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Monde. Documentaire : The American Dream Takes on China Inc. 5G Trifecta

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« La rapidité est maintenant monnaie courante dans les affaires et vous avez besoin de cet élan pour cette transformation numérique… Les grands ne mangent plus les petits. Les rapides mangent les lents. »

C’est ce qu’a déclaré l’ancien sous-secrétaire d’État, Keith Krach, en évoquant la nécessité de la technologie 5G. Cette technologie émergente, en plus d’être 10 fois plus rapide, voire jusqu’à 100 fois plus rapide dans le futur, augmente également la bande passante, ce qui permet de connecter plus d’appareils à la fois. Fini le service irrégulier dans les zones très fréquentées. Une connexion quasi immédiate pour les appels et les SMS. Une connexion plus rapide et plus facile aux plateformes de cloud computing comme Amazon Web Services (AWS) et Microsoft Azure.

On comprend pourquoi la 5G est si attendue et pourquoi les entreprises du monde entier se bousculent pour produire les équipements nécessaires à son fonctionnement. Mais avec la rapidité vient le risque, et dans ce cas précis, le risque vient du géant technologique Huawei et du Parti communiste chinois (PCC).

Selon ses propres données de février 2020, Huawei a rapporté qu’il avait 91 contrats commerciaux 5G, dont 47 avec des opérateurs situés en Europe, qui sont pour la plupart des alliés des États-Unis. Il est bien connu que Huawei est profondément sous le contrôle du PCC et que sa portée internationale et ses ressources sont bien supérieures à celles de pratiquement toutes les sociétés de télécommunications et qu’il est dangereux de faire des affaires avec lui. Mais lorsqu’un fabricant de matériel de télécommunication devient aussi géant, peut-on le stopper ?

Keith Krach pense que oui et il a entrepris de le faire. Plutôt que d’exhorter les entreprises et les autres pays à bannir Huawei, il a pensé qu’une meilleure approche permettrait d’obtenir de meilleurs résultats : « Nous avons dû avoir plus de 60 réunions bilatérales avec mes homologues étrangers : ministres de l’économie, ministres des affaires étrangères, ministres des finances. Il semblait juste que la plupart des pays étaient terrifiés par la Chine. Personne ne voulait même utiliser les mots ’Chine’ ou ’Huawei’. La prise de conscience est venue lorsque j’ai posé des questions sur leur relation avec la Chine. Ils ont dit : " c’est un partenaire commercial important, mais …", puis ils regardaient en tout sens, se penchaient et disaient doucement : "mais nous ne leur faisons pas confiance". »

Keith Krach a décidé que la confiance devrait être la pierre angulaire de la stratégie nationale pour la 5G aux États-Unis.

C’est cette stratégie, et les dommages qui en résultent pour la dynamique 5G de Huawei, qui sont révélés dans le nouveau documentaire The American Dream Takes on China Inc. Dans ce premier épisode, 5G Trifecta, nous suivons le parcours de Keith Krach, depuis l’atelier d’usinage de son père, où il a appris la résilience en période économique difficile et l’importance de l’équité dans la concurrence, jusqu’à son rôle chez GM et sa découverte que l’échec est le meilleur professeur, et enfin jusqu’à son rôle de sous-secrétaire d’État et sa mission « de développer et de rendre opérationnelle une stratégie de sécurité économique mondiale pour stimuler la croissance économique, combattre l’agression économique et maximiser la sécurité nationale ».

C’est dans ce rôle qu’il a fixé son regard sur la technologie 5G et l’implication de la Chine dans ce domaine. La prochaine étape naturelle a été d’examiner le leader du secteur, Huawei, et de déterminer la voie de son succès, les risques de laisser ce succès se poursuivre sans le contester, et les vulnérabilités qui pourraient être exploitées pour diminuer son influence internationale.

Le succès de Huawei est dû aux premiers contrats passés avec l’armée chinoise et aux millions de dollars de soutien financier de l’État, puis à l’intégration de ses équipements et services dans les quelque 800 villes intelligentes de Chine. Il a été renforcé par des méthodes plus secrètes, notamment des transferts forcés de technologies et des vols de technologies, dont le cas bien documenté du piratage de routeurs Cisco.

De secret, le scénario est devenu sinistre dans l’esprit des responsables de Washington qui craignaient que Pékin, par l’intermédiaire de Huawei, puisse contrôler les États-Unis et même refuser à leurs alliés l’accès aux réseaux 5G qui rendent possibles le commerce mondial et la projection de la puissance militaire. Mais Keith Krach a ressenti l’inquiétude au cœur de son travail. Il se souvient des périodes de vaches maigres dans l’atelier de mécanique de son père, lorsqu’un ralentissement des entreprises automobiles signifiait que le leur « était absolument à plat. Je me souviens que pendant un an, il n’y avait que mon père et moi, nous étions les seuls employés, et le fait de voir à quel point c’était difficile, mais aussi de voir sa résilience face à cela ». Ce fait l’a aidé à comprendre l’importance de l’industrie pour renforcer l’Amérique en tant que pays.

Dans l’esprit de Keith Krach, le fait de disposer d’une infrastructure 5G établie et prospère en Amérique contribuait à diminuer les risques liés aux relations commerciales avec Huawei. Les résultats de ses efforts sont étonnants. Tout d’abord, Keith Krach et son équipe ont convaincu le géant taïwanais des puces TSMC de construire son usine de fabrication de semi-conducteurs à 5 nanomètres à Phoenix, en Arizona, pour un montant de 12 milliards de dollars. Il s’agit de la plus grande délocalisation de l’histoire des États-Unis, qui entraînera la création de 1 600 emplois en haute technologie.

Par la suite, l’équipe de Keith Krach a travaillé avec le Congrès à « mettre en place un financement sérieux pour ramener notre fabrication de semi-conducteurs aux États-Unis ». Leurs efforts bipartites avec les sénateurs Corn et Warner ont conduit à un vote unanime de la Chambre des représentants et à un vote du Sénat par 96 voix contre 4 pour approuver un financement de 30 milliards de dollars.

Keith Krach a pensé que ces deux victoires conduiraient à une plus grande délocalisation des entreprises de semi-conducteurs, et ses prédictions se réalisent. On s’attend à ce que Samsung construise une installation plus grande que celle de TSMC, et les fabricants de puces S ont montré leur intérêt à déplacer leurs installations en Amérique également. De nombreuses propositions en ce sens sont déjà entre les mains de ceux qui se trouvent à Washington.

Selon Keith Krach, La 5G sera l’industrie la plus importante pour la sécurité nationale des Etats-Unis. Un effort continu sera nécessaire de la part des dirigeants à Washington pour profiter de l’élan acquis grâce aux efforts de Keith Krach et de son équipe, et pour protéger les intérêts américains, en poursuivant la stratégie de la 5G afin de limiter l’influence de Huawei tout en renforçant les liens de l’Amérique avec la technologie 5G.

Pour tout savoir sur les risques inhérents à la domination de Huawei sur la technologie 5G, sur la stratégie de confiance utilisée par Keith Krach pour ralentir avec succès leur élan, et sur l’émergence de l’Amérique comme figure centrale dans la fabrication de la 5G, vous pouvez visionner The American Dream Takes on China Inc : 5G Trifecta sur Zooming In China.

Traduit par Fetty Adler

Version en anglais : The American Dream Takes on China Inc. 5G Trifecta