Le New York Times (NYT) fait face à une surveillance accrue suite à une plainte fédérale pour discrimination contestant ses pratiques en matière de recrutement en faveur de la diversité. Ses détracteurs l’accusent par ailleurs de relayer des commentaires politiques et culturels de plus en plus radicaux.
Le New York Times est confronté à une série de défis juridiques et politiques après le dépôt d’une plainte fédérale pour discrimination l’accusant de pratiques de recrutement illégales liées à ses initiatives en faveur de la diversité. Cette affaire alimente les critiques croissantes concernant sa ligne éditoriale et son positionnement politique.
Cette controverse place le journal centenaire au cœur de débats de plus en plus vifs sur les politiques de diversité en entreprise, l’éthique des médias et la polarisation politique aux États-Unis.
Plainte de l’EEOC visant les pratiques en matière de recrutement en matière
Selon le Wall Street Journal, la Commission pour l’égalité des chances en matière d’emploi (EEOC) a déposé une plainte devant le tribunal fédéral de Manhattan le 5 mai, alléguant que le New York Timess’était livré à une discrimination illégale lors d’un processus de recrutement en 2025 pour un poste de cadre éditorial.
La plainte allègue qu’un rédacteur en chef de longue date, spécialisé dans l’immobilier, a été exclu de la dernière étape du processus de recrutement malgré ses solides qualifications et plus de dix ans d’expérience au sein du journal.
Les enquêteurs auraient constaté qu’aucun des finalistes pour le poste n’était un homme blanc. Le poste a finalement été pourvu par une candidate non blanche recrutée à l’extérieur, dont l’expérience en journalisme immobilier aurait été moins importante que celle du plaignant.
Cette action en justice a mis en lumière l’initiative « Appel à l’action » lancée par le journal en 2021, qui visait à porter à 50 % la représentation des minorités aux postes de direction d’ici fin 2025.
La présidente de l’EEOC, Andrea Lucas, a soutenu à plusieurs reprises que les programmes de diversité accordant des préférences fondées sur la race ou le sexe enfreignent les lois fédérales antidiscrimination. « La loi protège les individus, pas les groupes », a-t-elle déclaré publiquement lors de précédentes interventions critiquant certains programmes DEI (diversité, équité et inclusion) d’entreprises.
Le New York Times a nié toute malversation, qualifiant les allégations d’attaques à motivation politique destinées à discréditer les grands médias. La porte-parole de l’entreprise, Danielle Rhoades Ha, a déclaré que toutes les décisions d’embauche et de promotion au sein du journal sont fondées sur le mérite.
Le contenu éditorial du New York Times suscite la controverse
Des critiques distinctes ont émergé concernant les discussions publiées dans la section Opinions du journal, en particulier celles portant sur les débats relatifs à la criminalité, au capitalisme et à la violence politique. Une récente discussion, animée par la rédactrice culturelle Nadja Spiegelman, a examiné des concepts tels que le « micro-pillage », un terme désignant le vol à petite échelle dans le commerce de détail comme une forme de protestation politique contre les grandes entreprises.
Au cours de cette discussion, le commentateur politique Hasan Piker a exprimé son soutien à ce qu’il a décrit comme un « chaos total » dans le système de distribution et a soutenu que les troubles sociaux pourraient accélérer les revendications en faveur d’une restructuration économique plus large. Le panel a également abordé l’assassinat de Brian Thompson, PDG d’UnitedHealthcare, abattu à Manhattan fin 2024.
M. Piker a fait référence au concept marxiste de « meurtre social », suggérant que les dirigeants des entreprises du secteur de la santé portent une responsabilité dans les dommages systémiques causés par des structures de santé axées sur le profit.
L’auteure Jia Tolentino a soutenu que de nombreux jeunes Américains perçoivent de plus en plus certains aspects du système de santé comme des formes de « violence structurelle », contribuant ainsi à une plus grande sympathie du public envers la colère anti-entreprises. Par ailleurs, des critiques ont accusé le journal de normaliser une rhétorique extrémiste et de brouiller les frontières éthiques du discours politique.
Un fossé culturel plus large
Des commentateurs conservateurs ont affirmé que les discussions sur le vol, la violence et l’activisme anticapitaliste reflétaient un changement plus profond au sein des institutions médiatiques d’élite. James Freeman, rédacteur en chef adjoint de la rubrique Reportages du Wall Street Journal, a critiqué ce qu’il a décrit comme l’adhésion du journal à un activisme idéologique « post-moral ».
Il a soutenu que présenter le vol comme une forme de protestation politique ou la violence comme une réaction à une injustice systémique constituait une rupture des normes journalistiques traditionnelles.
D’autres commentateurs ont contesté l’idée que les systèmes de libre marché étaient les principaux responsables de la hausse des coûts des soins de santé, arguant que la bureaucratie et la réglementation gouvernementales excessives contribuaient de manière significative à l’inefficacité et à la hausse des prix.
Intensification des batailles juridiques
La bataille juridique entourant la plainte déposée auprès de l’EEOC intervient dans un contexte de tensions plus générales entre le journal et les alliés du président américain Donald Trump. Ce dernier a déjà intenté d’importantes poursuites en diffamation contre plusieurs médias, dont le New York Times, concernant leur couverture des élections et des enquêtes politiques. En septembre 2025, il a notamment réclamé 15 milliards de dollars (12? 720 milliards d’euros) de dommages et intérêts au journal.
Le New York Times a également été impliqué dans des litiges relatifs à l’accès à la presse et à la transparence gouvernementale, notamment avec des agences fédérales.
Les détracteurs de la plainte déposée auprès de l’EEOC affirment que le gouvernement fédéral utilise son pouvoir administratif pour cibler ses opposants idéologiques dans le secteur des médias, tandis que ses partisans estiment que cette affaire pourrait instaurer de nouvelles limites légales aux pratiques d’embauche des entreprises en matière de diversité, d’équité et d’inclusion (DEI) à l’échelle nationale.
Si l’EEOC obtient gain de cause, les analystes prévoient que des milliers d’entreprises pourraient faire l’objet d’un examen plus approfondi de leurs politiques en matière de recrutement et de promotion fondées sur la diversité.
Rédacteur Charlotte Clémence
Source : New York Times Sued Over DEI Hiring Practices Amid Debate Over Media Bias
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