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Chine. Les autorités chinoises infligent de lourdes amendes à Guo Degang pour sa version modifiée d’une oeuvre rouge

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Les autorités chinoises ont infligé de lourdes amendes aux sociétés impliquées dans un spectacle du célèbre humoriste Guo Degang après que celui-ci a modifié les paroles d’une chanson de l’époque communiste lors d’un spectacle en direct. 

Cette sanction fait suite à une enquête sur un spectacle donné en juillet, au cours duquel le célèbre humoriste a modifié les paroles d’une chanson associée à l’histoire révolutionnaire de la Chine pendant la guerre, illustrant ainsi le contrôle strict exercé par Pékin sur les spectacles vivants.

Plusieurs représentations de Guo Degang ont été annulées ou reportées

Le Bureau municipal de la culture et du tourisme de Wuhan a annoncé ces sanctions le 7 septembre, près de deux mois après que Guo Degang a interprété une version improvisée de Jouer mon cher Tupa (《弹起我心爱的土琵琶》), une chanson bien connue illustrant la résistance chinoise pendant la seconde guerre sino-japonaise.

Selon la chaîne de télévision d’État CCTV, les autorités ont établi que Guo Degang avait « déformé et altéré » la chanson lors d’une représentation du Ji Gong du Bouddha Vivant le 24 juillet, causant ainsi ce que les autorités ont qualifié de « problème social », et ont infligé des amendes à titre d’avertissement aux autres organisateurs de spectacles.

L’organisateur du spectacle, Jiangsu Zidiruicheng Sports and Cultural Industry Development Co., a reçu un avertissement formel, a été condamné à restituer 48 687,4 yuans (environ 6 800 dollars américains) de recettes et à une amende de 486 874 yuans (environ 68 000 dollars américains). Par ailleurs, Wuhan Zhongnan Theater Management Co., qui gère la salle, a écopé d’une amende distincte de 110 000 yuans (environ 15 400 dollars américains).

Les autorités ont également indiqué que les autres personnes impliquées dans l’incident seraient « sévèrement sanctionnées », mais l’avis ne mentionne aucune amende ni autre sanction administrative à l’encontre de Guo Degang lui-même. 

Lors de sa représentation, Guo Degang, interprétant le célèbre moine bouddhiste Ji Gong, a modifié les paroles originales « Le lac Weishan est calme » en « La Cité interdite est calme ». Il a également inséré des phrases humoristiques, notamment « Mon Bouddha, ô Tathagata, oh, ma mi ma mi hong », apparemment dans le cadre d’une improvisation. Ces paroles modifiées n’auraient pas figuré dans le dossier soumis à l’approbation des autorités, ce qui a entraîné une plainte et une enquête officielle de la part des autorités culturelles de Wuhan, le 11 août.

« Les chants révolutionnaires portent en eux la mémoire de la Guerre de résistance de la nation chinoise et les sentiments du peuple. Aucune organisation ni personne ne peut être autorisée à les déformer ou à les travestir », ont déclaré les autorités dans le communiqué annonçant l’amende.

Suite à cet incident, plusieurs représentations de Guo Degang ou de sa troupe comique Deyunshe ont été annulées ou reportées. Une représentation prévue le 15 août à Xi’an a été annulée, de même que deux spectacles programmés les 20 et 21 août à Yantai, dans la province du Shandong. Une représentation prévue le 22 août pour célébrer le 30ème anniversaire de Deyunshe a également été reportée pour des raisons liées à la salle, selon les organisateurs.

La Chine renforce le contrôle du divertissement

Cette controverse survient dans un contexte d’efforts de longue date des autorités chinoises pour renforcer le contrôle idéologique et le contenu des spectacles vivants. En 2019, le ministère chinois de la Culture et du Tourisme a proposé un contrôle plus strict du contenu et une supervision sur place des formats de spectacles émergents et populaires, ciblant notamment le rap, le stand-up, le xiangsheng (ou comédie traditionnelle chinoise), la musique électronique et les performances immersives comme des domaines nécessitant une surveillance accrue.

Les conséquences du franchissement des frontières politiques ou idéologiques sont devenues particulièrement visibles en 2023, lorsque l’humoriste Li Haoshi, connu sous le nom de House, a fait une blague lors d’un spectacle à Pékin, reprenant un slogan associé à l’Armée populaire de libération (APL).

Li Haoshi a décrit deux chiens poursuivant un écureuil en utilisant l’expression « un style de travail raffiné, capable de remporter des batailles », une formule associée aux instructions du dirigeant chinois Xi Jinping à l’armée. Après qu’un spectateur a signalé la plaisanterie, les autorités ont infligé une amende de plus de 13 millions de yuans (environ 1,8 million de dollars américains à l’époque) à la société de management de Li Haoshi, Xiaoguo Culture, et ont suspendu ses représentations à Pékin.

Le cas de Guo Degang illustre également les risques auxquels sont confrontés les artistes lorsque l’improvisation se heurte au secteur du divertissement chinois, fortement réglementé. Bien qu’aucune sanction directe n’ait été annoncée publiquement à son encontre, les amendes infligées aux sociétés ayant produit son spectacle à Wuhan soulignent à quel point les contenus politiquement ou historiquement sensibles restent soumis à un contrôle officiel.

Rédacteur Charlotte Clémence

Source : Chinese Authorities Issue Heavy Fines Over Guo Degang’s Altered ’Red Classic’

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