, où selon elle, ils étaient régulièrement battus. Si les trois hommes ont été libérés grâce à leur employeur, d’autres n’ont peut-être pas eu autant de chance.

Oscar, un résident, a déclaré que sa fille Marta avait été arrêtée par la police après avoir été incapable d’identifier des membres de gangs, des membres qu’elle ne connaissait pas au départ.

« Fin décembre, cela fera six mois qu’elle est en prison. Ils l’ont arrêtée pour association illicite. Ils n’ont cependant fourni aucune preuve, aucune preuve du tout », a déclaré Oscar.

D’autres régions du Honduras sont également soumises à un « état d’exception » pour lutter contre les gangs de rue suite à un décret pris le 5 décembre.

Rédacteur Fetty Adler
Collaboration Jo Ann


Source : Massive Gang Crackdown in El Salvador; 10,000 Soldiers Form Perimeter Around City

Soutenez notre média par un don ! Dès 1€ via Paypal ou carte bancaire.