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Monde. Premier appel téléphonique entre Joe Biden et Xi Jinping

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Lors de son récent entretien téléphonique avec le président chinois Xi Jinping, Joe Biden a soulevé, entre-autres, la question de Taïwan et des droits de l’homme

 

Le président Joe Biden promet d’être « ferme avec la Chine communiste tout en travaillant avec la nation sur certaines questions ». (Image : wikimedia / The White House / Domaine public)
 

Le président américain Joe Biden et son homologue chinois Xi Jinping ont tenu leur premier entretien téléphonique en tant que dirigeants, dans la soirée du 10 février. Cet entretien s’est déroulé quelques heures seulement après que Joe Biden ait annoncé la création d’un groupe de travail sur la Chine, au sein du ministère américain de la défense, pour aider à définir l’approche stratégique des États-Unis vis-à-vis de Pékin.

« Le président Joe Biden a souligné ses préoccupations fondamentales concernant les pratiques économiques coercitives et injustes de Pékin, la répression à Hong Kong, les violations des droits de l’homme au Xinjiang et les actions de plus en plus affirmées dans la région, y compris à l’égard de Taïwan », a indiqué la Maison Blanche dans un communiqué.

Xi Jinping a déclaré à Joe Biden qu’une confrontation serait un « désastre » et que les deux camps devaient rétablir des moyens d’éviter des erreurs de jugement, selon des propos rapportés par le ministère chinois des affaires étrangères.

Le leader chinois a maintenu une ligne dure concernant la question de Hong Kong, du Xinjiang et de Taiwan, qui, selon lui, relève de « la souveraineté et de l’intégrité territoriale », ajoutant espérer que les Etats-Unis aborderont ces questions avec prudence.

La Maison Blanche a indiqué que les dirigeants avaient également discuté des moyens de lutter contre la pandémie de coronavirus et contre le changement climatique, ainsi que de prévenir la prolifération des armes.

« Le président Joe Biden a affirmé que ses priorités étaient de protéger la sécurité, la prospérité, la santé et le mode de vie du peuple américain, et de préserver un Indo-Pacifique libre et ouvert », a rapporté la Maison-Blanche dans son compte-rendu public de la discussion.

 

Joe Biden a souligné ses préoccupations fondamentales concernant les actions de plus en plus affirmées de Pékin dans la région, y compris à l’égard de Taïwan. (Image : Sunu Probo Baskoro / Pixabay) 
Joe Biden a souligné ses préoccupations fondamentales concernant les actions de plus en plus affirmées de Pékin dans la région, y compris à l’égard de Taïwan. (Image : Sunu Probo Baskoro / Pixabay) 
 

Le gouvernement de Taïwan (République de Chine), qui s’est plaint des exercices militaires répétés à proximité de l’île démocratique revendiquée par le PCC, a remercié le président Joe Biden d’avoir exprimé sa préoccupation.

Les tentatives d’intimidation de la part de Pékin

Cet entretien téléphonique entre Xi Jinping et le président américain est le premier depuis que le dirigeant chinois s’est entretenu avec l’ancien président Donald Trump en mars dernier.

Sous l’administration Donald Trump, les États-Unis ont lancé une série d’actions contre la République populaire de Chine (RPC), notamment une guerre commerciale, des sanctions contre des fonctionnaires et des entreprises chinoises perçues comme des menaces pour la sécurité, et la contestation des revendications territoriales de Pékin dans la mer de Chine méridionale.

Joe Biden avait traité Xi Jinping de « voyou » pendant la campagne présidentielle et s’était engagé à diriger un effort international pour « faire pression sur la Chine, l’isoler et la punir ». Le président a également déclaré début février que Pékin est le « concurrent le plus sérieux » de Washington, et son administration a indiqué qu’elle poursuivrait largement l’approche dure adoptée par l’administration précédente.

Dans le même temps, le cabinet Joe Biden a adouci sa rhétorique diplomatique à certains égards, en abandonnant la question du « défi chinois » préconisé par le secrétaire d’État de Donald Trump, Mike Pompeo, ainsi que la proposition de restriction générale des Instituts Confucius gérés par le PCC. Jusqu’à présent, les responsables de l’administration Joe Biden n’ont pas directement fait mention du Parti communiste chinois, ce qui contraste notablement avec l’objectif déclaré de Mike Pompeo de faire la distinction entre le Parti et la nation chinoise.

Un haut responsable de la Maison Blanche a fait part d’une inquiétude croissante concernant les récentes tentatives d’intimidation de la part de la Chine, y compris les récentes « attaques économiques sans précédent contre » l’Australie et les « actions agressives » contre Taïwan.

Des bombardiers chinois de l’APL (Armée populaire de libération de la Chine ) sont entrés dans la zone de défense aérienne de Taïwan juste après l’investiture de Joe Biden et ont simulé une attaque de missiles sur le porte-avions américain USS Theodore Roosevelt dans la mer de Chine méridionale.

 

Un haut responsable de la Maison Blanche a fait part d’une inquiétude croissante concernant les récentes tentatives d’intimidation de la part de la Chine. (Image : wikimedia / Defense Dept. photo by U.S. Air Force Staff Sgt. D. Myles Cullen / Domaine public)
Un haut responsable de la Maison Blanche a fait part d’une inquiétude croissante concernant les récentes tentatives d’intimidation de la part de la Chine. (Image : wikimedia / Defense Dept. photo by U.S. Air Force Staff Sgt. D. Myles Cullen / Domaine public)
 

« J’ai clairement dit que les États-Unis défendraient nos intérêts nationaux, lutteraient pour nos valeurs démocratiques et tiendraient Pékin pour responsable de tout abus contre le système international », a tweeté le secrétaire d’État américain Antony Blinken suite à l’entretien entre Joe Biden et Xi Jinping. En réponse, Yang Jiechi, le responsable des relations internationales au sein du Parti communiste chinois, a averti les États-Unis de ne pas s’immiscer dans les affaires de Hong Kong et du Xinjiang, déclarant que « personne ne peut arrêter le grand rajeunissement de la nation chinoise ».

Nouvelles restrictions ciblées

Un haut responsable de la Maison Blanche a déclaré que cet entretien téléphonique avait lieu à un moment où les Etats-Unis pensaient être en position de force, après avoir consulté leurs alliés et partenaires, exposant leurs principales préoccupations concernant les « activités agressives et les abus de la Chine ».

L’administration de Joe Biden envisagera dans les prochains mois d’ajouter « de nouvelles restrictions ciblées » sur certaines exportations de technologies sensibles vers la Chine, en coopération avec les alliés et partenaires, a indiqué le fonctionnaire. Il a également déclaré qu’il n’y aurait pas de mesures à court terme pour lever les droits de douane contre les importations chinoises, décidés par l’ancienne administration de Donald Trump.

L’entretien entre Joe Biden et Xi Jinping est intervenu après un entretien téléphonique entre Antony Blinken et Yang Jiechi quelques jours auparavant. C’était le premier échange entre diplomates de haut niveau des deux pays depuis la rencontre entre l’ancien secrétaire d’État Mike Pompeo et Yang Jiechi à Hawaï en juin dernier.

Dans son tweet, Antony Blinken a déclaré que Washington resterait ferme sur la question des droits de l’homme au Xinjiang, au Tibet et à Hong Kong – sur toutes les questions pour lesquelles Jiang Jiechi avait dit quelques jours plus tôt, que les États-Unis devraient se tenir à l’écart.

Traduit par Fetty Adler

Version en anglais : Biden Raises Taiwan and Human Rights Concerns With Xi During Phone Call