Le 22 janvier 2026, le président de l’association Culture et Sagesse de Marignane, Michel Scarcella, a présenté à l’Espace Saint-Exupéry de la ville de Marignane le film documentaire Organes d’État, réalisé par Raymond Zhang, lauréat d’un Peabody Award.
Un documentaire sur les prélèvements forcés d’organes en Chine
Ce documentaire enquête sur les prélèvements forcés d’organes en Chine à travers le témoignage de deux familles à la recherche de proches disparus, placés en détention. Il met en lumière un système de transplantation organisé par l’État, visant principalement des pratiquants du Falun Gong. Il souligne les graves violations des droits humains liées à ces pratiques.
D’une durée de 75 minutes, Organes d’État met en évidence le contraste alarmant entre les longues attentes pour les greffes en Occident et la rapidité des transplantations en Chine : laissant supposer l’existence de donneurs contraints.
Récompensé à l’international pour son engagement en faveur des droits humains, le film a profondément bouleversé le public.
Deux intervenantes ont pu conduire les débats
La projection a été suivie d’un débat riche et animé, conduit par deux intervenantes qualifiées. Géraldine Monti, infirmière et représentante de DAFOH, une ONG fondée par des médecins internationaux, a apporté son éclairage sur les enjeux médicaux, éthiques et humains. À ses côtés, il y avait Isabelle Flory, cadre de Santé, retraitée, pour présenter le Falun Dafa et en expliquer les fondements.
Le public a posé de nombreuses questions, portant notamment sur la persécution du Falun Gong, les méthodes de torture employées par le régime chinois, les implications éthiques liées à l’industrie de la transplantation d’organes, ainsi que sur la pratique du Falun Dafa.
Pour Mme Géraldine Monti, ce film met en évidence les persécutions menées en Chine contre les pratiquants de Falun Dafa. Elle les a comparées aux mécanismes observés lors de génocides : un groupe est d’abord désigné comme cible, puis diffamé et déshumanisé par une propagande massive, relayée par la presse et les médias. Ces campagnes de dénigrement servent ensuite à justifier les violences extrêmes et les atteintes aux droits humains.

Mme Isabelle Flory, a répondu aux questions concernant le Falun Dafa, en précisant qu’il s’agit d’une pratique issue de traditions anciennes, rendue populaire pour ses bienfaits sur la santé et le bien-être. Le Falun Dafa est une méthode de Qigong fondée sur trois principes essentiels : « l’Authenticité, la Bienveillance et la Tolérance ».

Cette soirée a suscité une forte émotion et a invité le public à réfléchir à une réalité encore largement méconnue.
Un public particulièrement choqué par certaines images
Certaines personnes présentes dans le public ont été interviewées par Vision Times, afin de recueillir leurs impressions à l’issue de la projection.

Parmi elles, Monsieur Philippe Blache, contremaître a partagé son ressenti en ces termes : « J’ai été profondément touché et choqué par certaines images que j’ai vues. Ce n’est pas un film de fiction, mais bien un documentaire : on y montre des transplantations réalisées à vif, des opérations, de véritables sacrifices humains. On y voit des familles, des personnes qui disparaissent sans que l’on sache ce qu’elles sont devenues. Et tout cela se produit aujourd’hui ! Apparemment à grande échelle. En même temps, tout est dissimulé, organisé de façon que ça ne se sache pas. Ce documentaire m’a réellement ouvert les yeux et m’a amené à réfléchir. »

Un autre spectateur, Jacques Olivier Martin, responsable culturel, a livré un témoignage émouvant.
S’il avait déjà connaissance du trafic d’organes dans d’autres contextes : notamment au Kosovo, où des prisonniers serbes étaient victimes de prélèvements illégaux, il reconnaît « avoir été profondément choqué par l’ampleur des faits révélés dans ce film pour ce qui concerne les pratiquants du Falun Gong en Chine ». Et, Il a avoué « qu’il ne pensait pas que cela se faisait à une telle échelle. On parle ici de centaines de milliers de personnes. Au Kosovo, c’était sans commune mesure. En Chine, c’est un véritable crime de masse ».
Pour Jacques Olivier Martin, ce sont les témoignages qui l’ont bouleversé. Il évoque les récits entendus, particulièrement déchirants, qui décrivent des prélèvements d’organes réalisés sur des personnes encore vivantes. « C’est d’une violence extrême », souligne-t-il, établissant un parallèle avec les atrocités de la Seconde Guerre mondiale, notamment les persécutions et les déportations. « Il y a des résonances très troublantes », ajoute-t-il.
Organes d’Etat : un film nécessaire ?
À la question de savoir si ce film mérite d’être davantage diffusé pour sensibiliser l’opinion publique, M. Jacques Olivier Martin estime que les gouvernements sont déjà informés de ces pratiques, mais restent passifs en raison des enjeux économiques liés à la Chine.
« Il y a une forme d’indifférence généralisée. On peut difficilement donner des leçons, mais cela ne rend pas ces crimes acceptables pour autant », conclut-il, tout en affirmant que « le film a une réelle utilité et mérite d’être vu. C’est un film qui sensibilise et mérite d’être connu », ajoute-t-il.
Une politique d’État inhumaine et déshumanisante
Enfin, Claudine, retraitée d’un cabinet notarial, explique que ce film l’a profondément marquée et angoissée, même si elle connaissait déjà la persécution montrée dans le documentaire.
Selon sa perception, elle ne croit pas qu’il s’agisse seulement d’une question de croyance religieuse, mais surtout d’une politique d’État inhumaine et déshumanisante, rendue possible par la soumission, la technologie et l’oubli de l’histoire.
Elle fait un parallèle avec les crimes du XXe siècle et affirme que les États ferment les yeux. « Les témoignages des militaires et les scènes évoquant les couloirs de la mort m’ont particulièrement bouleversée », précise-t-elle.
Une soirée qui s’est terminée autour d’une collation où discussions et partages se sont poursuivis.
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