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Monde. L’Alliance AUKUS signe un accord pour la recherche et le développement de missiles hypersoniques

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Le mardi 5 avril, l’alliance AUKUS, une alliance de défense stratégique réunissant les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie, a annoncé son intention de développer des « armes hypersoniques et des capacités de guerre électronique. »

Les États-Unis ont été critiqués pour leur lenteur à développer des armes hypersoniques, alors que la Russie et la Chine ont prouvé avec succès la puissance de cette technologie.

Développement de missiles hypersoniques

Dans le contexte de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les dirigeants de l’alliance AUKUS, le président américain Joe Biden, le premier ministre britannique Boris Johnson et le premier ministre australien Scott Morrison, ont signé une déclaration commune, consolidant leur « engagement » envers l’alliance et son rôle dans un « Indo-Pacifique libre et ouvert ».

Le pacte de sécurité AUKUS, conclu en septembre 2021, a pour but d’établir un système de surveillance et de renforcer la sécurité dans la région indo-pacifique au coeur des tensions croissantes avec Pékin.

La déclaration stipule : « à la lumière de l’invasion non provoquée, injustifiée et illégale de l’Ukraine par la Russie, nous avons réitéré notre engagement inébranlable envers un système international qui respecte les droits de l’homme, l’État de droit et la résolution pacifique des différends sans coercition. »

Les dirigeants de l’alliance ont convenu de coopérer les uns avec les autres pour développer de nouvelles armes hypersoniques, en plus des « capacités de guerre électronique » et du partage d’informations pour accroître le potentiel défensif et sécuritaire.

« Nous nous sommes engagés aujourd’hui à entamer une nouvelle coopération trilatérale sur les armes hypersoniques et contre-hypersensibles, et sur les capacités de guerre électronique, ainsi qu’à étendre le partage d’informations et à approfondir la coopération sur les innovations en matière de défense », ont déclaré les dirigeants.

Selon Marcus Hellyer, l’analyste principal de l’Australian Strategic Policy Institute (ASPI), cette coopération intervient alors que Moscou poursuit son « opération militaire spéciale » en Ukraine, créant un « sentiment d’urgence » pour les nations qui développent des missiles.

« On nous a rappelé une fois de plus que la guerre n’est pas un concept strictement démodé qui (ne) se reproduira plus jamais, que les régimes autoritaires utiliseront la force militaire pour parvenir à leurs fins lorsqu’ils pensent que c’est possible dans le cadre de leurs intérêts », a déclaré Marcus Hellyer.

Le 7 avril, le South China Morning Post a rapporté que Washington avait pris du retard dans le développement de sa première arme hypersonique après de multiples échecs de tests, ce qui a suscité des critiques à l’encontre des États-Unis quant à leur lenteur et leur retard sur Pékin.

La Russie a fait la une, en déployant des missiles hypersoniques en Ukraine le mois dernier. La Chine, quant à elle, a testé avec succès le lancement d’un missile en orbite basse en juillet 2021, un fait qui a été confirmé par le général Mark Mlley, de l’état-major interarmées américain, en octobre.

En réponse à l’annonce de l’AUKUS, Zhang Jun, l’ambassadeur de Pékin auprès des Nations unies (ONU), a lancé un avertissement selon lequel de telles approches pourraient conduire à une crise comme celle de l’Ukraine.

« Quiconque ne veut pas voir la crise ukrainienne devrait s’abstenir de faire des choses qui pourraient entraîner d’autres parties du monde à une crise de ce genre », a-t-il déclaré aux journalistes.

Le média communiste Global Times a critiqué l’accord de coopération AUKUS, affirmant que les analystes pensent que les États-Unis profitent de la crise ukrainienne pour renforcer les capacités de la « version asiatique de l’OTAN » afin de supprimer le Parti communiste chinois (PCC).

L’Alliance AUKUS signe un accord pour la recherche et le développement de missiles hypersoniques
Le RT-2UTTKh « Topol-M » nom d’usage OTAN : SS-27 Sickle B, est l’un des missiles balistiques intercontinentaux les plus récents à être déployés par la Russie, et le premier à être développé après la dissolution de l’Union soviétique. (Image : wikimedia / Dmitry Terekhov from Odintsovo, Russian Federation / CC BY-SA 2.0)

Les missiles hypersoniques se déplacent si rapidement que presque tous les systèmes de défense antimissile existants peinent à les contrer. Ils suivent généralement une trajectoire basse dans l’atmosphère, ce qui leur permet d’atteindre leur cible plus rapidement. Ils sont également plus maniables et plus difficiles à intercepter.

Selon Marcus Hellyer, plusieurs pays sont déjà en concurrence dans une « course technologique » pour développer des missiles hypersoniques.

Les États-Unis et l’Australie disposent actuellement d’un programme hypersonique

Comme l’indique le Congressional Research Service (CRS) des Etats-Unis, jusqu’à présent, la Russie est en tête, suivie de près par la Chine. Actuellement, la France, l’Allemagne, l’Australie, l’Inde et le Japon ont atteint différents stades dans la recherche et le développement des armes hypersoniques, tandis que l’Iran, Israël, la Corée du Nord et la Corée du Sud en sont aux balbutiements de la « recherche fondamentale ».

Les États-Unis et l’Australie possèdent actuellement un programme hypersonique baptisé Southern Cross Integrated Flight Research Experiment (SCIFiRE). Bien que le Royaume-Uni ne fasse pas partie de ce programme, les responsables affirment que le pays est prêt à coopérer à la recherche et au développement dans ce domaine.

Joe Biden et Scott Morrison se sont tous deux déclarés satisfaits des progrès réalisés par le SCIFiRE en matière de sous-marins à propulsion nucléaire, ajoutant qu’ils continueraient à travailler ensemble dans d’autres domaines.

Rédacteur Fetty Adler
Collaboration Jo Ann

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